Comment cette commune de Saône-et-Loire a réussi à diviser par quatre sa facture d'éclairage

Le Breuil, en Saône-et-Loire, a réduit de 80,5 % sa consommation d'énergie liée à l'éclairage public entre 2020 et 2022. La facture a été allégée en utilisant des LED et un système de télégestion.

En actionnant l'un des boutons de l'armoire, les services techniques du Breuil (Saône-et-Loire) peuvent contrôler tous les éclairages de cette commune de 3 500 habitants.

Allumage, extinction, réglage de l'intensité... tout est en télégestion. Grâce à ce système et la technologie LED (DEL en français pour diode électroluminescente), Le Breuil a pu diviser par 4 ses dépenses liées à l'éclairage public. 

De 64 000 € à 15 000 € 

En 2020, la commune saône-et-loirienne a fait appel à Ineo, du groupe Equans, pour rénover son parc d'éclairage public comportant 825 points lumineux. L'entreprise avait estimé pouvoir assurer 65 % d'économies d'énergies sur 11 ans par rapport à la consommation annuelle de référence définie.

Le bilan de l'année 2022 est encore plus satisfaisant selon la ville :  "Estimée à 436 449 kWh d’électricité au lancement du contrat, la consommation annuelle d’éclairage public de la collectivité est descendue à 84 787 kWh, soit une économie de 80,5 %."

Si l'on rapporte cela en économies, cela représente donc une division par quatre des coûts. En effet, le coût lié à l'éclairage public était estimé à 64 000 euros avant l’intervention d’Ineo, soit 35 % du budget de la collectivité à l’époque. Le coût énergétique a représenté 15 000 euros en 2022, soit seulement 7,3 % du budget de la collectivité cette même année. 

Intensité réglable : un plus pour l'environnement

"La puissance des LED peut être ajustée individuellement de 20 à 100% et programmée pour divers scénarios comme pour le 14 juillet, en fonction des conditions climatiques ou des périodes de l'année", explique Paul Martinet, ingénieur à Ineo.

Cela représente aussi une solution pour moins déranger la biodiversité ou pour limiter la pollution lumineuse en diminuant l'intensité par zones ou périodes. À noter que, selon Ineo, "la dépense d’énergie réduite permettrait également d’éviter l’émission de 232 tonnes de CO2, soit l’équivalent de 232 vols Paris New York".

Pas de coupure forcée et de l'argent pour d'autres projets

"On estime qu'on a pu compenser les dépenses liées à l'inflation grâce à ces économies, ça nous permet de pouvoir mener à bien d'autres projets, comme la rénovation d'écoles ou d'espaces communaux"

Anissa Madani

chargée de communication à la mairie

Dans un contexte de crise énergétique, Le Breuil a pu maintenir son éclairage la nuit, contrairement à d'autres communes environnantes. "On estime qu'on a pu compenser les dépenses liées à l'inflation grâce à ces économies, ça nous permet de pouvoir mener à bien d'autres projets, comme la rénovation d'écoles ou d'espaces communaux", assure également Anissa Madani, chargée de communication à la mairie. 

En maintenant des économies constantes, la ville estime pouvoir rentabiliser le coût des travaux en 9 ans et même dégager 500 000 euros d’économies supplémentaires d’ici 2032. Prochainement, ce sont les équipements sportifs communaux comme le terrain de foot, de pétanque et les courts de tennis qui pourront bénéficier de cette technologie d'ici à fin 2023.