Sécheresse : le Doubs à sec au défilé d'Entre-Roches entre Pontarlier et Morteau pour la quatrième année consécutive

La rivière du Doubs ne coule quasiment plus dans le Saugeais, entre Maisons-du-Bois-Lièvremont et le défilé d'Entre-Roches. Cette situation préoccupante se répète depuis quatre ans. Inquiets, les riverains et associations de pêcheurs se mobilisent.

C'est un bien triste spectacle qui se répète depuis quatre ans. Malgré un été très pluvieux, la rivère du Doubs est à sec sur une quinzaine de kilomètres entre Maisons du Bois Lièvremont et Montbenoît. Le mois d'août a été plus sec que la normale, les précipitations ont été rares depuis le 7 août. De plus, selon Météo Franc-comtoise, la bise a asséché les sols.

 

En amont, au niveau du lac Saint-Point des lâchers d'eau réguliers n'ont pas amélioré significativement la situation selon Jean-Noël Resch, hydrobiologiste chargé de mission à EPAGE (Etablissement public d'aménagement et de gestion de l'eau Haut-Doubs Haute-Loue). Pourtant en trois mois, entre mai et fin juillet il est tombé 400 à 800 mm de pluie en Franche-Comté ! Selon Météo France, c'est le trimestre le plus arrosé depuis 1959, année où ont débuté les relevés météorologiques fiables. "On est dans l'un des endroits où il pleut le plus en France et tous les étés on vient en tongs au milieu du lit du Doubs en aval de Pontarlier donc ça nous révolte", déplore Alexandre Cheval, garde pêche de la fédération de pêche du Doubs. "Nous on ne nie pas le dérèglement climatique mais c'est pas que la faute des entreprises qui sont à l'autre bout du monde ce qui se passe dans le Haut Doubs, c'est la faute d'une carence ambitieuse de politique publique et territoriale sur le secteur".

Mais où est donc passée toute cette eau ? 

Le massif Jura est composé de roche calcaire, cette multitude de petits réseaux souterrains forme un gruyère karstique. Quand le débit d'eau est très faible, certaines failles du sol aspirent l'eau des rivières pour la restituer dans ces cavités souterraines. Ce phénomène d'assèchement soudain est bien connu et décrit par les scientifiques dès le début du XXe siècle. Dans son dossier, le collectif SOS Loue et Rivières Comtoises rappelle que "les prélèvements en eau, l’imperméabilisation des sols et l’assèchement des zones humides majorent par contre indéniablement les étiages et accentuent les conséquences des pertes. C’est d’ailleurs le problème majeur à l’avenir".

Des travaux à moyen terme pour restaurer le milieu

Des travaux ponctuels sont engagés par les services de l'Etat pour colmater en partie ces failles. C'était le cas ce mercredi 1er septembre du côté d'Arçon. Quatre camions de granulats ont été déchargés sur les lieux. Objectif : "mettre en sécurité le site vis à vis des promeneurs", explique Philippe Alpy, Président de l'EPAGE. A cet endroit, un volume d'eau très conséquent était siphonné par une faille.

Restaurer le milieu aquatique

Une étude globale a été lancée dès 2017 pour mieux comprendre la situation et envisager des actions pour restaurer ce milieu. Elle fait apparaître notamment qu'il y a un déficit de matières au fond du Doubs. Cette étude est désormais sur la table des élus et des fédérations de pêche. Des discussions sont en cours pour plannifier et prioriser les actions.

Il faut s'attendre à ce que certaines parties du Doubs soient complètement asséchées dans les années à venir

Philippe Alpy, président de l'EPAGE Haut-. Doubs Haute-Loue

Ce chantier à long terme ne devrait pas débuter avant 2023. Les travaux pourraient notamment consister à restaurer le cours du Doubs pour lui redonner sa morphologie naturelle, améliorer sa qualité et son débit. Il s'agira aussi de combler certaines failles. Mais l'élu prévient "ce ne sont pas forcément ces travaux qui nous préserverons à long terme des assecs".