Belfort. L'homme abattu par les gendarmes à Danjoutin aurait "volontairement provoqué les conditions de son décès". Son arme était chargée à blanc

Publié le
Écrit par Johanna Albrecht
C'est à Danjoutin que la course-poursuite du 13 octobre s'est achevée
C'est à Danjoutin que la course-poursuite du 13 octobre s'est achevée © Rémy Poirot / France Télévisions

Le parquet de Belfort a livré les premiers éléments de l'enquête en flagrance lancée après le décès d'un homme, à l'issue d'une course poursuite avec les gendarmes dans la banlieue de Belfort. L'homme aurait provoqué les gendarmes avec une arme, qui était chargée à blanc.

Ce lundi 18 octobre, le procureur de la République de Belfort a livré dans un communiqué les premiers éléments de l'enquête ouverte après le décès, le 13 octobre, d'un homme de 37 ans, à l'issue d'une course-poursuite avec la gendarmerie, après que ces derniers aient ouvert le feu. Selon ces éléments, rassemblés par l'inspection générale de la gendarmerie nationale et la section de recherches de Besançon, l'homme abattu aurait pu chercher à "volontairement provoqué les conditions de son décès". 

Provocation devant la gendarmerie de Beaucourt

Le communiqué retrace le déroulé des événements ce matin-là. Le mercredi 13 octobre, vers 10h30, l'homme de 37 ans, au volant d'une "Xsara PIcasso", se serait arrêté sur le parking de la gendarmerie de Beaucourt, en faisant "crisser ses pneumatiques". Après s'être arrêté, il serait sorti et aurait ouvert le coffre de sa voiture. C'est à ce moment là qu'un gendarme aurait aperçu "une arme de poing" tenue par le conducteur "le long de sa jambe". 

Selon le parquet, une course poursuite se serait alors engagée, l'homme ayant pris la fuite. Il aurait emprunté la RN1019, avant de sortir sur la D19, et de traverser Andelnans puis Danjoutin. Au cours de cette course-poursuite, il aurait "exhib[é] à plusieurs reprises une arme de poing", et aurait notamment forcé un barrage entre Morvillars et Grandvillars. 

Fin de course poursuite à Danjoutin 

A Danjoutin, toujours sur la D19, au niveau d'un rond-point, une voiture avec deux gendarmes à son bord serait arrivée à immobiliser la Xsara Picasso en empruntant la voie cyclable. L'homme de 37 ans se serait alors mis à menacer avec son arme le gendarme passager.

Selon le parquet "les militaires [ont] procéd[é] à plusieurs reprises aux sommations d'usage, intimant en vain à l'automobiliste de lâcher son arme". 

Un gendarme serait alors sorti du véhicule, et aurait réussi à approcher la Xsara suffisamment près pour ouvrir sa porte passager. Malgré de nouvelles injonctions, l'homme de 37 ans aurait continué à braquer le gendarme sur la place passager de la voiture du PSIG, et aurait tiré deux fois. Les gendarmes auraient alors tiré à 6 reprises, blessant mortellement l'homme.

L'arme de l'homme abattu était chargée à blanc

L'enquête a permis de déterminer que l'arme de l'homme était "une réplique d'une arme de poing, tirant des munitions à blanc". Mais il ressort de cette même enquête que cette circonstance "ne pouvait cependant être connue des militaires au moment de leur intervention". L'état de légitime défense des gendarmes devrait donc être reconnu. Le parquet estime que leur réaction a été "strictement proportionnée et justifiée". 

La suite de l'enquête devrait notamment essayer de déterminer "les circonstances dans lesquelles l'automobiliste a agi et aurait pu volontairement provoquer les conditions de son décès".

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