Défense: avec Le Drian, la Bretagne est bien armée

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Jean-Yves Le Drian a usé de son poids politique pour "sanctuariser" le budget de la Défense. L'ancien président de Région est aussi le "monsieur bonne nouvelle" du secteur en Bretagne. Revue de liens.

Jean-Yves Le Drian est venu deux fois en déplacement officiel en Bretagne en ce mois de septembre. Avec le sourire. Il est venu à Saint-Aubin du Cormier rencontrer les soldats du 11ème RAMA qui étaient intervenus au Mali. Et rassurer tout le monde sur l'avenir de ce site spécialisé dans la logistique et les transmissions: il n'y aura pas de réduction d'effectifs du côté de la Lande d'Ouée.

Après la publication du Livre Blanc de la Défense, qui  prévoit la suppression de 34 000 postes au sein des forces armées d'ici 2019, les élus locaux se faisaient du mouron. Finalement, la commune qui fut le lieu de la dernière bataille entre le duché de Bretagne et le royaume de France, gardera ses troupes.

Trois semaines plus tard, il revient dans le secteur. Cette fois, c'est une entreprise privée, fleuron de l'industrie de la défense, qui fait un arbitrage en faveur de la région. Le site de Sagem, racheté par Safran, ne sera pas déserté mais produira des calculateurs aéronautiques civils et militaires. L'activité déménage de région parisienne pour Fougères, avec une centaine d'emplois à la clé. Et c'est Jean-Yves Le Drian qui vient l'annoncer.

L'année dernière à la même époque, c'est le site de Thalès à Brest qui était conforté, malgré des restructurations, avec la modernisation des avions chargés des patrouilles maritimes, les Atlantiques 2.


La cyber-défense du territoire


Le ministre de la Défense, proche de François Hollande, a fait pression pour maintenir les budgets évoqués par la loi de programmation militaire. Cette loi de programmation prévoit notamment le développement de la cyberdéfense: la protection contre les attaques informatiques, la sécurité des transmissions, les renseignements, mais aussi une capacité offensive.


Et de faire de la région l'un des "pôles d'excellences" via le CELAR, un site historique de la Direction Générale de l'Armement situé à Bruz (35), mais aussi l'école d'officiers de Saint-Cyr Coëtquidan. Et ce n'est certainement pas un hasard si c'est à l'école des transmissions de Rennes que cela a été annoncé.

Car, bien que "plus ou moins discrets" selon les propres mots du ministre, la maîtrise de l'information amène son lot d'emplois : une formation d'ingénieurs spécialisés dans la cyber-défense s'est ouverte à l'Université de Bretagne-Sud à Vannes, la France ayant besoin de 1000 nouveaux ingénieurs tous les ans.

A Bruz, le CELAR va recruter 200 nouveaux ingénieurs spécialisés, avec un budget qui passera de 10 à 30 millions d'euros d'ici 2017.