D'Autun à la Pologne : un convoi humanitaire pour les orphelins de la guerre en Ukraine

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Écrit par Auberi Verne

Un convoi parti de Saône-et-Loire mercredi 30 mars est arrivé à Stalowa Wola, en Pologne, vendredi 1er avril. Deux membres du club Kiwanis Autun ont traversé l'Europe pour acheminer vêtements, nourriture ou encore médicaments aux orphelins de la guerre en Ukraine.

"Désolé, c'est l'émotion devant une telle solidarité." C'est la voix chargée de sanglots que Jacques Billier décrit l'arrivée d'un convoi humanitaire en Pologne, vendredi 1er avril.

Ce sexagénaire est parti d'Autun (Saône-et-Loire), deux jours auparavant. Il fait partie du Kiwanis Autun, un club qui œuvre pour les enfants en difficulté. Avec un autre adhérent, Michel Naime, il a décidé de "partir en éclaireur" pour le camion qui transporte le matériel destiné aux victimes de la guerre en Ukraine.

Des orphelins accueillis avant d'être répartis en Europe

L'objectif des bénévoles : apporter des fournitures de première nécessité pour les orphelins du conflit. Ceux-ci sont accueillis à Stalowa Wola, à une vingtaine de kilomètres de la frontière ukrainienne, dans un établissement créé spécialement pour eux.

Environ 40 enfants sont actuellement hébergés à l'orphelinat. Parmi eux, une quinzaine sont arrivés blessés et nécessitent des soins. "C'est pour cela qu'une partie du bâtiment a été aménagée avec des lits médicalisés", précise Jacques Billier. "Blessés ou non, chaque orphelin est de toute façon ausculté par un médecin."

Tous les matins, un bus passe chercher les enfants pour les emmener à l'école, afin qu'ils ne soient pas trop perdus.

Jacques Billier, membre du convoi humanitaire

En moyenne, les jeunes réfugiés restent trois ou quatre jours dans le centre. Ils sont ensuite dispatchés dans des familles d'accueil volontaires, dans plusieurs pays d'Europe.

"Si on veut héberger un orphelin, il faut prendre contact avec le gouvernement de son pays", explique Jacques Billier. "Ensuite, le gouvernement s'adresse à la ville de Stalowa Wola, puis le gouvernement polonais prend en charge les enfants et les envoie où ils pourront être accueillis, avec du matériel."

"J'ai vu trois fois autant de camions que dans toute ma vie"

Le matériel en question est surtout issu de l'aide internationale. Un local de 4 000 m² a été prêté par la ville de Stalowa Wola pour entreposer les dons.

"On apporte des vêtements, récoltés par les pompiers d'Autun2 palettes de nourriture, des couches, des duvets, des couverture", énumère le bénévole du club Kiwanis. "On amène aussi des cartons de pansements, de garrots, et de médicaments, ainsi que 120 lits dont 20 médicalisés. En somme, des choses utiles."

Pour transporter ces denrées, un camion de 14 mètres de long et de 70 m³ a été prêté par BSTS (une entreprise de transport qui agit notamment sur la logistique du Tour de France).

"Apparemment, on fait partie des rares Français à venir effectuer des livraisons de ce genre", déplore Jacques Billier. "Ça vient surtout d'autres pays. Mais je pense qu'en deux jours, j'ai vu au moins trois fois autant de camions que dans toute ma vie."

Pour autant, le sexagénaire n'entend pas refaire le voyage de si tôt. "C'est vraiment dur de faire 1 800 km comme ça", affirme-t-il. "Mais on se souviendra de toute cette solidarité. Ça nous a vraiment touchés."

Une solidarité qui se poursuit sur le chemin du retour. Les bénévoles ont effet récupéré une Ukrainienne de 35 ans, sa fille de 9 ans et leur chat. Une petite famille qui sera accueillie à Autun, l'une des premières villes de France à avoir ouvert ses portes aux réfugiés de la guerre.