Le PDG d’Alstom refuse de s'engager sur l'emploi au-delà de quatre ans

Un ouvrier soudeur a l'usine ALSTOM du Creusot, en Saône-et-Loire, qui produit des bogies de train / © Christophe Petit Tesson/MAXPPP
Un ouvrier soudeur a l'usine ALSTOM du Creusot, en Saône-et-Loire, qui produit des bogies de train / © Christophe Petit Tesson/MAXPPP

Le PDG d'Alstom prévient que la fusion de son entreprise avec Siemens n'immunisera pas le nouvel ensemble contre les fluctuations du marché. Face aux députés, il a refusé de s'engager sur l'emploi dans le groupe au-delà de quatre ans.

Par avec AFP

Des engagements pris "pour rassurer"

Le groupe Alstom emploie 8 500 salariés en France, répartis sur douze sites, dont un en Saône-et-Loire. L’usine du Creusot est le centre d’expertise et de référence pour les bogies de trains, locomotives, tramways et métros. Le site de Bourgogne emploie plus de 650 personnes.

Alstom possède aussi deux sites en Franche-Comté, l’un à Ornans dans le Doubs et l’autre à Belfort, dans le Territoire de Belfort.

La fusion entre Alstom et son concurrent allemand Siemens doit créer un géant industriel ferroviaire européen compétitif à l'échelle mondiale. L’annonce de ce rapprochement s'est accompagnée d'assurances sur le maintien des sites et des emplois pour une durée de quatre ans.

Ces engagements ont été pris "pour rassurer", a déclaré le PDG Henri Poupart-Lafarge, qui était entendu par la commission des Affaires économiques de l'Assemblée nationale mercredi 11 octobre 2017.

© France 3 Bourgogne
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Des députés très inquiets pour le maintien de l'emploi


Le PDG d'Alstom a dû faire face à un barrage de questions de députés, tous très inquiets du maintien de l'emploi au terme des engagements actuels.

"Nous savons que toute fusion est anxiogène et nous savons que toute fusion peut donner lieu à des spéculations sur quelles vont être les restructurations, les nouvelles organisations, ce qui va être privilégié, etc".

"Mais nos collaborateurs, nos collègues savent très bien que la seule préservation à long terme de leur site, c'est leur compétence, leur compétitivité, leur inventivité, leur expertise ferroviaire", a ajouté Henri Poupart-Lafarge.


"Une fusion n'immunise pas des fluctuations du marché"

"Une fusion n'immunise pas un groupe des fluctuations du marché, une fusion est là pour être plus fort", a dit le dirigeant d'entreprise, en notant à cet effet l'exposition d'Alstom aux commandes publiques, en particulier françaises. "Il y a en permanence (...) un lien entre la santé du ferroviaire en France et l'activité de nos sites en France", a insisté M. Poupart-Lafarge.

"La partie fabrication est beaucoup plus liée au marché français et va dépendre des évolutions du marché français. Tout ce qui est ingénierie, recherche, innovation, est beaucoup plus lié au succès d'Alstom globalement", a-t-il nuancé.

Concernant les synergies escomptées de la fusion avec Siemens, le PDG a affirmé qu'au-delà de la suppression de doublons dans les fonctions administratives, "la plupart de ces économies se feront sur la partie chaîne d'approvisionnement, sur les achats".
Mais il a réfuté l'idée que les sous-traitants en souffrent, insistant sur le fait qu'ils réaliseraient au contraire eux-mêmes des économies avec des séries de commandes plus longues et standardisées.

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