"Vous avez profité de la misère humaine" : un réseau de prostitution démantelé à Dijon et Chalon-sur-Saône

Cinq prévenus ont été condamnés ce mardi 14 novembre devant le tribunal judiciaire de Dijon (Côte-d'Or), pour proxénétisme aggravé et aide à l'entrée d'un étranger en France.

"Vous avez profité de la misère humaine, et réalisé des actions contraires à toute dignité", assène le procureur de la République, Olivier Caracotch, dans son réquisitoire. Ce mardi 14 novembre, le tribunal judiciaire a étudié le cas de huit prévenus dans une affaire de proxénétisme aggravé, et d'aide à l'entrée ou au séjour irréguliers d'un étranger en France.

Un réseau ancré dans la région

Les faits ont été commis entre janvier 2017 et le 23 juin 2020 à Dijon et Chalon-sur-Saône. À cette époque, Nicolas Marco G.M, Cubain, va construire un réseau de prostitution, en permettant l'entrée de plusieurs Cubaines pour les prostituer. Une femme, entendue lors d'une audition, évoque même des violences subies de la main de cet homme. "Cela montre jusqu'où il était prêt à aller pour gagner de l'argent", tance Olivier Caracotch lors de ses réquisitions.

Autre personne-clé dans la mise en place de ce réseau en Bourgogne : John Michet L.H. Il est accusé de proxénétisme aggravé sur une durée de trois ans. Lors de l'audience ce mardi, il reconnaît avoir abrité des ressortissantes cubaines pour qu'elles puissent se prostituer dans une de ses chambres.

Il les a également aidées dans la mise en place des annonces sur le site sexemodel.com, moyennant une somme d'argent. Son avocat, maître Cabannes, a d'ailleurs confirmé cette accusation, citant un message qu'il avait reçu d'une des victimes : "Les gens qui gèrent ce site ne sont pas sérieux, il est impossible de travailler."

John Michet L.H, vêtu de noir lors de l'audience, est par ailleurs directement connecté à un autre accusé : Giraldo H.L, ami de longue date. Il a prêté son appartement pendant une semaine, à sa demande, pour qu'une des victimes se prostitue.

Problème d'amitiés et addictions au cœur du dossier

Dans sa plaidoirie, maître Cabannes précise que le dossier de son client ne "revêt pas les pires aspects de la prostitution". Selon lui, les femmes présentes au domicile de John Michet L.H "se sentaient en sécurité". Certaines ont même lié des relations que l'accusé et son avocat ont qualifiées d'amicales, voire plus.

Un SMS cité par l'avocat montre, selon lui, qu'il avait fait venir une de ces femmes cubaines pour se marier. "Déjà une semaine qu'elle est là, une semaine que nous ne nous sommes pas embrassés. Je ne vais pas rester en couple avec quelqu'un qui ne veut pas de moi", lit-il sous le regard de son client.

De son côté, maître Sarah Bouflija, avocate de Giraldo H.L, appuie sur les addictions et divorce de son client pour expliquer ses gestes. "À l’époque, il commençait à boire à neuf heures du matin. Ses addictions ont entraîné son divorce. Il s'est donc retrouvé sans argent et sans travail." Aujourd'hui, il s'est remarié, est père de trois enfants, mais surtout a suivi des cures et s'est fait hospitaliser.

Pour autant, ces arguments n'ont pas séduit la cour. Nicolas Marco G.M écope de trois ans dont un avec sursis, 10 000 € d'amende et une interdiction de territoire de dix ans. John Michet L.H est condamné à deux ans d'emprisonnement dont un avec sursis, et une amende de 7 000 €. Giraldo H.L, lui, est condamné à 4 mois avec sursis et 300 € d'amendes. Trois autres prévenus ont été relaxés, les autres écopent d'amendes ou de sursis.

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