General Electric : une centaine de salariés bloquent l'entreprise à Belfort

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Écrit par Sarah Francesconi

Depuis 10 heures ce matin, une centaine de salariés de Steam Power, la filiale nucléaire de General Electric, bloquent les sites de l'entreprise. Les 400 ouvriers sont à l’arrêt. Ils dénoncent une injustice autour du versement des primes et l’absence de reconnaissance de leur travail.

À l’origine du mécontentement des salariés : le versement de 70 000€ de prime répartis entre les 10 cadres de la filiale alors même que les objectifs de l’année n’avaient pas été atteints. Les salariés, mobilisés depuis hier soir, avaient obtenu de la direction une réunion pour pouvoir discuter ce matin. Mais en se présentant à 10h c’est la désillusion : la réunion est annulée. À l’appel de la CGT les ateliers sont bloqués dans la foulée. 

“À la base on voulait juste discuter sereinement” explique Saïd Bersy, délégué syndical de la CGT, là on rentre dans un processus très dur. Il y a clairement un cynisme et un mépris de la direction à l’égard des salariés du site". 

"Il y a un manque de reconnaissance du travail des salariés"

Ce versement de primes aux cadres du site tombe plutôt mal pour ces salariés. “Il y a deux poids deux mesures” dénonce Laurent Santoire, délégué syndical CGT, “l’inflation pèse tous les jours sur des salariés qui viennent des quatre coins de la région pour travailler sur le site et pourtant les bénéfices vont aux autres et pas à eux”

On a l'impression d’être juste là pour la photo

Laurent Santoire, délégué syndical CGT

Ce sentiment d’injustice intervient dans un contexte post-campagne. Emmanuel Macron était venu en visite officielle sur le site pour y dévoiler son plan de relance du nucléaire en février dernier. Au milieu des salariés, le Président avait reconnu un “savoir-faire” et des “compétences” et leur avait assuré “la confiance de la nation dans la durée”.

Un reportage de J.Chevreuil, L.Brocard, A.Villoin et JP Maujard.

Trois mois après cette visite présidentielle, c’est la déception. Connus pour être au cœur de la fabrication du joyau industriel français, l’arabelle, la turbine à vapeur qui équipe le parc national français, les salariés se sentent aujourd’hui oubliés “On a l’impression d’avoir été là juste pour la photo” souffle Laurent Santoire, “ceux qui font la richesse de ce pays ne sont pas reconnus”. Un grand écart entre le battage médiatique de la campagne présidentielle et une réalité du terrain qui est tout autre : “on est là à galérer avec des fins de mois difficiles.”

Après une première journée de blocage les salariés restent déterminés et se sont organisés pour occuper le site tout le week-end en attendant que leur direction accepte la discussion initialement prévue ce matin. 

Contactée, la direction ne s'est exprimée que ce samedi 25 juin par l'intermédiaire d'un mail. "La direction de General Electric Steam Power à Belfort confirme que le site est actuellement bloqué illégalement. Nous souhaitons pouvoir engager un dialogue constructif et respectueux avec les salariés pour trouver une solution une fois le blocage levé".