Passage de 23 à 12 jours de RTT par an : les salariés de l'usine Alstom, à Belfort, en grève

Mardi 9 janvier, 120 salariés de l'usine Alstom de Belfort (Territoire de Belfort) ont suivi l'appel à la grève diffusée par l'intersyndicale du site. Ils manifestent contre la suppression de 11 journées de réduction de temps de travail. Depuis le 1ᵉʳ janvier 2024, la direction a en effet réduit le nombre de RTT. Une nouveauté qui fait grincer les dents des employés.

"On nous vole des jours de congés". Voilà la phrase qui revient en boucle dans les bouches des salariés Alstom du site de Belfort (Territoire de Belfort). Ce mardi 9 janvier 2024 au matin, ils sont environ 120 à avoir débrayé dans les ateliers pour montrer leur mécontentement, à l'appel des trois syndicats du site (CFDT, CGT, CFE-CGC). Et pour cause, depuis le 1ᵉʳ janvier, les 295 employés du secteur production de l'usine (ouvriers et techniciens) ont vu leurs jours de RTT baisser drastiquement, passant de 23 à 12.

Pourquoi ? "La direction a justifié cela par des questions de compétitivité" explique André Fages, délégué syndical CFE-CGC. "Sur les autres sites d'Alstom en France, il y a 12 RTT. Ils nous ont dit que les 23 jours que nous avions, acquis de haute lutte en 1999, étaient un frein aux échanges avec les autres entreprises du groupe".

Un passage de 39h travaillées à 37h sans effet ?

Pour compenser ces jours de RTT supprimés, la direction a bien sûr allégé le nombre d'heures travaillées par semaine de ses employés, qui passe de 39h à 37h. Une "manipulation sans effet" pour Eddy Cardot, délégué syndical central adjoint CGT. "Par jour, le passage aux 37 heures nous fait 20 minutes de travail en moins" explique-t-il. "Mais ce temps gagné est posé sur la pause du midi, qui passe de 40 minutes à une heure. On ne part pas plus tôt du site le soir !"

En réalité, l'amplitude horaire sur notre lieu de travail est inchangée, on ne voit pas les effets de la baisse du temps de travail.

Eddy Cardot,

délégué syndical central adjoint CGT

Et le responsable CGT de pointer du doigt une décision économique infondée. "Pour l'entreprise, les jours fermés représentent des manques à gagner" reprend Eddy Cardot. "On nous dit que nous sommes dans une période de restriction budgétaire, alors que les carnets de commande sont pleins. Cela n'a pas vraiment de sens".

"L'argument de dire qu'on sera plus compétitif avec 12 jours est faux" complète André Fages. "Au milieu des années 2000, alors qu'on était encore sous 39 heures, on sortait entre 4 et 5 fois plus de locomotives qu'aujourd'hui". 

Grève d'une journée décidée par les salariés

Les syndicats regrettent également la manière dont ce changement a été amené au sein de l'entreprise. "Il n'y a eu aucune concertation" explique Eddy Cardot. "On a eu deux réunions en novembre et décembre 2023, mais impossible d'en débattre. Pourtant, sur le temps de travail, on aurait pu discuter. Résultat, ils ont officialisé cela la veille des vacances de Noël, sans négociations possibles".

Contactée par France 3 Franche-Comté, la direction du site a assumé cette "réorganisation des temps de travail", prévue dans le "plan de progrès du site" pour "rester compétitifs".

En 1999, un accord avait été signé entre la direction et les organisations syndicales de l'époque. Celui-ci permettait cette réduction du nombre de RTT. D'ailleurs, nous en discutons avec les employés depuis septembre 2023. Nous sommes conscients que le contexte n'est pas idéal, mais on fera tout pour que les discussions aboutissent.

direction d'Alstom Belfort

Les salariés, quant à eux, ont décidé de faire grève toute la journée du 9 janvier et ont bloqué les camions souhaitant sortir du site. Pour rappel, en novembre 2023, la direction d'Alstom avait annoncé la suppression de 1 500 emplois sur les 70 000 postes dans le monde ainsi que la vente d'actifs.

Pour l'instant, les syndicats ne savent pas si certains postes du site de Belfort sont menacés. Cette information sera communiquée par la direction le 7 février prochain. 

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