"En mode sexe-tour" : des membres d'un réseau de proxénétisme chinois arrêtés dans l'Yonne

Neuf personnes soupçonnées de faire partie d'un réseau de proxénétisme chinois ont été arrêtées la semaine dernière dans toute la France. Cinq femmes et quatre hommes ont ainsi été appréhendés le 12 décembre à leurs domiciles respectifs ou sur des lieux de prostitution, notamment à Sens dans l'Yonne.

C'est une enquête qui avait débuté en 2021 après une plainte déposée à Toulon (Var). Une victime d'un réseau de proxénétisme avait sauté le pas "après de graves violences de sa proxénète", explique Lénaïg Le Bail, la cheffe de l'Office central pour la répression de la traite des êtres humains (OCRTEH), à l'Agence France Presse (AFP).

Le 12 décembre dernier, neuf individus ont été interpellés à leurs domiciles situés en Seine-Saint-Denis et dans les Hauts-de-Seine, ou sur des points de prostitution à Sens (Yonne) et à Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme). Les suspects, cinq femmes et quatre hommes âgés de 35 à 50 ans, sont soupçonnés d'appartenir à un réseau de proxénétisme chinois qui sévissait dans toute la France "en mode 'sexe-tour'" selon une source policière retranscrite par Radio France.

Quatre victimes entendues

Selon une source policière, "quatre victimes ont été entendues", alors qu'une autre source "proche de l'enquête" faisait état "d'une dizaine de victimes, souvent en situation irrégulière", certaines âgées entre 49 et 54 ans.

Lénaïg Le Bail a assuré à l'AFP que les victimes, toutes issues de la communauté chinoise, pouvaient faire des passes "à la chaîne, potentiellement toute la journée". Les prestations avaient lieu dans des appartements loués à différents endroits de l'hexagone. La Police judiciaire estime qu'une dizaine de femmes pouvaient être exploitées à la fois.

Un mode opératoire rodé

Les victimes étaient recrutées sur les réseaux sociaux, selon les éléments révélés par l'enquête. Les proxénètes usaient de fausses annonces sur des sites de rencontres spécialisés pour trouver des clients et établir un agenda des prestations tarifées pour les victimes. Les bénéfices du réseau étaient ensuite blanchis par des "shoppers" : deux étudiants qui faisaient office d'intermédiaires.

"Les proxénètes récupéraient leur argent via des virements bancaires en Chine", moyennant une commission. De leur côté, les "shoppers" réinjectaient l'argent "en achetant des biens de luxe en France avant de les revendre en Chine à des prix plus élevés", a décrit la cheffe de l'OCRTEH à l'AFP.

Des perquisitions ont permis de saisir 240 000 euros de foulards, bijoux et sacs à main de luxe et 60 000 euros en argent liquide et présent sur des comptes bancaires. Les suspects sont placés en détention provisoire pour le moment.