Débrayage à l'usine de lait en poudre Synutra à Carhaix : "On veut juste savoir de quoi sera fait l'avenir"

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Écrit par Thierry Peigné
Les salariés de l'usine de poudre de lait infantile ont débrayé car inquiets pour leur avenir et celui de leur entreprise
Les salariés de l'usine de poudre de lait infantile ont débrayé car inquiets pour leur avenir et celui de leur entreprise © M. Le Morvan

Ce lundi 31 mai, une partie des salariés de l'usine de production de lait en poudre Synutra à Carhaix dans le Finistère, a débrayé. Avec plusieurs semaines sans production depuis le début de l'année, les employés s'inquiètent de leur avenir et de celle de leur usine. 

Ils sont une petite trentaine à s'être rassemblés à l'extérieur de l'entreprise pour manifester leurs inquiétudes et leurs angoisses de l'avenir. Inquiets de la situation de leur entreprise, ils veulent avant tout des réponses.

On n'a pas de visibilité donc pas de motivation. On a besoin de se projeter. En fait, on veut juste savoir de quoi sera fait l'avenir : rose ou gris

Hervé, employé de l'usine depuis 2016

Comme Hervé [prénom d'emprunt], qui travaille dans un service support, l'inquiétude est grandissante au sein des salariés. Les soubresauts de la production depuis le début de l'année ne sont pas là pour les rassurer. "Depuis janvier, on produit un mois, on s'arrête 15 jours, on fait un grand nettoyage, on retravaille trois semaines et on s'arrête à nouveau deux semaines et ainsi de suite" explique Hervé. "C'est difficile de bosser comme celà, on veut plus de visibilité"

Et de préciser que les salariés percoivent cependant l'intégralité de leur salaire même s'il sont pour une majorité appelés à rester chez eux lorsque la production est à l'arrêt.

 

"Pas de production car pas de matière première"

Ce climat d'incertitude, qui pèse depuis plusieurs mois, est bien à l'origine de ce mouvement de débrayage qui touche une partie des salariés. "On est 120 employés, explique Laurent Bridron, délégué CGT du site, on ne produit que des boîtes de poudre de lait infantile et bien sûr, on ne peut produire que l'orsqu'on a de la matière première. Sauf que les Chinois n'en achètent pas tout le temps et donc on ne produit pas ou peu". "Aujourd'hui, on est à l'arrêt depuis une semaine environ et on ne nous annonce une reprise de la production que d'ici 15 jours dans les meilleures prévisions" ajoute le syndicaliste.

Car depuis mars 2019, date du rachat partiel de l'usine par la coopérative Sodiaal, le groupe chinois Synutra se contente de conditionner la poudre de lait infantile produite par la coopérative laitière française à destination de la Chine. Une transaction intervenue à l'époque suite à d’importants retards de paiement du lait. Sodiaal devenait ainsi le nouveau propriétaire d'une bonne partie du site construit trois ans auparavant par les Chinois.

Mais la situation ne s'est pas vraiment améliorée par la suite. Depuis plusieurs mois, les relations entre le groupe chinois et son fournisseur en poudre de lait Nutri’Babig, la filiale de Sodiaal, ne sont pas toujours au beau fixe, les Chinois ayant des difficultés financières et des difficultés pour écouler la production en Chine.

Ce lundi après-midi, quelques représentants de salariés doivent s'entretenir avec le directeur France du groupe Synutra, Christian Mazuray, dans l'espoir d'en savoir un peu plus sur leur avenir.

 

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