Qui était l'abbé Deschamps ? On vous amène sur les traces du fondateur de l'AJ Auxerre

Le stade de l'AJ Auxerre (Yonne) porte son nom, mais lorsqu'on évoque l'abbé Deschamps, difficile de se rappeler qui il était vraiment. Fondateur du club en 1905, il a dédié sa vie à encadrer les jeunes et à leur transmettre tout un système de valeurs à travers la pratique du sport et les loisirs.

"C’était un ancien joueur de l’AJA peut-être ?", "Je ne me rappelle plus qui c’était. C’était probablement un religieux !". Son nom s’affiche partout sur les parvis du stade de l’AJ Auxerre… mais pas tout le monde n’est capable de dire qui était précisément l’abbé Deschamps.

Ce personnage est pourtant indissociable du club auxerrois. Quand on parle de l’AJ Auxerre, on pense peut-être en premier à Guy Roux, Eric Cantona ou Djibril Cissé, mais vient très vite en tête celui qui a donné son propre nom au stade.

Fondateur de l'AJA en 1905

"L’abbé Deschamps, c’est le fondateur du club", se souvient finalement un supporter de l’AJA qui a bien révisé ses livres d’histoire. Car c’est bien cela : Ernest-Théodore Valentin Deschamps, de son vrai nom, a posé les bases du club en 1905.

Né en 1868 à Villiers-sur-Tholon (Yonne), ordonné prêtre à 32 ans, il dirige le patronage paroissial d’Auxerre, avec la volonté d’encadrer les jeunes défavorisés à travers le sport. Le rêve de l’abbé Deschamps : réunir des jeunes de toute condition et de tout âge. Alors que la loi de 1905 ancre la séparation de l’Eglise et de l’Etat, il se plie à la République, et le patronage devient l’Association de la Jeunesse Auxerroise.

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Sur les traces de l'abbé Deschamps ©Louis Malléjac / France Télévisions

"Il voulait s’occuper de jeunes qui étaient là, sur la ville d’Auxerre, parce que les parents étaient à l’usine. Il regardait l’horizon. Il regardait la gym, le théâtre, le cinéma, qui existaient déjà. Mais il a vu poindre le foot et s’est dit qu’il ne fallait pas priver les Auxerrois de cela", détaille Père Joël Rignault, directeur des œuvres de l'AJA, au micro de Louis Malléjac.

Du football, mais aussi du théâtre, des colonies de vacances et de la gymnastique

Au fil des décennies, la section football de l’AJ Auxerre gravit les divisions, jusqu’à régner sur le football français. 1996 : les hommes de Guy Roux remportent le championnat et la Coupe de France. Mais pour l’abbé Deschamps, le plus important était ailleurs.

Gérard Garnesson fait partie de ces jeunes enfants ou adolescents qui ont gravité au sein de l’AJA. C’est grâce à l’abbé qu’il a participé à ses premières colonies de vacances. "Toute la jeunesse était importante pour lui. Il était excessivement sympathique, il parlait à tout le monde. Je suis marqué par l’abbé Deschamps. Il m’a apporté des valeurs".

Il fallait se tenir, car s’il s’apercevait qu’on avait triché ou qu’on avait été un petit peu brutal, il arrivait et il nous faisait une cigarette avec les oreilles, je peux vous dire qu’on s’en souvenait

Gérard Garnesson, ancien membre de l'AJ Auxerre

Colonies de vacances donc, mais aussi athlétisme, théâtre, pétanque, les activités proposées par l’AJ Auxerre sont nombreuses. Certaines ont disparu depuis comme la préparation militaire ou l’escrime. Mais, dans l’ombre du football, certaines ont su résister à l’épreuve du temps.

C’est le cas de la gymnastique. La section a été ouverte aux filles en 1939 et elle continue d’accueillir les jeunes auxerroises. "L’abbé Deschamps mettait l’accent sur les performances techniques et la représentation. C’est quelque-chose qui a perduré. Il faut faire face à toutes les frustrations que ce sport peut amener. Mais par contre il y a beaucoup de cohésion et une entraide énorme", explique Eve Guilbert, présidente de la section AJA de gymnastique.

En 2024, plus de 73 ans après la mort de l’abbé Deschamps, les gymnastes de l’AJA continuent d’apprendre les valeurs qui lui étaient chères. "Il faut être persévérant, il ne faut jamais s’arrêter. On essaye une fois et si ça ne fonctionne pas, il faut réessayer jusqu’à ce qu’on y arrive. L’amitié c’est aussi très important pour ne pas être seul et se sentir entouré", confie Nisrine Idrissa, gymnaste à l'AJA.

Son nom est resté à la postérité à travers le stade de football de l’AJ Auxerre, mais son héritage semble aller bien au-delà. L’abbé Deschamps, c’est la transmission d’un système de valeurs et un rêve : développer le mental des jeunes, les aider à dépasser leur condition à travers la pratique du sport.

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