Jules Brunet, le véritable dernier samouraï, est né... à Belfort !

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Quel est le point commun entre Belfort et le Japon ? C’est à Belfort que le dernier samouraï a poussé son premier cri. Guerrier légendaire, Jules Brunet est loin d’être le seul Belfortain à avoir nourri une passion pour les arts de combat japonais.

Jules Brunet, incarné à l’écran par Tom Cruise

Chevelure sombre, moustache "second empire" et regard acéré… Sur les photos qui nous sont parvenues de l’époque, Jules Brunet a le physique de celui qui ne plaisante pas.

On lui trouvera ou non une ressemblance avec Tom Cruise. Toujours est-il que c’est ce dernier qui a été choisi pour prêter ses traits à ce haut gradé français dans "Le Dernier Samouraï" d’Edward Zwick sorti en 2004. Ce film retrace, dans sa version hollywoodienne, le parcours de Brunet au Japon. 

L’histoire du dernier samouraï 

Né en 1938 à Belfort, ce lieutenant de la garde impériale de Napoléon III est envoyé au Pays du Soleil Levant en janvier 1867 pour conseiller le shogun Tokugawa Yoshinobu. Voyant son influence décliner face à celle des seigneurs locaux et de l’empereur, le shogun, qui détient depuis le 12ème siècle le pouvoir militaire et civil au Japon, demande à la France de lui enseigner ses techniques militaires modernes pour mettre fin aux luttes de pouvoir qui le menacent. Pour bénéficier du juteux commerce que représente l’archipel, Napoléon III accepte de traiter avec le clan Tokugawa. Il envoie quinze officiers pour former son armée aux techniques guerrières françaises. Brunet, ancien de Polytechnique qui a déjà fait ses preuves pendant la campagne du Mexique, est l’un d’entre eux.

En débarquant au Japon, Brunet découvre très vite une culture qui le fascine et apprend des Japonais autant qu’il leur enseigne. Il crée des liens avec ses élèves tout en découvrant l’univers des samouraïs, qui constituent le bras armé du shogunat.

Malgré l’aide apportée par la France, l’issue du conflit n’est pas favorable à Tokugawa Yoshinobu. Ses troupes sont rapidement battues par les forces impériales, soutenues par la Couronne Britanniques et ses puissants canons. 

Sa mission terminée, Brunet ne se résout pas à quitter ceux avec lesquels il a noué de forts liens d’amitié pendant ces longs mois d’entraînement. Il décide de rester au Japon et de s’engager dans la résistance contre l’Empereur. Ses supérieurs ferment les yeux. Il ne rentre en France qu’en 1869, après avoir tenté de créer la République d’Ezo, un État sécessionniste, avec d’autres rebelles. Sa carrière militaire se poursuit alors sans encombre. Brunet combat les Prussiens en 1870 et finit général de division et commandeur de la Légion d’honneur.

L’enseignement des arts martiaux traditionnels japonais

Aujourd’hui, dans la lignée de ce méconnu Jules Brunet, on continue à Belfort de manier le sabre, tels les samouraïs des temps féodaux. L’École de Combat de Belfort (ECB), fondée en 1949 par Serge Merlet et premier club d’arts martiaux traditionnels japonais dans tout l’Est de la France, abrite une section Armes – ou Kobudo en japonais – depuis les années 80.

Les élèves de cette école peuvent s’initier au sabre, ainsi qu’à d’autres armes traditionnellement employées par les samouraïs, comme la hallebarde, la lance ou le couteau.
Ces disciplines leur sont enseignées selon les principes de l’école Tenshin Shōden Katori Shintō Ryū, fondée au 15ème siècle et labellisée "trésor national" au Japon. Très connue au Japon, cette école qui se trouve être l’une des plus anciennes du genre, a essaimé ses préceptes dans le monde entier.

À Belfort, c’est Hervé Trutt qui dirige la section Kobudo du club, et il n’y a pas d’âge pour se glisser dans la peau d’un samouraï !

 On a des élèves qui ont 15-16 ans, mais ça va jusqu’à 70 ans 

Hervé Trutt

Seul compte, finalement, l’envie d’apprendre de ces valeurs japonaises séculaires.

Ce passionné de Japon et d’arts martiaux est 5ᵉ dan Menkyo Okuden Hatakeyama.
Chaque jeudi, il forme ses élèves à cet art martial basé sur la maîtrise de son corps et de son esprit, dans la plus pure tradition zen japonaise.

Texte de Léa Spegt.

La Tête à l'Endroit est à découvrir samedi 10 février à 19h et sur la plateforme france.tv dès à présent.

 

 

 

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