Toujours une référence pour les jardiniers : "l'almanach du Père Benoit", une institution depuis ... 189 ans !

L'almanach Double Milan du Père Benoit entre dans sa 189 ème année de publication. Au départ outil de travail pour les agriculteurs et les maraîchers, il continue de tenir le cap pour son édition 2024. Petit retour en arrière sur cet ouvrage que certains jardiniers conservent "en référence"

L'Almanach du Père Benoit est né dans les années 1830 en région Rhône-Alpes. Tout d'abord pensé pour les agriculteurs et maraîchers, afin de connaître les cycles de la Lune et de l'entretien de la terre, il reste un ouvrage de référence pour les jardiniers aujourd'hui.

Au départ, un guide pour les agriculteurs

L'histoire de l'Almanach a probablement commencé en 1831. Pierre Bailly, actuel directeur de publication de l'ouvrage, explique : "c'est un imprimeur lyonnais qui a commencé à publier l'almanach. On s'est beaucoup interrogés sur le nom "Double Milan". Il y avait beaucoup d'almanachs à l'époque, une concurrence importante et chacun se dit 'double de' ou 'triple de'. En ce qui concerne Milan, on a supposé que le curé à l'origine de cela avait pris cette idée dans sa congrégation de Milan."

4 années de publication vont s'effectuer, sans faire apparaître le nom du Père Benoît : "Il donne les idées, fournit des articles et peut-être tous les calculs pour la Lune et le Soleil dans le calendrier. Peut-être qu'à la demande d'une autorité religieuse, il ne fait pas apparaître son nom."

Qui était le Père Benoit ?

L'imprimeur au cours de ces premières années de parution (entre 1831 et 1835) va enrichir l'almanach, mais selon Pierre Bailly, "avec des articles farfelus, des prédictions, des recettes de soins d'apothicaire. On suppose que le Père Benoit en a eu assez et voulait une publication sérieuse. En 1835, on a deux almanachs avec la même couverture, sauf que l'un des deux porte la mention 'du père Benoît'. Dès 1836, cela devient l'almanach Double Milan du Père Benoît."

L'année 1835 devient alors l'année de référence fondatrice de l'édition.

Mais qui était ce religieux ? Le Père Benoit n'est pas le sympathique jardinier que l'on voit sur les couvertures actuelles, on sait juste que "c'était un curé de l'évêché de Belley (Ain), des environs de Trévoux. C'était un prêtre itinérant qui venait en 'renfort' de ses confrères. On ne sait pas quand il est mort, on a très peu d'informations sur lui."

L'almanach petit à petit s'est enrichi, "sous la coupe d'un imprimeur plus sérieux, en retraçant des faits historiques, en donnant des conseils de médecine".

20 000 exemplaires sur 15 départements 

L'Almanach est distribué par les MLP (Messageries Lyonnaises de Presse) sur 15 départements, dont la Saône-et-Loire, la Côte-d'Or, le Jura. Ce sont 20 000 exemplaires qui sont imprimés chaque année.

Depuis la reprise en main au XIXème siècle, l'ouvrage n'a pas modifié sa ligne éditoriale, comme le rappelle Pierre Bailly : "Je n'ai pas changé le contenu rédactionnel, j'ai fait évoluer la maquette pour rationaliser les différents articles, c'est plus structuré. Il y a toujours les 3 grandes familles : le calendrier et ses conseils de jardinage, l'histoire régionale et enfin des articles liés au numéro de l'année, soit sur des événements ou des personnages de la région".
 

Qui sont les lecteurs du "Père Benoit"  ?

C'est avant tout un public de fidèles qui achète "le Père Benoit" : "les acheteurs sont les séniors et séniors+, des gens passionnés par le jardinage, ou alors des urbains qui l'achètent plus pour avoir tous les saints, pour l'histoire et les articles. Le petit format vient du fait qu'il devait tenir dans une poche, pour l'emmener au jardin."

Et l'almanach se retrouverait bien sous le sapin encore cette année, pour un petit cadeau à faire à de la famille ou des amis qui jardinent : "On est en vente dès début octobre, le gros des ventes se fait entre novembre et décembre. Ce sont des acheteurs pour faire un cadeau."

Pour l'instant, le prix de l'almanach est resté sous la barre symbolique des 10 euros, malgré la hausse des matières premières et des coûts de fabrication.