Belfort : La construction des prototypes des motrices du TGV du futur a commencé dans les ateliers d'Alstom

A Belfort, les ateliers ont débuté la fabrication des motrices des premières rames du TGV du futur, baptisé TGV-M. Un carnet de commandes restreint pour l'instant pour le site de Belfort, mais que les syndicats espèrent bien récupérer en totalité en charge de travail. 

Le TGV du futur, TGV M
Le TGV du futur, TGV M © SNCF - Alstom Avelia Horizon
Plus écologique, plus moderne, moins cher à l'entretien... La construction du "TGV du futur" a commencé dans l'usine Alstom de La Rochelle à Aytré où les voitures du TGV du futur sont assemblées. Le premier "chaudron", l'enveloppe extérieure du train, a été présenté jeudi 16 juillet.  La commande remonte à 2017, l'Etat avait passé commande de 100 rames. 

 
Sur le site d'Alstom La Rochelle a débuté la construction des voitures du TGV du futur.
Sur le site d'Alstom La Rochelle a débuté la construction des voitures du TGV du futur. © Gille Delacuvellerie

 

"La seule garantie, c'est que sur les cinq premières rames, les 10 motrices sont fabriquées à Belfort"

David Kaiser, CGT Alstom Belfort


La totalité des motrices du TGV du futur se fera-t-elle dans les ateliers de Belfort ? 



La mise en service de ce nouveau modèle de train à grande vitesse est prévue pour juin 2024, lors des Jeux olympiques de Paris. Et Belfort espère bien tirer partie de cette commande. A l'heure actuelle, les ateliers s'attèlent à la construction des prototypes des motrices. "C'est une bonne nouvelle, cette confirmation qu'on aura 100 rames à fabriquer dont 200 locomotives à Belfort, mais on n'a pas la garantie de faire les 200 locomotives" explique David Kaiser, élu CGT Alstom Belfort. "La seule garantie, c'est que sur les cinq premières rames, les 10 motrices sont fabriquées à Belfort" précise l'élu. "Actuellement, on est en surcharge de travail, on a plusieurs marchés en cours, mais l'avenir, la fin de l'année prochaine, on nous montre des baisses de courbes, et une baisse flagrante de l'activité" ajoute David Kaiser pour qui l'incertitude est pesante. "On a des craintes, à aucun moment, on a eu des garanties sur la totalité du contrat" lance l'élu. 
 
© Alexandre Remond - France Télévisions


A la CFDT, Olivier Kohler regrette lui aussi cette période d'incertitude. "Nous sommes dans l'attente de commandes en discussion avec un opérateur privé et avec l'Ukraine. Si ces commandes se finalisent par de la charge de travail, nous avons une très grande probabilité que le TGV-M sera effectué à Belfort. Si ces commandes n'aboutissent pas, la direction fera probablement le choix d'effectuer la fabrication des motrices à La Rochelle.... C'est tout ou rien pour le site de Belfort, nous sommes dans l'attente de ces décisions. D'ici 18 mois, nous pouvons connaître les mêmes difficultés que le site de Reischoffen qui va être cédé par Alstom (à Bombardier, ndlr)" explique l'élu.

Contactée par France 3 Franche-Comté, la direction d'Alstom veut rassurer. "Tout sera mis en oeuvre" pour que les motrices soient fabriquées sur le site de Belfort, indique le groupe. Le site d'Ornans dans le Doubs devrait lui produire les moteurs, huit pour chaque rame...
Les deux usines comtoises espèrent bien ne pas rater le train de cette commande à trois milliards d'euros.

 Les premières livraisons des TGV du futur auront lieu à l'hiver 2023.

 
© Alexandre Remond - France Télévisions
Belfort : le TGV du futur en partie assemblé dans les ateliers belfortains




Le TGV du futur, modulaire et accessible au handicap



Le projet a été baptisé TGV "M", car les qualités de ce train commencent la plupart du temps par cette lettre, a expliqué Alain Krakovitch,  directeur de Voyages SNCF. Le train pourra accueillir 740 passagers, soit 20% de plus que les rames actuelles.

Il sera possible de configurer les aménagements intérieurs, transformer une première classe en seconde, et aussi bien d'exploiter sous format Inoui que sous format de Ouigo, le TGV à bas coût, précise-t-il.

La mobilité du TGV M permettra aux personnes handicapées de pouvoir embarquer en complète autonomie, sans qu'il y ait besoin d'assistance quelconque, y compris à l'étage du train, grâce à une plateforme rotative et élévatrice. Les toilettes aussi seront repensées.

 
A quoi ressemblera le TGV du futur, le TGV-M ?

    

Un train "écologique" et "intelligent"


L'écologie enfin aura une place de choix dans ce train aux 97% de matériaux recyclables, réduisant de 32% les émissions de CO2, de 20% la consommation d'énergie et de 30% les coûts de maintenance.

Les baies vitrées seront élargies, l'éclairage sera modulable et le système d'air conditionné "plus intelligent". Le train offrira aux utilisateurs un service de wifi, de commande à distance, et de réseau internet capable de s'adapter aux innovations.
 
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