FEUILLETON. Guerre de 1870 : on vous raconte la résistance héroïque de Belfort

Hiver 1870 : Belfort est assiégée par les Prussiens pendant 103 jours. Un événement qui va faire de la petite cité, encore alsacienne, le symbole d'une France héroïque et qui sera à l'origine son essor économique.
© L.Ducrozet

EPISODE 1 : Une ville qui se prépare au siège 

Après la capitulation de l'empereur Napoléon III  à Sedan (c'est lui qui a déclaré la guerre à la Prusse en juillet 1870), la jeune république tente de résister à l'avance des armées prussiennes. Belfort qui est déjà une place fortifiée se prépare activement à la Guerre. Près de 18.000 hommes participeront à la défense de la ville. La plupart sont des gardes mobiles, de jeunes appelés originaires d'Alsace, du Rhône, de Saône-et-Loire ou bien encore de Haute-saône. Ces "moblots" avec leurs uniformes bigarrés deviendront les héros de ce siège tout comme leur chef : Le colonel Denfert-Rochereau.
Feuilleton : 1870 le siège de Belfort 1/4 ©Avec Jérôme Marche, assistant de conservation au Musée d'Histoire de Belfort, Nicolas Vignos, président de l'association Belfort 1870-1871 et Aude Seillan, directrice des Archives départementales du Territoire de Belfort
150 ans après, Belfort commémore le siège de la ville qui commence le 3 novembre 1870 et se termine le 13 février 1871.
150 ans après, Belfort commémore le siège de la ville qui commence le 3 novembre 1870 et se termine le 13 février 1871. © Laurent Ducrozet


EPISODE 2 : 103 jours de résistance 

Le 3 novembre 1870, Belfort est encerclée par l'armée prussienne qui espère une reddition rapide. Mais le système de défense mis en place par Denfert-Rochereau est efficace. La guerre de siège et de tranchées qui commence sera terrible. Plus de 100.000 projectiles sont tirés sur la ville et ses environs entre décembre et février. Des centaines d'immeubles ou de maisons recoivent des obus que l'on voit souvent arriver ! Heureusement, la population d'environ 4000 habitants ne souffre pas de la faim, même si la situation sanitaire se dégrade rapidement.
Feuilleton : 1870 le siège de Belfort 2/4 ©Avec Nicolas Vignos, président de l'association Belfort 1870-1871, Jérôme Marche, assistant de conservation au Musée d'Histoire de Belfort et Lieutenant-Colonel Pierre Petey, délégation Militaire du Territoire de Belfort
 
150 ans après, les défenseurs de Belfort sont de retour à la Citadelle. En première ligne : les gardes mobiles surnommés "moblots" avec leurs tenues qui pouvaient varier selon les départements
150 ans après, les défenseurs de Belfort sont de retour à la Citadelle. En première ligne : les gardes mobiles surnommés "moblots" avec leurs tenues qui pouvaient varier selon les départements © L. Ducrozet
 

EPISODE 3 : Une armée au secours de Belfort

Alors que la ville résiste depuis des semaines, près de 140.000 hommes commandés par le Général Bourbaki  prennent la direction de Belfort en janvier 1871. Hélas, cette armée de "l'Est" mal préparée et paralysée par la neige va échouer à quelques kilomètres de la Citadelle. La bataille de la Lizaine ou bataille d'Héricourt sera l'un des derniers grands combats de cette guerre franco-prussienne. La retraite de Bourbaki restera célèbre et son armée en déroute trouvera refuge en Suisse voisine.
Feuilleton : 1870 le siège de Belfort 3/4 ©Avec Nicolas Vignos, président de l'association Belfort 1870-1871, Claude Canard, historien de la bataille de la Lizaine et Jérôme Marche, assistant de conservation au Musée d'Histoire de Belfort
© coll Musées de Belfort
 

EPISODE 4 : Belfort reste française

Le 28 janvier 1871, l'armistice est signé avec l'empire allemand créé à Versailles quelques jours plus tôt. Belfort se rend le 13 février. La ville a tenu jusqu'au bout face à des ennemis de plus en plus nombreux. Le bilan du siège est effrayant : 1.600 morts dont 300 civils, plus de 3.000 soldats blessés ou disparus côté français. Les Prussiens qui auraient perdu 2.000 hommes vont occuper la ville jusqu'en août 1873. Belfort, qui fait l'objet d'âpres négociations  lors du traité de paix de Francfort va pouvoir rester française, contrairement au reste de l'Alsace, et connaître un essor important. Le Lion de Bartholdi qui reste aujourd'hui encore la plus grande statue en pierre de France commémore la résistance heroïque de Belfort durant l'hiver 1870.
Feuilleton : 1870 le siège de Belfort 4/4 ©Avec Frédérik Alberda, responsable de l'Amicale du fort des Basses-Perches, Nicolas Vignos, président de l'association Belfort 1870-1871 et Jérôme Marche, assistant de conservation au Musée d'Histoire de Belfort
Les prussiens bombardent Belfort ses environs. Les français rispostent. Les premiers surnommeront d'ailleurs Belfort "Die toten fabrik" : la fabrique de mort !
Les prussiens bombardent Belfort ses environs. Les français rispostent. Les premiers surnommeront d'ailleurs Belfort "Die toten fabrik" : la fabrique de mort ! © Photographie Gerst et Schmidt; Coll Musées de Belfort
 
la citadelle de Belfort comme en 1870.
la citadelle de Belfort comme en 1870. © L.Ducrozet

Les défenseurs de Belfort de retour à la citadelle le temps d'un tournage 

Pour réaliser cette série de reportages, nous avons reçu le précieux soutien du personnel des musées de la citadelle de Belfort et de plusieurs associations: les Arquebusiers de l'est, la compagnie la Courbière et Belfort 1870-1871. Spécialistes des reconstitutions historiques, ces passionnés ont accepté de recréer au coeur de la citadelle des scènes évoquant le siège de la ville. La casemate du célèbre Colonel Denfert-Rochereau a même été soigneusement réaménagée pour l'occasion.

Le courrier d'un soldat à sa mère, porté par le vent

Lors du siège de Belfort,  des ballons ont été utilisés pour envoyer des lettres. Ces écrits portés par le vent sont aujourd’hui très rares. Le collectionneur Claude Gillet possède un superbe exemplaire d’une lettre d’un soldat à sa mère en date du  le 24 décembre 1870 :  extrait «  Ma chère maman. Je me porte toujours parfaitement. Nous sortons de table où nous avons fait un excellent dîner et bu de très bons vins malgré les bombes et les obus que l’on ne manque pas de nous prodiguer ».
 
© Collection C.Gillet

Un feuilleton de Laurent Ducrozet, Eric Debief, David Martin, Grégory Adnot, Joe Gutleben, Thomas Hardy, Hervé Coeffet et Stéphanie Chevallier.
Poursuivre votre lecture sur ces sujets
le feuilleton à l'antenne vos rendez-vous histoire culture armée société sécurité