VIDÉO. Contre la sécheresse, des agriculteurs de Saône-et-Loire captent les eaux de pluie

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Les sécheresses à répétition, conséquence du changement climatique, transforment en profondeur les pratiques agricoles. En Saône-et-Loire, plusieurs éleveurs ont décidé de repenser les approvisionnements en eau du bétail, en récoltant l'eau de pluie. ©Alexandre Baudrand et David Segal.

Les sécheresses à répétition obligent de plus en plus les agriculteurs à repenser leurs pratiques. Dans le village de Poisson, en Saône-et-Loire, deux frères, Nicolas et Arnaud Dupont, ont décidé de récolter l'eau de pluie pour abreuver leurs bêtes. Et tenir durant l'été.

En Saône-et-Loire, les sécheresses sont de plus en plus fréquentes. Le changement climatique pousse donc les agriculteurs à changer leurs pratiques. Nicolas Dupont, éleveur de bovins à Poisson (Saône-et-Loire), a dû trouver de nouvelles solutions pour abreuver ses bêtes. Après plusieurs mois de réflexion et plusieurs milliers d'euros de travaux, le résultat est là : un immense bassin d'une capacité de 500 mètres cubes. 

"La fosse, en paroi inclinée, est couverte de géotextile pour l'étanchéité", décrit Nicolas Dupont. "Il y a un système de tuyaux, avec un captage sur le côté. L'eau est ensuite amenée jusqu'à un système de pompage, de traitement."

La réserve d'eau est pour l'instant assez bien remplie, grâce aux orages des semaines précédentes dans le Charolais. "Un peu plus de 80 millimètres d'eau sont tombés, et 200 mètres cubes d'eau ont rempli le bassin sur les dix derniers jours. Ça nous laisse une belle autonomie, puisqu'on utilise un peu plus de quatre mètres cubes d’eau par jour pour la quarantaine de bêtes dans nos champs."

Quand on part sur du temps sec, ça dure plusieurs semaines, des fois plusieurs mois, et pour nous, c’est compliqué.

Nicolas Dupont, agriculteur à Poisson (Saône-et-Loire)

Être autonome, c'est tout l'enjeu de cette nouvelle installation. Jusqu'en 2018, une source suffisait à assurer les besoins en eau de l'exploitation. Mais suite à un premier épisode sec, Nicolas Dupont et son frère Arnaud ont dû basculer sur le réseau public à l'hiver 2019. "Cette année-là, puis en 2020, on a consommé 1000 mètres cubes sur le réseau, alors qu'on avait cette eau des toitures, qui tombe sur des petites périodes, mais en grande quantité."

Bien gérer la ressource en eau

Les deux frères se tournent alors vers le ciel et son eau gratuite. Les travaux coûtent 45 000 euros, financés à hauteur de 80 % par le département. "On a profité des travaux pour rénover une partie de l'exploitation. Le plus compliqué, c’était surtout de trier l’eau à amener au bassin", explique Nicolas Dupont. "L'économie d’eau chaque année sur le réseau couvre largement l’annuité de la réserve sur quinze ans."

L'eau de pluie récoltée provient uniquement des 2 500 mètres carrés de toitures. Elle est ensuite redirigée vers les différentes parties de l'exploitation, à partir d'un poste de contrôle. 

"L'eau arrive de la réserve par le haut. On peut jongler comme on veut, avec un simple jeu de vannes, bâtiment par bâtiment. On a le réseau public qui peut prendre le relais en cas de panne des pompes ou de manque d’eau", détaille Nicolas Dupont.

Mais la réserve n'empêche pas l'inquiétude face aux prochaines sécheresses. 

Pour abreuver nos animaux, c’est très compliqué et ça va devenir de plus en plus régulier.

Nicolas Dupont, agriculteur à Poisson (Saône-et-Loire)

À Poisson, Michelle Bonnot, maire (Sans étiquette) de la commune, s'inquiète elle aussi de la disponibilité de la ressource en eau. Agricultrice à la retraite, elle constate que "l’eau est un problème récurrent, comme dans la plupart des communes du territoire. Au niveau de la commune, on est en restriction. C’est de plus en plus tôt. L’année dernière, c’était deux mois plus tard." Depuis le 14 juin, le secteur de l’Arconce et Sornin est en effet en vigilance renforcée.

Michelle Bonnot envisage d'installer des récupérateurs d'eau de pluie pour utiliser au mieux les nombreuses toitures. "On pourrait récupérer l’eau pour arroser les fleurs ou la remettre dans le circuit pour les bâtiments publics. Mais pour aider les communes, il va falloir des aides de l’Etat pour nous aider à investir dans ce genre de matériel."

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