Elevage industriel : Greenpeace épingle la Bretagne. La région répond

Favorisé par des subventions publiques, "l'élevage s'industrialise continuellement en France et en Bretagne depuis trente ans". L'ONG Greenpeace entend ouvrir le débat. 

Un élevage industriel de poulet en Bretagne
Un élevage industriel de poulet en Bretagne © AFP - F. Tanneau

Moins de fermes, plus de production : l'élevage ne cesse de s'industrialiser dans l'ouest de la France. Notamment dans les filières porc et volaille en Bretagne. C'est le constat que dresse Greenpeace dans un rapport intitulé "Industrialisation de l'élevage en France". Une évolution continue sur plusieurs décennies "encouragée et non contrôlée par les pouvoirs publics" selon l'organisation non gouvernementale (ONG). 
 

1% des exploitations fournissent les 2/3 des porcs, poulets et oeufs produits en France


La Bretagne compte à elle seule près de la moitié des structures soumises à autorisation de type ICPE ( Installation classée pour la protection de l'environnement). Avec les Pays de la Loire, les deux régions cumulent 70 % de ces fermes-usines. 

Un bilan qui doit beaucoup aux différents gouvernements qui se sont succédés depuis quarante ans. 

"Les subventions publiques ont favorisé le développement d'élevages de moins en moins nombreux mais de plus en plus concentrés" explique Suzanne Dalle, chargée de campagne agriculture chez Greenpeace. 

40% de ces fermes-usines ont reçu 17 millions d'euros d'aides directes de la Politique agricole commune ( PAC) en 2018. 

"Un comble pour ce modèle d'élevage qui revendique sa compétitivité" s'insurge l'ONG, "cet argent aurait pu être utilisé pour la transition écologique des exploitations". 

"Des leviers existent aujourd'hui, on peut revoir la politique d'installation, sortir de cette logique de l'aide à l'hectare, la PAC est à repenser."



"Est-il cohérent d'autoriser des élevages toujours plus grands en Bretagne tout en réparant leurs dégâts environnementaux ?" 



A cette question, Olivier Allain, vice-président à l'agriculture de la Région Bretagne répond clairement non. Lui aussi souhaiterait une autre PAC, des critères d'attribution différents. 

"Aujourd'hui, l'enveloppe principale de la PAC, le premier pilier est géré par l'Etat. Les régions ne s'occupent que du deuxième pilier, c'est à dire les aides à l'investissement et les mesures agro-environnementales. On voudrait avoir la main sur l'ensemble du dispositif. L'idée serait de plafonner les aides à 25000 - 30000 euros par exploitation, pour décourager les agrandissements. Et redistribuer un minimum de 5000 euros à chaque paysan à temps plein. Actuellement, un maraîcher bio sur un hectare ne touche rien". 

"Entre 2015 et 2020, la région a consacré 263 millions d'euros pour la transition, les mesures agro-environnementales et climatiques (MAEC). 5500 agriculteurs  - sur 28000 - sont engagés par contrat dans un changement de pratiques. Aucune région d'Europe n'a mis en place des mesures comme celles là" précise Olivier Allain. Il se dit partant pour ouvrir le débat sur l'avenir de l'agriculture en Bretagne.  
 

© AFP - D. Charlet


Ouvrir le débat sur l'élevage, l'agriculture


Pour Suzanne Dalle de Greenpeace, l'industrialisation de l'élevage est un problème structurel qui crée des crises de surproduction. 
"Quand on parle de l'élevage intensif, la question de la spécialisation de l'agriculture française se pose. Est-il normal de concentrer tous les animaux sur un territoire ? Les céréales sur un autre ? Notre but n'est pas de montrer du doigt les pratiques des agriculteurs. On doit réfléchir à ce problème de l'élevage à l'échelle de la ferme France"
 

Est-ce que l'on veut continuer à industrialiser notre élevage ou est-ce que l'on préfère favoriser la transition écologique ?

Suzanne Dalle, chargée de campagne agriculture chez Greenpeace

 

Poursuivre votre lecture sur ces sujets
agriculture économie environnement alimentation société
l’actualité de votre région, dans votre boîte mail
Recevez tous les jours les principales informations de votre région, en vous inscrivant à notre newsletter