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Procès Sophie Lionnet : Sabrina Kouider dit avoir agi “comme un zombie”

La cour criminelle d'OId Bailey, où a lieu le procès du meurtre de Sophie Lionnet. / © NIKLAS HALLE'N / AFP
La cour criminelle d'OId Bailey, où a lieu le procès du meurtre de Sophie Lionnet. / © NIKLAS HALLE'N / AFP

La coaccusée du meurtre de Sophie Lionnet a admis avoir agi "comme un zombie" ce mardi lors de son procès à Londres. Sophie Lionnet, qui a longtemps vécu dans l'Yonne, était jeune fille au pair pour un couple de Français. Son corps carbonisé a été découvert dans leur jardin en septembre 2017.

Par M. F. avec AFP

Sabrina Kouider a reconnu mardi avoir agi "comme un zombie" pour terrifier et faire avouer à sa jeune fille au pair, Sophie Lionnet, qu'elle complotait contre sa famille, lors de son procès pour le meurtre de la jeune Française à Londres.

Le procureur, Richard Horwell, a longuement interrogé la mère de famille de 35 ans sur ses intentions, avec son compagnon et co-accusé Ouissem Medouni, lors des interrogatoires qu'ils faisaient subir à la jeune fille, parfois jusqu'au petit matin.

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"J'étais comme un zombie, traumatisée", a répondu Sabrina Kouider, des sanglots dans la voix. "Je n'étais plus moi-même, j'étais effrayée, je ne dormais plus".

Pendant des semaines, les deux accusés ont fait subir à la jeune fille au pair de violents interrogatoires, persuadés qu'elle complotait avec Mark Walton, un ancien compagnon de Sabrina Kouider, pour mener des agressions sexuelles sur les membres de sa famille à leur domicile du sud-ouest londonien.


Il fallait "qu'elle sache ce qu'on fait aux pédophiles", a dit l'accusée. "Je ne dis pas que c'est normal, ce n'est pas bien, mais elle mentait continuellement", a-t-elle soutenu. Cependant, selon elle, Sophie Lionnet "était effrayée mais pas par moi, par Medouni".

De même, sur la question du retour de la jeune fille en France, elle a soutenu avoir voulu lui acheter un billet pour lui permettre de rentrer chez elle, dans la région de Troyes, sans que Medouni ne le permette.

"J'ai réservé un billet mais je n'ai pas procédé au paiement, je le regrette", a-t-elle raconté. "J'ai dit (à Ouissem Medouni) 'prends ta carte de paiement, et paie, je veux qu'elle rentre'".

"Nous avions des conversations"

Au procureur Richard Horwell qui lui demandait pourquoi elle n'a pas terminé elle-même la démarche, Sabrina Kouider a rétorqué : "j'avais à faire avec les enfants, je ne pouvais pas".

Alors que M. Horwell a souligné la contradiction qu'il y avait à faire dormir Sophie Lionnet dans la chambre des deux enfants de Sabrina Kouider, malgré les accusations qu'elle portait contre la jeune fille au pair, elle a simplement répondu : "C'est une question que je me suis posée chaque jour jusqu'à aujourd'hui".


Les enquêteurs ont retrouvé dans son téléphone un enregistrement de son fils qui lui racontait un rêve dans lequel Sophie Lionnet le poignardait. "Pourquoi n'avoir pas déménagé la jeune fille après ce récit ?", a interrogé le procureur. "Ce n'était qu'un rêve", a-t-elle écarté.

À partir de la rentrée scolaire de septembre 2017, Sophie Lionnet n'avait plus été vue accompagnant ou venant chercher les enfants à l'école, comme elle le faisait l'année scolaire précédente.

"Comme tous les parents, je voulais accompagner mes enfants pour leur premier jour d'école", a justifié l'accusée.

Elle n'a pas expliqué pourquoi Sophie Lionnet, dont c'était le travail, ne les a pas accompagnés les jours suivants. Le procureur a suggéré que c'était parce que le couple avait commencé à faire usage de "violence réelle", physique à son encontre, lui causant "des fractures".



"Je ne la malmenais pas", a-t-elle répondu. "Nous avions seulement des conversations". Le corps carbonisé de Sophie Lionnet avait été retrouvé le 20 septembre 2017 par les pompiers, dans le jardin du couple.

Les plaidoiries de la défense doivent commencer à partir de mercredi et jusqu'à jeudi soir.

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