Saône-et-Loire : les motards défilent pour dénoncer la "motophobie" du gouvernement

Plusieurs centaines de motards se sont regroupés à Chalon-sur-Saône alors que l'expérimentation qui autorisait la circulation inter-files n'a pas été reconduite par le gouvernement. Cela a provoqué la colère des motards.

Dans les rues de Chalon-sur-Saône.
Dans les rues de Chalon-sur-Saône. © France Télévisions / Maryline Barate

"Se mobiliser contre la motophobie du gouvernement". C'était le mot d'ordre de plusieurs centaines de motards ce samedi 20 février, rassemblés par la Fédération française des motards en colère (FFMC) de Saône-et-Loire au pôle moto de Sevrey pour une balade bruyante et démonstrative jusqu'au centre de Chalon-sur-Saône.

Elément déclencheur de la mobilisation locale, qui a été imitée partout en France, la fin au 31 janvier de l'expérimentation de la circulation inter-files qui autorisait dans 11 départements français depuis 2016 les motards à remonter les files de voitures roulant à vitesse réduite ou à l'arrêt. Cette autorisation limitée dans le temps n'avait cours uniquement sur les autoroutes et routes à au moins deux fois deux voies séparées par un terre-plein central et où la vitesse autorisée est comprise entre 70 et 130 km/h.

Pour nous c'est plus sécurisant d'être à côté des voitures, plutôt que derrière. Dans le cas où une voiture n'arrive pas à freiner, le motard se retrouve pris en sandwich.

Philippe Rabouhan, membre du bureau de la FFMC 71

"Une légère hausse des accidents corporels liés à la circulation inter-files"

"Pour nous c'est plus sécurisant d'être à côté des voitures, plutôt que derrière. Dans le cas où une voiture n'arrive pas à freiner, le motard se retrouve pris en sandwich", explique Philippe Rabouhan, membre du bureau de la FFMC 71. Selon les motards, la circulation inter-files permet de fluidifier le flot de circulation et, pour eux, d'en sortir plus rapidement. "Nous préconisons une circulation inter-files à vitesse réduite", nuance Marc Bivert, secrétaire de la même association.

Le gouvernement a décidé de ne pas renouveler l'expérimentation après que le rapport du Cerema (Centre d'études et d'expertise sur les risques, l'environnement, la mobilité et l'aménagement) a conclu "une légère hausse des accidents corporels liés à la circulation inter-files ou à la remontée inter-files" dans les départements où la mesure était autorisée.

Le 20 février.
Le 20 février. © France Télévisions / Maryline Barate

L'interdiction de la remontée de files n'est que la dernière mesure qui a terminé de mettre en rogne les motards qui dénoncent une "motophobie" du gouvernement : entre autres, ils dénoncent les mesures mettant fin à la réduction de prix pour le renouvellement des cartes grises pour les motos qui ont plus de 10 ans et celles conduisant à la réduction du bruit des motos. Or pour eux, un motard qui fait du bruit, c'est un automobiliste averti de sa présence et donc une avancée pour la sécurité routière.

135 euros d'amende et retrait de 3 points

Selon Philippe Rabouhan, ces mesures contribuent à remplir les caisses de l'Etat alors qu'en contrepartie, il juge certaines chaussées "dans un état pitoyable". Or, les nids-de-poule n'ont pas les mêmes conséquences pour les uns et les autres : "une voiture va peut-être un peu abîmer son pneu, le motard, lui, va être éjecter."

En France, la circulation inter-files est assimilée à un dépassement par la droite, passible d'une amende de 135 euros et d'un retrait de 3 points sur le permis de conduire.

 

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