General Electric Belfort : la direction du groupe américain fait un pas en arrière sur les délocalisations

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La réunion du comité de suivi qui s'est tenue le mercredi 27 mai à Belfort montre des signes positifs. L'intersyndicale avait demandé au gouvernement d'intervenir pour que le groupe ne profite pas de la crise du Covid-19 pour affaiblir encore un peu plus le site de Belfort.

L'intersyndicale avait tiré la sonnette d'alarme dans un communiqué publié le 14 mai.  L’intersyndicale CFE-CGC- CGT-Sud exigeait « l’intervention urgente de l’Etat français afin que GE respecte les engagements stipulés dans les accords de 2014 et 2019, et particulièrement l’accélération du projet industriel et de la GPEC (gestion  prévisionnelle des emplois et compétences) pour garantir la pérennité du site de Belfort... au lieu de délocaliser... avant qu’il ne soit trop tard ! ». En clair, selon l'intersyndicale, le groupe américain s'apprétait à délocaliser aux USA et en Arabie saoudite, la maintenance des rotors de turbines à gaz. Un projet d’adaptation de la charge des ateliers lié au contexte de la crise du Covid, selon la direction du groupe américain. L'intersyndicale craignait également que GE délocalise une partie des activités belfortaines en Hongrie, Pologne, Inde. Des projets contraires aux accords signés avec l’état français en 2014 lors de l’acquisition de l'activité turbines à gaz d'Alstom.

GE fait machine arrière


Le 3ème comité paritaire de suivi des accords du 21 Octobre 2019 qui a marqué la fin d’un conflit de 5 mois sur Belfort, s'est soldé par quelques avancées.

"La réunion du CSE du jeudi 28 mai de consultation sur le projet de transfert de 40000 heures de fabrications aux Etats-Unis et en Arabie Saoudite sera remplacée par une réunion de négociation sur l’augmentation de capacité pour réaliser 40000 heures supplémentaires de travail du site de Belfort d’ici la fin de l’année 2020 pour éviter la délocalisation" explique l'intersyndicale.

"Par ailleurs, le transfert en Hongrie de la ligne de production des composants est arrêté, conformément aux accords d’octobre 2019, compte-tenu de l’impossibilité de reconvertir des salariés dans les activités de diversifications au point mort comme l’aviation" précise le communiqué de l'intersyndicale.

Une nouvelle réunion du comité paritaire doit se tenir dans la dernière quinzaine de juin pour présenter le plan d’actions détaillés en termes d’emplois, investissement et budget sur les 10 axes de développement du projet industriel permettant de repositionner Belfort comme centre d’excellence 50 Hz, conformément aux accords d’octobre 2019.

Le site belfortain a perdu 455 emplois ces derniers mois suite au plan de suppressions d’emplois du groupe en France.


La présidente de la région Bourgogne Franche-Comté avait écrit à Bruno Le Maire


"Cela fait des mois qu'on veut discuter avec eux, et bizarrement devant le gouvernement, le position et le ton est beaucoup plus conciliant. Ce sont des heures et de l'énergie perdues. On aurait pu plutôt travailler sur comment augmenter nos capacités de production, plutôt que la direction nous présente un projet à la hâte de délocalisation, cela n'a aucun sens" a confié Philippe Petitcolin à France Bleu Belfort. Début mai, la présidente de la région Marie Guite Dufay avait écrit à Bruno Le Maire pour lui demander d'intervenir. Elle redoutait déjà des délocalisations et se disait inquiète pour les fournisseurs des sites GE de Belfort et Bourogne. Le groupe américain leur avait demandé dans un courrier en date du 20 avril de baisser les prix de 20% en raison de la pandémie de coronavirus Covid-19.