EUROCKÉENNES. Puscifer ouvre les portes d'un enfer intergalactique sous le chapiteau Greenroom

Fascinant, déjanté, ultraclasse et sans limites : voilà comment décrire le show des américains Puscifer aux Eurockéennes de Belfort. Une expérience singulière, vaporeuse, où les extraterrestres existent. Si l’enfer ressemble à cela, on signe demain.

Ils étaient l'un des trois groupes à voir absolument au Hellfest. Bien plus qu’un concert, le show de Puscifer c’est une œuvre d’art. Selon Maynard James Keenan, le chanteur à la discographie longue comme le bras (Tool, A Perfect Circle), "Puscifer […] est comme un terrain de jeu pour les différentes voix dans ma tête, un endroit vierge, sans but précis, où mon identité, mon égo, et mon esprit se retrouvent pour échanger des recettes de cookies". Quand on sait en plus que Nine Inch Nails, Rage Against the Machine, Primus ou même Milla Jovovitch (et oui !) sont passés par le projet, il n’en fallait pas plus pour attiser notre curiosité.

"Nous sommes seulement un groupe de rock !"

Ça commence sur les écrans de fond de scène par un décompte futuriste, énoncé par une femme que l'on dirait tout droit sortie de "Mars Attacks", façon Andy Warhol. Puis le groupe entre en scène, costards et lunettes noires. Maynard annonce d'emblée : "Nous ne sommes pas une agence secrète du gouvernement créée pour éradiquer les aliens, nous sommes seulement un groupe de rock !"

Dès les premiers morceaux, on sent que la recherche sonore electro rock, parfois proche du glam, est impressionnante. En apparence, les mélodies semblent toutes simples, nimbées de nappes planantes, mais en tendant l’oreille on se rend vite compte que chaque mesure est arrangée, ciselée, un vrai travail de dentelière musicale.

Les harmonies vocales de Maynard James Keenan et Carina Round sont impeccables, atmosphériques. Les textures de guitare de Mat Mitchell viennent s'enrouler dans le groove de la fretless du bassiste Greg Edwards. Et Gunnar Olsen, le batteur, n'est clairement pas un adepte du poum-tchak. Son jeu est tout simplement fantastique, à chaque morceau il déroule un pattern plus surprenant que le précédent.

Une scénographie incroyable

Musicalement on est sur du très haut vol et la scénographie fait écho à ce degré d'excellence. Le spectacle est magnifique : les chorégraphies, les jeux de scène, les lumières... Les vidéos qui passent dans les écrans sont dignes d'un musée d'art contemporain. Tout est millimétré, scénarisé, époustouflant. Même quand le batteur se recoiffe, on a l'impression que ça fait partie du show. Avec l'arrivée sur scène des clones / aliens, on se croierait au cinéma. Un film dont on aurait très envie de voir la suite : que vont faire les personnages ? Comment va évoluer l'intrigue ?

Sur scène, entre les musiciens et les envahisseurs, ça se termine en bataille de sabres et de pistolets laser. Un dernier morceau, "The Remedy", que le public chante en choeur. Mon voisin est ému : ça fait 15 ans qu'il écoute Puscifer, c'est la première fois qu'il les voit. "Si vous me demandez ce que j'en pense, je ne pourrais pas être objectif !" Personnellement j'ai essayé... Et en toute objectivité, c'est probablement l'un des plus beaux concerts qu'il m'ait été donné de voir !

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