Législatives 2024. Lâché par une partie de son équipe de campagne, ce candidat macroniste finit par jeter l'éponge

Arrivé troisième au premier tour des législatives, le député sortant (Renaissance) de Saône-et-Loire Louis Margueritte a dans un premier refusé de se retirer pour faire barrage au Rassemblement national. Une partie de son équipe de campagne l'a désavoué. Ce 2 juin, il a finalement annoncé son désistement.

Elle devait être l'une des seules quadrangulaires de France. Dans la cinquième circonscription de Saône-et-Loire, les candidats Rassemblement national, Nouveau Front populaire, Ensemble et Divers droite devaient s'affronter dimanche 7 juillet, lors du second tour des législatives anticipées. Avec parmi eux, Louis Margueritte, député sortant issu du camp présidentiel... qui a finalement annoncé, ce mardi 2 juin, retirer sa candidature.

"En âme et conscience il est de mon devoir de faire le nécessaire pour clarifier le paysage politique qui s'offre à vous", explique le désormais ex-candidat. "Je suis fier des projets que nous avons menés. Je n'ai qu'un vœu, que la prochaine ou le prochain député de la circonscription puisse continuer à les porter avec autant d'engagement et autant de satisfaction que je n'en ai eu pendant deux ans."

Louis Margueritte ne donne pas de consignes de vote pour le second tour.

Elu pragmatique de terrain, il a été pour nous un précieux soutien pour développer notre territoire.

Marie-Claude Jarrot

Maire (Horizons) de Montceau-les-Mines

Un désistement salué par la maire (Horizons) de Montceau-les-Mines, Marie-Claude Jarrot, qui précise que ce retrait fait suite à un "accord national entre la majorité présidentielle et le Nouveau front populaire, notamment sur des circonscriptions France Insoumise". Et la maire de Montceau de souligner le travail accompli par Louis Margueritte : l'hôpital de Montceau, la friche Lucy ou la gendarmerie de Lux.

Des soutiens quittent le navire

Arrivé troisième au premier tour, derrière les candidats du RN et de l'union de la gauche, Louis Margueritte avait d'abord refusé de se désister. Une décision conspuée par une partie de son équipe de campagne : "Nous, membres de l'équipe de campagne de Louis Margueritte, prenons acte de sa décision de ne pas se désister malgré sa troisième position. Nous le regrettons", écrivent ainsi quatre de ses collaborateurs dans un communiqué.

Par son maintien au second tour dans une quadrangulaire, Louis Margueritte refuse de donner sa chance à un rassemblement républicain dimanche prochain.

Roméo Lomazzi, Benjamin Cudel, Valentin Czech, Philippe Decroocq,

membres de l'équipe de campagne de Louis Margueritte

En raison du score élevé du RN au premier tour (35,1%), ils ont donc décidé d'arrêter de soutenir leur candidat : "devant le risque d'une majorité absolue d'extrême droite à l'Assemblée nationale, nous refusons de participer à cette campagne susceptible d'élire un député RN supplémentaire. En conséquence, nous appelons de toutes nos forces à faire barrage à l'extrême droite dimanche."

"Je ne vois pas au nom de quoi je devrais me désister"

Pour rappel, à la suite de l'annonce des résultats dimanche 30 juin, le Premier ministre Gabriel Attal appelait au désistement des candidats Ensemble "dont le maintien en troisième position ferait élire un député du Rassemblement national face à un autre candidat qui défend, comme nous, les valeurs de la République".

Une déclaration qui laisse planer le doute quant aux désistements face à des candidats estampillés La France Insoumise (LFI), régulièrement renvoyés dos au RN au cours de la campagne. Or, dans la cinquième circonscription de Saône-et-Loire, c'est une candidate LFI, Fatima Kouriche, qui a été investie par le Nouveau Front populaire.

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"Nous avons un électorat à Chalon, Montceau, Buxy et dans d'autres communes qui ne voudra pas se reporter sur la candidature LFI au second tour, peu importe la personne", justifiait donc Louis Margueritte au micro de France 3 Bourgogne, avant l'annonce de son désistement. "Nous souhaitons nous maintenir parce que nous sommes les seuls à pouvoir rassembler à la fois la gauche et la droite républicaines. Je ne vois pas au nom de quoi je devrais me désister."

Malgré mes tentatives de dialogue avec le candidat divers droite rien ne peut lui faire entendre raison. Il devra porter dorénavant cette responsabilité des valeurs républicaines.

Louis Margueritte,

dans un communiqué, le 2 juillet 2024

Quant à une possible victoire du RN au second tour, le député sortant renvoyait en premier lieu la responsabilité à Gilles Platret, maire de Chalon-sur-Saône et candidat DVD arrivé quatrième au premier tour. "Le quatrième se dit dans l'arc républicain, mais refuse de se désister. En cas de victoire du RN, c'est lui qui en portera d'abord la responsabilité."

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