Yonne : Jean-Baptiste Lemoyne reste au gouvernement

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Écrit par M. F. avec AFP

 Jean-Baptiste Lemoyne conserve un secrétariat d'État dans le gouvernement Castex. L'Icaunais est chargé du Tourisme, des Français de l'étranger et de la Francophonie.

Le gouvernement de Jean Castex est désormais au complet, avec l'annonce des secrétaires d'État en fin de journée dimanche 26 juillet. L'Icaunais Jean-Baptiste Lemoyne, déjà secrétaire d'État depuis 2017, reste au gouvernement.

Il est désormais chargé du Tourisme, des Français de l'étranger et de la Francophonie. Seul parlementaire LR à avoir soutenu ouvertement Emmanuel Macron avant le premier tour de la présidentielle, il avait vu son audace récompensée en devenant secrétaire d'État auprès du ministre de l'Europe et des Affaires étrangères en juin 2017. Il était notamment déjà chargé du tourisme et de la francophonie, mais aussi du commerce extérieur.

Depuis mars, il jouait les pompiers sur l'un des secteurs les plus ravagés par la crise, s'employant à relayer les préoccupations des professionnels du tourisme, conviés à un comité de filière hebdomadaire. Il a organisé le rapatriement de 190 000 touristes français bloqués à l'étranger par la pandémie de Covid-19.

"Son équipe ne compte que cinq personnes, c'est très 'light' pour gérer une telle crise", souligne la députée de la Sarthe Pascale Fontenel-Personne (apparentée LREM). "C'est vraiment un bosseur, il prend les sujets à bras-le-corps", estime Jean-Pierre Mas, président des Entreprises du voyage, pour qui le secteur a eu "une chance inouïe d'avoir un interlocuteur unique, qui s'est battu" notamment pour la création d'un avoir, évitant aux professionnels de vider leur trésorerie pour rembourser les consommateurs.

"Très bon capitaine d'équipe" dans la crise, il est "à l'écoute, totalement investi dans sa mission, et n'a rien lâché", renchérit Roland Héguy à la tête de l'Umih, qui fédère l'hôtellerie et la restauration. Apprécié pour son "humeur égale", son côté "accessible, sans prétention", il est aussi vu comme un "faux gentil" capable "de mettre les points sur les I quand c'est nécessaire", selon des professionnels.

En couple avec la sénatrice socialiste des Pyrénées-Atlantiques Frédérique Espagnac, il affirme en décembre à Paris Match être "tombé deux fois amoureux" et faire des "allers-retours Paris-Biarritz presque aussi facilement que si je prenais le métro !".

Rêvant de s'ancrer au Pays basque, il intègre la liste du maire MoDem de Biarritz, Michel Veunac pour les élections municipales. Las, il se retrouve en concurrence avec le ministre de l'Agriculture Didier Guillaume : fin janvier, tous deux jettent l'éponge sur ordre d'Emmanuel Macron"J'ai fait l'effort de ne pas me présenter" à la demande du président, dira-t-il sans masquer sa déception, pour résoudre une "situation absurde".
 

Dans l'ombre de Jean-François Copé

Engagé dès l'âge de 19 ans au Parti républicain, qui deviendra Démocratie libérale, il se présente aux municipales à Paris en 2001, et devient conseiller d'opposition. L'année suivante, il est recruté, à 25 ans, dans l'équipe de Jean-François Copé, à l'époque secrétaire d'État aux Relations avec le Parlement et porte-parole du gouvernement. Il le suit quand il devient ministre délégué à l'Intérieur, puis au Budget où il est son attaché parlementaire jusqu'en 2007.

Lorsque Jean-François Copé prend la présidence du groupe UMP à l'Assemblée nationale, Jean-Baptiste Lemoyne devient secrétaire général délégué du groupe, un poste où il reste sept ans, d'abord auprès de M. Copé, puis de son successeur Christian Jacob.

En 2014, son parti lui refuse l'investiture à la sénatoriale dans l'Yonne, d'où est originaire sa famille, en raison de sa proximité avec Jean-François Copé. Une "injustice", dira-t-il, contre laquelle il se "présente avec un projet de moralisation et de transparence de la vie politique, en cohérence avec la démarche actuelle de Macron".

Élu au Sénat dont il est l'un des benjamins, il s'apparente au groupe UMP, qui deviendra LR et fait partie de la commission des Affaires sociales où ce fils de militaire est rapporteur pour avis sur la mission "Anciens combattants, mémoire et lien avec la Nation".

En macronie, il dit avoir trouvé "des convergences sur les questions économiques, sociales, et même régaliennes", avec le centre droit auquel il dit appartenir et n'avoir "pas le sentiment d'avoir trahi quoi que ce soit". "Aux primaires de la droite, j'ai soutenu Alain Juppé en pensant qu'il fallait un président fédérateur". "Et François Fillon, ce n'était plus possible" après les affaires.
 
Guillaume Larrivé n'entre pas au gouvernement
Le député LR de l'Yonne Guillaume Larrivé, d'abord très critique au début du quinquennat, s'est montré de plus en plus Macron-compatible. Il y a quelques jours, il était le seul député du groupe Les Républicains à voter la confiance au gouvernement de Jean Castex.

"L'intérêt de la France, c'est d'assurer le sauvetage de notre économie nationale, de mieux respecter les équilibres écologiques et territoriaux et de restaurer l'ordre républicain. Parce que je suis un homme libre, je suis d'autant plus déterminé pour souhaiter que le chef de l'État et le nouveau gouvernement réussissent à protéger les Français", déclarait-il dans un entretien au Figaro publié jeudi 22 juillet.

Guillaume Larrivé ne figure pas sur la liste des onze secrétaires d'État du premier gouvernement Castex.