Pourquoi lancer le défi Bro Gozh ?

France 3 Bretagne lance le défi Bro Gozh en plein débat sur le redécoupage territorial. Provocateur ? Militant ? Subversif ? Non. Simplement une proposition de jouer ensemble. Explications.

Le défi Bro Gozh est lancé sur le web et les réseaux sociaux. Il s’agit de revisiter l’hymne de la Bretagne, se l’approprier, s’en servir comme support pour une libre interprétation artistique : entre amis ou en famille, en solo, a capella ou en groupes musicaux. Pouvoir même pousser le bouchon, en proposant des interprétations décalées, drôles ou insolites. Et ensuite, le partager.


Un  tour du monde à la clé


Le but du jeu ? Faire le buzz sur la toile pour totaliser le maximum de soutiens sur sa vidéo. A l’issue du concours, les 10 vidéos les plus vues sur le web seront sélectionnées dans chaque catégorie. Un  jury désignera ensuite la vidéo gagnante du concours. Le ou les lauréats se verront offrir un tour du monde de 21 jours pour deux personnes et 5 destinations ! A charge d’interpréter le Bro Gozh à chaque étape, afin de clore l’aventure.

Voilà, c’est tout. Ce jeu, c’est avant tout une proposition à passer un bon moment en famille ou entre amis pour relever le défi ! Interprétation vocale ou musicale, lip dub, cup song, vidéo réalisée sur la bande son revisitée par Attababy, etc. Tout est permis !

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L’occasion d’apprendre


Au-delà du jeu, tous ceux qui le souhaitent pourront donc apprendre l’hymne de la Bretagne, le « Vieux Pays de mes Pères ». J’en vois déjà qui froncent les sourcils. Pourquoi apprendre un chant, rédigé par François Jaffrenou au 19ème siècle à partir de l’hymne gallois ; ce même Jaffrenou ayant appartenu à  la minorité collaboratrice bretonne sous l’occupation ?

Et bien, soit ! Ce défi sera donc aussi l’occasion pour chacun de parcourir, s’il le souhaite, les innombrables contributions qui circulent sur la question. Et de se faire sa propre opinion. Et au final, on laissera le Bro Gozh occuper la place qu’on veut bien lui accorder.

Car pour beaucoup, à l’instar du Gwenn-ha-Du qui flotte dans le monde entier grâce notamment au Breizh Flag Trip Tour, le Bro Gozh peut aussi s’appréhender comme l’expression d’une simple fierté d’appartenance à la Bretagne.  Une fierté qu’on chante aujourd’hui un peu partout, dans de nombreuses occasions, dans tous les milieux, en toute décontraction, loin de toute considération politique. N’en  déplaise à tous ceux qui voudraient y voir la manifestation d’une dérive autonomiste. 


Eviter la récupération


Depuis quelques mois et la crise des Bonnets Rouges, on ne compte plus en effet les écrits sur une prétendue régression "éthniste" ou régionaliste d’une frange de la population bretonne, sous couvert d’un supposé repli identitaire, agitant même le spectre d’une tentation nationaliste.

Or, faut-il rappeler qu’en Bretagne, la double identité française et bretonne est depuis belle lurette affirmée par l’ensemble de la population ? En 2008, une grande enquête du CNRS, sur le thème de la « Citoyenneté régionale » avait été  initiée par la Fondation Européenne pour la Science. Résultat ? 94,3% des Bretons se disaient très attachés (65,2%) ou assez attachés (29,1%) à leur région. Et ils étaient tout aussi nombreux, s’agissant de la France : 91,1% se disaient très attachés (49%) ou assez attachés (42,1%).


Une identité duale


Ce qui faisait dire en 2009 à Romain Pasquier, politologue et auteur de l’étude : « la Bretagne est vraiment la terre de l’identité duale, bretonne et française. De ce point de vue, le match de football samedi soir au Stade de France – la finale coupe de France Rennes-Guingamp de 2009 (NDLR) – en est la parfaite illustration. Depuis la finale de la coupe du Monde, la Marseillaise n’avait pas été aussi bien chantée ! L’identité bretonne duale, régionale et nationale, mais elle est aussi ouverte et pacifique ! »

Cinq ans plus tard, en 2014, pour la répétition de la finale de  coupe de France Rennes-Guingamp, c’est Nolwenn Leroy qui chantait cette fois l’hymne de la Bretagne, intégré au protocole du Stade de France et chanté devant la Garde républicaine ! L'universalité de la République et la richesse de ses particularismes régionaux : tout un symbole du vivre ensemble, non ?


Soutenir la langue bretonne


L’idée du défi Bro Gozh remonte à plus de trois ans. A l’époque, le projet visait à créer un événement festif autour de la culture bretonne et de la langue régionale, au regard des prévisions inquiétantes sur l’évolution du nombre de locuteurs dans la région. En effet, selon les projections les plus optimistes de l’Office public de la langue bretonne,  le nombre de brittophones pourrait seulement reprendre une courbe ascendante en 2040… à la condition d’un développement soutenu de l’enseignement du breton et  que les 2/3 des apprenants en  CM2 puissent conserver la langue à l’âge de 20 ans !



Bref, pour sauver la langue bretonne, classée en danger par l’Unesco, le chemin s’annonce long et compliqué ! Avec le défi Bro Gozh, France 3 Bretagne espère simplement participer à cet effort. Et que chacun puisse cultiver une petite parcelle de langue, en témoignage de ce soutien. Pour cela, c’est facile : participez au jeu, amusez-vous, essayez nos tutoriels et revisitez l’hymne de la Bretagne. Le défi Bro Gozh, c'est ici :https://bit.ly/defi-bro-gozh