Saône-et-Loire : « situation extrêmement tendue » dans le service de réanimation de l’hôpital de Chalon-sur-Saône

Depuis ce mardi 3 novembre, tous les lits du service de réanimation du centre hospitalier de Chalon-sur-Saône sont occupés. Dix-neuf patients sur les vingt accueillis dans cette unité souffrent de la covid-19.
 
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Illustration © Gabriel Talon / France Télévisions
« Les vingt lits de réanimation de l’hôpital de Chalon sont plein depuis ce matin. La situation est extrêmement tendue. », confirme Isabelle Stoll, la directrice adjointe territoriale du groupement hospitalier du Nord Saône-et-Loire Bresse Morvan. Les 16 places pour les patients intubés et les 4 places en surveillance continue sont occupés par presque exclusivement des malades de la covid-19.

« Nous sommes très inquiets. Depuis une semaine déjà, on a de plus en plus de malades, des personnes intubées avec des durées de séjour longues. Je ne dispose pas de chiffres pour comparer mais cela me semble plus fort que lors de la première vague au printemps dernier. Et les équipes sont fatiguées. », alerte Paul-Simon Pugliesi, médecin réanimateur au centre hospitalier de Chalon. Ce praticien hospitalier était de garde cette nuit, il était aux avants-postes pour constater la saturation de son service.
 

« On a de plus en plus de malades, des personnes intubées avec des durées de séjour longues. »

Paul-Simon Pugliesi, médecin réanimateur au centre hospitalier de Chalon

 

Comment faire face ?


Pour faire face à cette deuxième vague d’ampleur, le service de réanimation chalonnais s’organise ! Il a ouvert quatre lits supplémentaires dits de surveillance continue le 27 octobre dernier. Quatre autres devraient suivre d’ici la fin de la semaine.

« Nous sommes en train de récupérer tous les personnels ayant des compétences en réanimation dans les autres services de l’hôpital. Nous sommes en discussion avec les établissements de santé du territoire pour qu’ils nous mettent à disposition du personnel. Car, pour ouvrir de nouveaux lits, nous avons besoin de médecins, d’infirmiers et d’aides-soignants. Or, nos collaborateurs sont aussi touchés par la covid. On a pas mal d’absentéisme en ce moment. », constate Isabelle Stoll.  

Même s’il sait que cette option s'amenuise de jour en jour, Paul-Simon Pugliesi compte sur le fait de transférer des patients vers des hôpitaux moins saturés. « L’hôpital de Beaune vient de récupérer deux de nos patients qui n’étaient pas intubés. Mais j’ai pris leurs deux dernières places. Deux autres malades, qui eux étaient intubés, ont pu être accueillis par le CHU de Dijon. », se réjouit ce médecin. « Pour l'instant, on a laissé aucun malade sans solution. On espère que cela restera comme ça. », affirme Isabelle Stoll pour le compte de la direction de l'hôpital. « Mais notre inquiétude se porte sur les semaines. On ne le redira jamais assez. Le respect du confinement et des gestes barrières fera que l'hôpital tiendra le choc ou pas. »
 
 

Un phénomène particulièrement aigû en Saône-et-Loire


D'après l'Agence Régionale de Santé (ARS), ce mardi 3 novembre, il y a en Bourgogne-Franche-Comté près de 1200 patients covid hospitalisés dont 330 en Saône-et-Loire. 141 d'entre eux sont en réanimation ou en soins intensifs dans toute la région.
 

La semaine dernière, 33 patients hospitalisés dans le sud de la Saône-et-Loire ont été transférés vers d’autres hôpitaux de Bourgogne

Agence Régionale de Santé



L'ARS précise que ce département « bénéficie depuis plusieurs jours déjà de transferts de patients, en particulier depuis le sud du département particulièrement touché par l’épidémie. Entre le 28 octobre et le 2 novembre, 33 patients hospitalisés en médecine ou en réanimation ont été transférés d’établissements du sud de la Saône-et-Loire vers d’autres hôpitaux de la région (21 en Côte-d’Or, 11 dans l’Yonne, 1 dans la Nièvre). Ces transferts font l’objet d’une régulation spécifique par l’ARS, en lien avec les équipes médicales. »

Cette évolution engendre de nouvelles dispositions depuis le 28 octobre dernier. Le niveau 3 des plans de mobilisation des capacités hospitalières a été activé. L'ARS a notamment demandé à tous les hôpitaux et cliniques de Bourgogne-Franche-Comté de déprogrammer toutes les "activités non-urgentes"


Le reportage à Mâcon, autre hôpital submergé par la deuxième vague épidémiqie, de G. Talon et R. Liboz avec :
Covid-19 : immersion dans le service de réanimation de l'hôpital de Mâcon
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