Belfort : le gouvernement ne soutient pas les syndicats de General Electric qui demandaient la suspension du plan social

Une réunion a eu lieu ce 2 avril en préfecture entre les syndicats de GE et un représentant du ministère de l’Industrie. Même si un actionnaire français se porte acquéreur, l’Etat rejette le moratoire du plan social demandé par les syndicats. 

© Rémy Poirot - France Télévisions

Comme lundi 29 mars, les salariés de General Electric, inquiets pour l’avenir du site, se sont rassemblés ce vendredi 2 avril pour montrer leur colère face à la direction du groupe américain. Ils étaient environ 200 à 250 personnes.

Ils protestent contre la suppression de 200 postes prévus par le plan social pour la branche GE Steam Power, et le non-respect des accords de 2019 qui prévoyaient des créations de postes pour la branche turbines à gaz.

Le Territoire de Belfort, un avenir industriel ?

GE Steam Power emploie 1.800 personnes, dont 800 fabriquent des composants pour centrales nucléaires et centrales à charbon. Un quart des emplois de cette branche est menacé, soit 200 salariés. 

General Electric, c’était 4.800 emplois au moment du rachat en 2015, c’est aujourd’hui seulement 3.000 salariés selon les syndicats. Malgré cette réduction d’effectif, GE reste le premier donneur d’ordres du département et compte 90 entreprises sous-traitantes. L’économie du Territoire de Belfort reste à dominante industrielle forte : un emploi sur cinq se situe dans l’industrie.

C’est pourquoi la situation chez General Electric préoccupe décideurs économiques, politiques, syndicats et population. D’où l’importance de la réunion qui a eu lieu en fin de matinée entre le directeur de cabinet de la ministre de l’Industrie Agnès Panier-Runacher et les organisations syndicales, ainsi que le préfet du Territoire de Belfort, Jean-Marie Girier.

Le PSE serait justifié par le gouvernement, selon les syndicats

Un actionnaire français serait sur les rangs pour racheter le site de GE Belfort. En attendant, les syndicats demandaient la suspension du PSE, Plan de Sauvegarde pour l’Emploi. Mais le gouvernement ne les a pas suivis : il considèrerait qu’une partie des activités turbines à charbon étant abandonnée, le PSE serait justifié, selon les syndicats. Ainsi, il donnerait raison à la direction du groupe américain General Electric. Mais, selon la préfecture du Territoire, qui nous a contactés en fin de journée, l'Etat n'a pas vocation à intervenir dans un PSE, négocié dans une entreprise par la direction et les syndicats, et nie avoir qualifié ce plan de "justifié".

En revanche, l'Etat soutient les syndicats qui souhaitent une mise en place du PSE moins rude, avec des départs volontaires. Le représentant du ministère s’est montré rassurant aussi sur le marché des turbines qui ne se porterait pas trop mal et sur un éventuel retour de compétences sur le site belfortain.

Pour les turbines à gaz, une action en justice

Les syndicats accusent la branche turbines à gaz de ne pas respecter les accords signés en 2014 et en 2019 dans lesquels elle s’engageait à créer 1275 postes. Les syndicats CFE-CGC et Sud Industrie poursuivent donc leur direction en justice pour non-respect de ces accords.

Un nouveau rassemblement est annoncé pour vendredi prochain, le 9 avril.

 

 

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