EN IMAGES. Après les orages de grêle en Saône-et-Loire : "tout est foutu !"

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Écrit par Auberi Verne avec Florence Donjon

Des orages de grêle dévastateurs se sont abattus, hier, sur le Charolais-Brionnais. Les dégâts sont très importants, notamment à Paray-le-Monial et Digoin. Des centaines d'interventions de pompiers étaient encore en cours, ce mercredi 22 juin au matin.

Voitures, vitres, toitures... Rien n'y a échappé. Les orages qui se sont abattus mardi soir, vers 18 heures, en Saône-et-Loire ont tout ravagé sur leur passage. "C'étaient des balles de tennis qui tombaient, c'était énorme", décrivait ce matin une habitante de Digoin, dans le Charolais-Brionnais, au micro de France 3 Bourgogne. "Tout a volé, c'était très impressionnant."

De très lourds dégâts matériels

"Ce matin, on est un peu dépité." Voilà dix ans que Philippe habite Digoin. Il y possède une maison, qu'il est en train de rénover. Mais pour lui, le passage des orages équivaut à un retour à la case départ. "La toiture est complètement arrachée sur la façade ouest", constate-t-il. "Sous cette toiture, il y a le plancher du grenier qui risque de s'effondrer en cas de pluies abondantes. On a appelé les pompiers pour qu'ils viennent couvrir, mais a priori ils sont débordés donc on attend toujours."

Et pour cause, dans la matinée, plus de 600 interventions de pompiers étaient soit en cours, soit en attente en Saône-et-Loire, dont bon nombre d'entre elles dans le secteur de Paray-le-Monial et Digoin. Au total, 100 sapeurs-pompiers du SDIS étaient mobilisés. Des renforts en provenance du Doubs, de la Marne, de Haute-Saône, de Haute-Marne et du Haut-Rhin ont également été déployés.

Quand on le voit à la télé et que ça arrive aux autres, on se dit déjà que c'est pas terrible. Quand on le vit, c'est tout autre chose.

Philippe, habitant de Digoin sinistré

Même sentiment un peu plus loin, chez Pierre, qui a vu son jardin et une partie de sa maison dévastés par la grêle. "Les dégâts se concentrent surtout sur la façade ouest du toit, qui a été perforée. Il y a des infiltrations d'eau. Le jardin est haché, la table extérieure aussi, on avait mis des pics à pigeons qui sont complètement partis. Le réveil est difficile."

Malgré la casse, une consolation : les dégâts sont uniquement matériels. Aucune victime n'est à déplorer dans le département. "On va simplement essayer de remettre ça rapidement en ordre", se résigne Pierre.

10 minutes de destruction

10 minutes, c'est tout ce qu'il a fallu pour réduire pratiquement à néant ce laboratoire de prothèses médicales de Digoin. "Au début, on se disait que c'était juste une grosse grêle", raconte Bilail Boisson, directeur du laboratoire. "Mais quand ça a commencé à déchausser les tuiles, là on s'est inquiété."

Puis, après que la toiture a cédé, c'est au tour des plafonds de s'incliner face aux éléments. Rapidement imbibés d'eau à cause des pluies diluviennes, ils s'effondrent, emportant avec eux la totalité du travail du laboratoire. "C'est tombé d'un coup. Là, il n'y a plus rien, tout est foutu. Il va falloir très vite qu'on trouve un local, car on a une grosse clientèle qui compte sur nous."

Sans solution rapide, ça va être compliqué pour le laboratoire de se maintenir à flots.

Bilail Boisson, prothésiste dentaire

Une dizaine de personnes relogées

Au cours de la soirée, une cellule de crise a été installée par les pompiers dans le centre de secours de Digoin. Une autre a été mise en place dans la mairie de la ville, ainsi qu'un numéro d'urgence pour désengorger celui des pompiers, pris d'assaut.

"Beaucoup ont réussi à se débrouiller avec leurs familles et amis", précise le maire David Beme. "Mais cette nuit, une dizaine de personnes a été relogée." Pour permettre un relogement rapide, le directeur de la cité scolaire a mis l'internat à disposition des personnes des sinistrés.

Pour rappel, les dégâts provoqués par la grêle et les vents violents ne rentrent pas dans le champ de la garantie catastrophe naturelle. "Les particuliers doivent se retourner vers leur système d'assurance privé pour obtenir une indemnisation des dégâts, par le biais de la couverture 'Tempête, neige et grêle", précise la préfecture de Saône-et-Loire.

À noter qu'un certificat d'intempéries peut-être délivré par Météo France pour attester d'un sinistre... contre rémunération.