Migennes : les cheminots reconduisent la grève pour défendre leur statut

Contrôleurs et cheminots de la SNCF de Laroche-Migennes dans l’Yonne étaient réunis en assemblée générale ce matin. Ils ont voté pour la reconduite de la grève pour le 10ème jour consécutif.

Par M.B avec AFP

Dans l'Yonne, la gare de Laroche-Migennes est presque paralysée depuis le début de ce mouvement. Les agents de la SNCF en grève se battent contre le déclin de leur statut, en particulier l’abandon de la planification du roulement qui se faisait 6 mois à l’avance. Ce matin, jeudi 9 mai 2016, près d’une 100aine de conducteurs et contrôleurs de la SNCF étaient réunis à Laroche-Migennes pour décider de la suite du mouvement. A une grande majorité, ils ont décidé de poursuivre le mouvement.

Grève à la SNCF
A Migennes, les contrôleurs et les cheminots ont reconduit la grève. Reportage de Sébastien Kerroux et Claude Heudes et Laurence Crotet-Beudet avec Olivier Fenouillet, secrétaire général SUD Laroche-Migennes et Osvaldo Cerqueira, secrétaire général CGT Laroche-Migennes - France 3 Bourgogne


La mobilisation perd du terrain

La grève à la SNCF a été reconduite à vendredi, pour une dixième journée consécutive, par de nombreuses assemblées générales, mais pas toutes, et des sections locales CGT ont parfois appelé à la suspension, selon les informations recueillies jeudi par les bureaux de l'AFP. Depuis le 1er juin, la grève lancée par la CGT-Cheminots, SUD-Rail et FO (non représentatif), pour défendre les conditions de travail des cheminots et demander le retrait de la loi travail, est reconduite de jour en jour, malgré un accord, mardi, consacrant le régime de travail actuel à la SNCF. Jeudi, la direction recensait encore 7,9% de personnels mobilisés, tous métiers confondus. Le mouvement reste très suivi par les personnels roulants.

La grève a été reconduite sur de nombreux sites

La grève a été revotée pour 24 heures dans toutes les gares ou établissements franciliens (sauf par les contrôleurs de la gare de Lyon), à Marseille, Saint-Etienne, Bourg-en-Bresse, Amiens, en Bretagne, Loire-Atlantique, Puy-de-Dôme et Cantal, selon des délégués SUD ou CGT. Mais cette fois, les scrutins ont été plus serrés. A Nantes, par exemple, selon la CGT-cheminots locale, 58% des votants se sont prononcés pour la reconduction, contre 95% la veille. D'après SUD-Rail, la CGT nantaise avait appelé juste avant à suspendre le mouvement, une consigne répétée, d'après le syndicat contestataire, "à plusieurs endroits".

La grève devrait être suivie pour l'ouverture de l'Euro-2016

Officiellement, la fédération CGT-cheminots ne donne pas de mot d'ordre et s'en remet aux "assemblées générales souveraines" pour décider des "suites". Parallèlement, elle a commencé à consulter ses adhérents, avant de faire connaître sa position sur l'accord interne, signé par l'Unsa et la CFDT. Dans la Nièvre, les cheminots ont décidé de reprendre le mouvement, à deux voix près, selon un représentant national SUD-Rail, qui dénonce une "manoeuvre de la CGT". En Haute-Loire et dans l'Allier, les avis étaient également très partagés. A Paris, les assemblées générales des zones Paris Nord et Paris Sud-Est ont, selon SUD, revoté la grève pour deux "temps forts" : vendredi, jour de l'ouverture de l'Euro de football, et le 14 juin, pour soutenir la grande manifestation nationale à l'appel de l'intersyndicale des opposants à la loi travail. Entre ces deux dates, les cheminots vont "reprendre le travail".

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