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Le Creusot : "Parcoursup ne tient pas ses promesses"

"Mon bac, ma fac", "Non à la sélection, oui à l'éducation"... Lundi matin, une cinquantaine d'élèves du lycée Léon Blum du Creusot ont donné de la voix devant leur établissement pour dénoncer les ratés et les "injustices" générées, selon eux, par la plateforme Parcoursup.


Depuis le 22 mai, la phase des résultats a débuté, déversant dans le même temps son lot de réjouissances, de déçus, et d'incompréhensions pour les 810 000 étudiants concernés. Grande nouveauté de cette année, l'affectation des bacheliers dans les filières de leur choix s'effectue au fil de l'eau, ou plutôt au compte-goutte...Pour la première fois, les lycéens ne hiérarchisent plus leurs voeux, les réponses ne tombent plus en trois vagues - comme du temps d'APB - car la plateforme est actualisée en temps réel. La fin du tirage du sort, le début d'un système plus transparent.Une petite révolution censée mettre fin à l'incertitude subie chaque trois lycéens sur quatre en moyenne, sans affectation définitive avant les épreuves du bac.

Pour Juliette Noisillat, en terminale L au lycée Léon Blum, le système ne tient pas ses promesses. "On retrouve les mêmes inégalités qu'avec le tirage au sort, déplore-t-elle. Au bout du compte, certains ne sont pas pris dans les facultés publiques". Interrogée sur le plateau de LCI lundi matin, Frédérique Vidal, ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, affirmait que 73,5% des étudiants avaient reçu une proposition. Mais leur convient-elle ? 
Parcoursup : "on retrouve toujours les mêmes inégalités"

Au lycée Léon Blum, au Creusot, une partie des étudiants ont effectivement été admis dans l'un de leur choix, sans pour autant s'en satisfaire complètement. "Beaucoup se disent que Parcoursup n'a pas marché pour eux, mais se disent qu'eux, au moins, sont assurés de faire des études", souligne Juliette Noisillat. 

A ce jour, près de 185 000 élèves de terminale sont sans affectation, sur liste d'attente. Si certains professeurs craignent un effet démobilisateur à l'approche du baccalauréat, les lycéens de Saône-et-Loire y voient la conséquence d'une sélection qui ne dit pas son nom. Un écrémage sur dossier scolaire, et sur critère... géographique. "On se sent récalés. On a l'impression que dès qu'on vient du Creusot, les lettres de motivation ne sont pas lues, notre dossier est mis sur le côté en attendant de voir", raconte la jeune manifestante. "Alors qu'à l'inverse, au lycée Pontus de Tyard (99% de réussites au bac en 2017, ndlr) de Châlon-sur-Saône, a été favorisé par certaines facs". Le lycée Léon Blum du Creusot, de son côté, affiche 86% de réussites au baccalauréat l'année dernière. Pour Jean-Michel Blanquer, invité sur BFM TV dimanche, Parcoursup n'a pas accentué les inégalités entre lycéens, assurant qu'elles sont « préexistantes » à la mise en place de la plateforme.

Le gouvernement assure que tous les élèves qui le souhaitent pourront faire des études supérieures l'année prochaine. Ainsi, 29 000 élèves n'ayant postulé qu'à des filières sélectives (et refusés partout) pourront s'adresser au Centre d'Information et d'Orientation pour saisir la Commission académique d'accès à l'Enseignement supérieur. Insuffisance du système, là encore, aux yeux des lycéens mobilisés. "Certains vont obtenir une affectation fin août, souligne Juliette. Ils n'auront qu'une semaine pour trouver un logement ou des aides financières", une difficulté de plus au moment de démarrer sa future vie étudiante. 
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