L214 publie une nouvelle vidéo et dénonce les conditions d’élevage des poulets exportés vers le Moyen-Orient

L’association L214 a déniché une publicité du groupe Doux diffusée au Moyen-Orient. On y voit des poulets danser dans l’herbe, faire du yoga et même se faire masser. Un dessin animé qui contraste avec la réalité de l’autre vidéo que L214 rend publique ce 24 avril : dans un élevage du Finistère, des poulets entassés, en mauvaise santé affirme l'association qui porte plainte et demande que cesse l’élevage industriel.

"Cet élevage, c’est un non-sens total", commence, Léo Le Ster, chargé de campagnes agroalimentaires de l'association de protection animale L214. "Rien ne va… Ni les conditions de vie de ces poulets, ni le modèle commercial du poulet export." 

"Des marées de poulets"

Sur la vidéo mise en ligne, "des animaux entassés à plus de 26 par m2 dans un bâtiment insalubre, décrit L214 dans un communiqué. Ils ne sont âgés que d’un mois et montrent déjà des signes de mauvaise santé.

"Ce sont des volailles qui pourraient avoir une espérance de vie de 10 ans, et qui sont abattues au bout de 37 jours, alors qu’elles ne sont encore que des bébés ", s’indigne Léo Le Ster. "Sur les images que nous montrons, on voit des marées de poulets."

L 214 demande au groupe volailler LDC de s’engager à respecter les critères de l'European Chicken Commitment (ECC) pour limiter la densité d’animaux dans les élevages à 30 kg/m² au maximum (contre plus de 35 kg/m² aujourd'hui).

Du soja OGM au menu des poulets

Sur son site, l’association publie une facture d’aliments de l'élevage. Les poulets seraient nourris au blé et au soja génétiquement modifié. "Les papiers de l’élevage montrent des dizaines de tonnes d’aliment livrées chaque semaine. Les tourteaux de soja génétiquement modifié arrivent en seconde position dans la liste des ingrédients. Le soja OGM est interdit à la culture depuis 2008 en France et pourtant, la France continue d’importer massivement du soja, et principalement du Brésil où 95 % de la culture de soja est OGM."

"Ces importations sont légales, concède Léo Le Ster, mais c’est n’importe quoi. On abat des arbres en Amérique du Sud, on déforeste des hectares pour faire pousser du soja OGM. Et ce soja, on l’achemine en France pour nourrir des poulets bretons qui seront vendus au Moyen-Orient. Bonjour, le bilan carbone du poulet rôti ! "

La filière export montrée du doigt

Les volailles sont en effet des poulets export. C’était jusqu’en 2018, la spécialité du groupe Doux. Depuis la liquidation judiciaire de Doux, la filière a été reprise par la coopérative Yer Breizh. Société dont les actionnaires principaux sont le groupe LDC, leader européen de la volaille en Europe, la Région Bretagne, Almunajem et des coopératives bretonnes. 

Après 37 jours, les poulets sont abattus à Châteaulin (Finistère) puis congelés pour partir notamment vers l’Arabie Saoudite. "Les produits Doux sont exportés dans une centaine de pays dans le monde. 90 % de la production de l’abattoir France Poultry de Châteaulin est destinée aux pays de la Péninsule Arabique, et 78 % vers l’Arabie Saoudite", indique le communiqué de presse de L214.

Le groupe agroalimentaire saoudien Almunajem commercialise les poulets dans le Golfe Persique sous la marque historique Doux. 


Dans ses publicités, sous la forme de dessins animés, des poulets dansent, sautent dans des prairies bien vertes. Ils font du yoga et fréquentent des salons de massage. "Le savoir-faire français", ironise L214. Le poulet qui prend la parole dans la pub l’assure : "Dans les fermes Doux, nous offrons les meilleures conditions d’élevage. "

L’association L 214 se rendra ce 25 avril devant l’abattoir de Châteaulin et devant le Parlement de Bretagne pour demander à Yer Breizh et aux élus d’agir. Contactés, l'éleveur et le groupe LDC n'ont pas répondu. Ils n'ont pas donné sute à nos demandes d'explications.

Elle annonce qu’elle va porter plainte contre l'élevage, le responsable de l'élevage, la coopérative Yer Breizh auprès du procureur de Brest.