Pêche. La filière française fait sa pub dans les journaux. Elle en appelle aux consommateurs et aux gouvernants

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Consommer français, aider à supporter le prix du gasoil : voilà le message passé par les marins-pêcheurs français. Des encarts de pub pleine page achetés dans une soixantaine de titres de la presse quotidienne, pour peser sur le débat sur le pouvoir d'achat à l'Assemblée Nationale.

Hausse du prix du gasoil. Concurrence des poissons importés. Secousses du Brexit touchant les zones de pêches. La liste des écueils rencontrés par la filière pêche s'affiche en grand dans la presse à travers tout le territoire français. 55 titres régionaux et 4 nationaux au total. Les marins-pêcheurs en appellent aux consommateurs et aux pouvoirs publics.

Profiter des discussions sur le pouvoir d'achat à l'Assemblée Nationale

C'est à travers France filière pêche, l'association qui les représente, que les pêcheurs professionnels, lance ce cri d'alerte. La date choisie pour la publication de ces encarts n'est pas le fruit du hasard. "Il s'agit d'interpeller le nouveau gouvernement et de surfer sur la vague des discussions autour du pouvoir d'achat à l'Assemblée Nationale", précise France filière pêche.

Le gasoil de pêche vient à 98% en provenance de Russie.

Stéphane Pochic

Armateur de bateaux côtiers à Loctudy

A Loctudy dans le Finistère, Stéphane Pochic, armateur de bateaux côtiers, témoigne de son quotidien : "les pêcheurs depuis le début de l'année subissent de plein fouet la hausse du carburant avec la crise en Ukraine. Le gasoil de pêche vient à 98% en provenance de Russie."

Et même si ce gasoil est détaxé, les conséquences sont lourdes : "Actuellement un navire entre 20 et 24 mètres qui fait 15 jours de mer, sort 5000 € en plus pour pouvoir naviguer, avance le patron-pêcheur. On est tous dans l'incertitude concernant l'avenir de nos navires."

75% du poisson consommé en France est importé

Début juillet, Stéphane Pochic a rencontré les collaborateurs de la Première ministre, Elisabeth Borne à Matignon pour proposer des solutions. La délégation dont il faisait partie avance "des taxes de 2% du chiffre d'affaires sur les champs hydroliens et éoliens en compensation de la destruction des zones de pêche. Ainsi que des taxes sur les importations de poissons."

D'après France filière pêche, 75% du poisson consommé en France est importé. Le patron-pêcheur se dit inquiet pour l'avenir de la filière pêche (16 000 marins pêcheurs et 70 000 collaborateurs d'après les chiffres de France filière pêche) et hésite à "donner [s]on armement à [s]on fils."

En visite à Lorient les 10 et 11 juillet dernier, le nouveau secrétaire d'Etat à la mer, Hervé Berville, avait promis une réponse rapide aux professionnels de la pêche pour pérenniser les aides du gouvernement. La filière semble s'impatienter.