Finistère : les gendarmes sur le pied de guerre face aux attaques de chevaux

Dans le Finistère, la gendarmerie patrouille de jour comme de nuit pour mettre fin à cette série macabre de mutilations de chevaux. Le mot d’ordre : rassurer et éviter que le monde équestre ne se fasse justice lui-même.

© Claire Louet - France Télévisions
Ne pas s’armer, appeler le 17, ne jamais intervenir soi-même. Inlassablement le capitaine Jean-Baptiste Bellot, commandant de la compagnie de gendarmerie de Quimper, répète ces consignes aux professionnels du monde équestre.

Depuis août dernier, les attaques sur des équidés se multiplient en Bretagne. Un cheval a été tué à Plouzélambre dans les Côtes d’Armor le mardi 18 août, puis une jument le 2 septembre à Saint-Tugdual dans le Morbihan. Dans la région, d’autres chevaux ont été mutilés ou drogués. Voulant protéger les animaux, les propriétaires s’organisent pour monter la garde.
 
© Claire Louet - France Télévisions
 

"C’est compliqué de rester intelligent quand on ne dort pas"


Sur fond de fatigue et de stress, la tension monte dans le monde du cheval. Faisant craindre des dérapages dans la volonté de faire justice soi-même. Une mère et sa fille comparaîtront en janvier 2021 devant le tribunal de Quimper pour avoir arrêté, armes à la main, deux automobilistes dans la nuit du 29 au 30 août 2020.

"C’est compliqué de rester intelligent quand on ne dort pas", témoigne un éleveur finistérien. Toutes les nuits, à tour de rôle, ses salariés et lui se lèvent pour vérifier que les animaux vont bien. Il a rassemblé l’essentiel de ses 50 chevaux pour mieux les surveiller, dix autres sont dispersés dans des prés loin des regards.

Vous mettez 15 personnes dans un champ la nuit à faire du gardiennage, ils ne dorment pas, ils sont en stress. Forcément il y aura un accident.

Un éleveur

 

© Claire Louet - France Télévisions

Cette crainte du coup de fusil qui part malencontreusement, forces de l’ordre et professionnels la partagent. "Il y a un fusil dans toutes les fermes", témoigne la propriétaire d’un centre d’hébergement pour chevaux. Elle souligne également la caisse de résonance que représentent les réseaux sociaux :

Les réseaux sociaux sont inondés de témoignages divers et variés qui entretiennent cette psychose(…) On a l’impression qu'il s’est passé 36 000 trucs et ça parle d’un même événement. De choses pas vérifiées. 

Anne, propriétaire d'un centre d'hébergement pour chevaux
 

Reportage : Claire Louet, Bleuenn Le Borgne, Anne-Marie Rouanes


Regrouper les chevaux et les éclairer


C'est pour calmer cette tension que les gendarmes du Finistère viennent à la rencontre d’un secteur en détresse. Ils prodiguent des conseils : regrouper les chevaux, les éclairer et éventuellement installer de la vidéo-surveillance pour les exploitations qui en ont les moyens. Le jour, ils étudient la topographie des lieux et les planques possibles. La nuit, ils effectuent des rondes.

Des réservistes ont été appelés en renfort pour décharger les gendarmes des tâches quotidiennes et leur permettre de se concentrer sur la traque des agresseurs. Les deux pelotons de surveillance et d’intervention de la gendarmerie (PSIG) de Quimper, spécialisés dans la délinquance nocturnes sont dédiés à cette affaire.

Suite à la diffusion d'un portrait robot, un homme avait été interpellé ce lundi 7 septembre en Alsace. Il a finalement été mis hors de cause et relâché.
 
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