Bugaled Breizh. Les Marines anglaises et hollandaises mettent leurs sous-marins hors de cause

La Haute Cour de Londres poursuit son examen du naufrage du Bugaled Breizh. A la barre ce lundi : la marine néerlandaise et la Royal Navy. L'une et l'autre écartent l'implication de leurs sous-marins dans ce drame qui a coûté la vie à cinq pêcheurs finistériens en 2004.

Aperçu dans la zone du naufrage du Bugaled Breizh, le sous-marin néerlandais Dolfijn a-t-il commis une faute ou agi de manière incorrecte ce jour-là ? C'est l'une des nombreuses interrogations restées sans réponse que la Haute Cour de Londres a examinée ce lundi. Jusque-là, les Pays-Bas avaient "systématiquement refusé de participer à l'enquête, souligne l'avocat des familles des cinq marins qui ont péri en mer, Me Gaspard de Monclin. Ni le carnet de bord du Dolfijn ni le témoignage du commandant, aujourd'hui décédé, n'avaient été donnés".

Depuis dix-sept ans, les familles des victimes pointent la responsabilité d'un sous-marin dans le naufrage du chalutier finistérien. "Reste à savoir de quelle nationalité il était" note Thierry Lemétayer, le fils du mécanicien du Bugaled Breizh. Pour les parties civiles, il ne fait aucun doute que le bateau de pêche a été envoyé par le fond par un sous-marin qui se serait pris dans ses filets, au large des Cornouailles britanniques.

"Le Dolfijn naviguait en surface"

Devant la justice anglaise, qui entame sa deuxième semaine d'audience, la marine néerlandaise n'a pas pu, cette fois, se dérober. Interrogé par visioconférence, Jeroen Van Zanten, capitaine dans les foces sous-marines néerlandaises, a affirmé que le Dolfijn "n'a pas commis de faute. Il naviguait en surface au moment du drame" a-t-il expliqué. Tout en reconnaissant que les sous-marins pouvaient poser un problème pour les bateaux de pêche, le capitaine Van Zanten a souligné que "les procédures existent pour prévenir les accidents ou, en cas de collision, réduire les dommages et sauver des vies".

Selon une déclaration écrite du commandant du Dolfijn de l'époque, le submersible a tout le temps "navigué en surface" entre le moment où il a quitté le port de Den Helder, au nord des Pays-Bas, le 13 janvier 2004, et celui où il a plongé, le soir du 15 janvier 2004, plusieurs heures après le naufrage du Bugaled Breizh. "Des déclarations qui concordent avec le journal de bord, a précisé le capitaine Van Zanten, qui ne se trouvait toutefois pas à bord du sous-marin à l'époque. Il n'y a donc aucune raison de les mettre en doute".

Interrogé par un représentant des familles, il a admis que le Dolfijn n'avait pas communiqué sa position pendant plusieurs heures après le naufrage et qu'il n'avait pas conservé la trace de ses communications avec les autres bateaux.

La Royal Navy écarte la piste du sous-marin Turbulent

Autre sous-marin dans le viseur des parties civiles : le HMS Turbulent. Ce lundi, à Londres, un responsable de la Royal Navy a, lui aussi, exclu la présence du sous-marin britannique lors du naufrage du chalutier de Loctudy. Le commandant Daniel Simmonds a assuré que "seuls trois sous-marins opéraient dans la zone" ce jour-là : le Dolfijn, l'Allemand U22 et le Britannique Torbay

Chargé des opérations sous-marines - des exercices militaires de l'OTAN et de la Royal Navy ont eu lieu le jour et le lendemain du drame -, Daniel Simmonds a "catégoriquement exclu la présence d'autres submersibles", britanniques ou de l'OTAN, écartant l'implication du Turbulent mis en cause par les familles des victimes.

Il a affirmé que ce sous-marin se trouvait à Devonport, au sud-ouest de l'Angleterre, une position déjà défendue par la Royal Navy lors des précédentes procédures en justice. "Le Turbulent n'est sorti que le 16 janvier" a-t-il indiqué, documents officiels à l'appui.

L'audition du commandant du Turbulent, Andrew Coles, est un moment attendu par les familles des cinq marins disparus. Elle aura lieu ce mardi 12 octobre. 

 

 

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