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Semaine européenne de la vaccination : comment progresse la couverture vaccinale en Bourgogne-Franche-Comté ?

Photo d'illustration. / © PHILIPPE HUGUEN / AFP
Photo d'illustration. / © PHILIPPE HUGUEN / AFP

La Semaine européenne de la vaccination, ça commence ce mercredi 24 avril. Durant cette période, des campagnes de sensibilisation et d'information auront lieu en Bourgogne-Franche-Comté. L'occasion également de revenir sur les chiffres encourageants de la couverture vaccinale dans la région.

Par Margot Desmas

Restaurer la confiance, sensibiliser les parents aux vaccins obligatoires pour leurs enfants... La Semaine européenne de la vaccination, qui s'étale du mercredi 24 au mardi 30 avril, vise à mieux informer sur les risques liés à une mauvaise couverture vaccinale. Et la ministre de la Santé Agnès Buzyn l'assure : "La confiance envers les vaccins revient au-delà même de l'obligation vaccinale, ce mouvement profite à la vaccination au sens large".
 

Mais la vaccination fait face à un violent mouvement de contestation, notamment de la part de certains parents qui estiment certains composantes dangereux. Entre décembre 2017 et juin 2018, dans les bassins de vie de Dijon et Genlis, cinq nouveaux cas de méningite dont un mortel avaient été détectés à cause d'une mauvaise couverture vaccinale. Suite à cela, la ministre de la Santé lançait une mesure phare de son mandat en janvier 2018 : le passage de trois à 11 vaccins obligatoires pour les enfants nés après le 1er janvier 2018 (voir l'encadré à la fin de l'article).
 

Pour prévenir les craintes, la région Bourgogne-Franche-Comté se mobilise à l'occasion de cette semaine de prévention. L'Agence régionale de santé (ARS) va notamment installer deux "villages info vaccination" : mercredi 24 avril à Dijon (place Darcy, de 10 heures à 18 heures) et vendredi 26 avril à Besançon (Esplanade des Droits de l’Homme, de 10 heures à 18 heures). 
 

"Ce double événement (...) vise à informer le grand public sur les vaccinations à travers des animations pour petits et grands, des ateliers ludiques, des stands", énumère l'ARS sur son site. L'occasion également de faire le point sur les chiffres de la vaccination en Bourgogne-Franche-Comté. La couverture vaccinale est-elle bonne chez les enfants ? Comment progresse-t-elle ? Voici les chiffres dévoilés par l'ARS pour la Semaine européenne de la vaccination.

 

"Nette amélioration" pour les maladies infectieuses


Pour établir ces chiffres, Santé publique France a comparé les couvertures vaccinales chez les nourrissons âgés de 7 mois. Il s'agit de constater s'il y a eu une amélioration entre les enfants nés entre janvier et mai 2018 et ceux nés entre janvier et mai 2017 pour les vaccinations contre les maladies infectieuses (coqueluche, Haemophilus influenzae de type b, hépatite B, pneumocoque et méningocoque C).
 

Et selon l'ARS, la couverture contre ces maladies a connu une "nette amélioration" dans la région. Par exemple, la couverture vaccinale pour la première dose du vaccin contre le méningocoque C a fait un bond de 41,6 points, passant de 29,9% de personnes vaccinées en 2017 à 71,5% en 2018. "Cette amélioration de la couverture vaccinale a très vraisemblablement contribué à la diminution de l’incidence des infections invasives dues à ce germe, de moins 38 % en France entre 2017 et 2018", analyse l'ARS, ajoutant que "la baisse est particulièrement visible chez les nourrissons âgés de moins de un an."
 

Et pour le vaccin hexavalent (diphtérie, tétanos, poliomyélite, coqueluche, hépatite B et infections à Haemophilus influenzae de type b), l'augmentation est de 5,3 points. Le pourcentage d'enfants ayant reçu au moins une dose passe ainsi de 93,2% en 2017 à 98, % en 2018. Même chose pour la couverture vaccinale contre le pneumocoque qui augmente, plus légèrement, de 1,7 points. Mais la population ayant reçu au moins une dose reste très élevée : 97,6% en 2017 et 99,3% l'année suivante.

 

Une meilleure "vaccination au sens large"


Lors du lancement de la Semaine européenne de la vaccination, Agnès Buzyn avait salué un retour de "la confiance envers les vaccins au-delà même de l'obligation vaccinale", profitant "à la vaccination au sens large". Ce qui est également le cas en Bourgogne-Franche-Comté, car les couvertures vaccinales s’améliorent aussi chez les enfants nés avant l’entrée en application de la loi, relève encore l'ARS.

Ainsi, le taux d'enfants ayant reçu la première dose du vaccin ROR (rougeole oreillons rubéole) progresse de 0,6 à 2,8 points selon les départements. Des chiffres comparant la couverture vaccinale chez les nourrissons ayant eu 12 mois en 2018 (85,3% à 89,1% selon le département) à celle des enfants ayant eu 12 mois en 2017 (83,1% à 88,3% selon le département). Et 31,3% des jeunes filles qui ont eu 15 ans en 2018 ont reçu au moins la première dose du vaccin HPV (papillomavirus humains). Un taux en augmentation de 3,6 points par rapport à celles qui ont eu 15 ans l’année précédente, où la couverture vaccinale était de 27,7%.
 

Des chiffres qui font dire au professeur Alain Fischer, dans le Bulletin de Santé publique France, que les "craintes" d'un "possible effet contre-productif" lié au caractère contraignant de la mesure d'Agnès Buzyn "se sont avérées infondées". Car conformément à ce que souhaitait la ministre de la Santé, la couverture vaccinale a progressé en un an, en France comme en Bourgogne-Franche-Comté.

 

Quels sont les vaccins obligatoires chez l'enfant ?

Les vaccinations contre la diphtérie, le tétanos, la poliomyélite, la coqueluche, l’Haemophilus influenzae b, l’hépatite B, le méningocoque C, le pneumocoque, la rougeole, les oreillons et la rubéole sont obligatoires avant l’âge de 2 ans pour les nourrissons nés à partir du 1er janvier 2018.

Tout comme les vaccinations contre la diphtérie, le tétanos et la poliomyélite aux âges de 2, 4 et 11 mois pour les enfants nés avant le 1er janvier 2018. Et pour ceux âgés de plus de 12 mois résidant en Guyane française, la vaccination contre la fièvre jaune est également obligatoire.

"L’objectif de cette mesure est de protéger la santé de tous les enfants et de lutter contre les épidémies qui réapparaissent en France, notamment en raison d’une couverture vaccinale insuffisante chez les bébés de moins de 2 ans", explique le ministère sur le site Vaccination Info Service, évoquant notamment l'épidémie de rougeole qui a sévi de 2008 à 2014.

Plus de 23 000 cas avaient été déclarés en France, causant la mort de 10 personnes. Et la propagation de la maladie est liée "à l’insuffisance de la couverture vaccinale", rappelle le ministère de la Santé. Ce qui explique l'élargissement de l'obligation à huit vaccins supplémentaires.

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