Chasse. Cinq maires d'Ille-et-Vilaine écrivent à la Ministre pour réclamer des mesures de sécurité

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Écrit par Thierry Peigné
© VINCENT ISORE / MAXPPP

Dans une lettre ouverte à la Ministre de la Transition écologique, Barbara Pompili, les maires de cinq communes d'Ille-et-Vilaine, proches d'un lieu d'accident de chasse, demandent des mesures pour sécuriser l'activité.

C'est tout d'abord en faisant référence à l'accident de ce samedi 30 octobre sur la RN 137 que les cinq maires signataires (Laillé, Bruz, Pont-Péan, Orgères et Noyal-Chatillon-sur-Seiche) commencent cette lettre ouverte. Un courrier adressé à la Ministre de la Transition écologique, Barbara Pompili, au député Gaël Le Boherc et au préfet d'Ille-et-Vilaine Emmanuel Berthier.

Ce 30 octobre, alors qu'une voiture circulait sur la quatre voies dans le sens Nantes - Rennes, entre Orgères et Laillé, son conducteur a reçu une balle de calibre 9,3 mm, au niveau du cou. La victime était encore ce lundi dans un état critique. Suite à l'enquête, un chasseur a été mis en examen et placé sous contrôle judiciaire. Au moments des faits, une battue au grand gibier se déroulait aux abords de cette route.

Dans leur courrier, les maires font état également d'un autre accident de chasse. Le 20 septembre dernier à Laillé, une meute de chiens, lors d’une battue, avait mordu trois chats dans un lotissement. Deux d’entre eux avaient succombé à leurs blessures. L'accident avait choqué les propriétaires des chats et de nombreux habitants de la commune, ces derniers ne comprenant pas que cela puisse se produire dans une rue du bourg. Ils avaient interpellé la maire de la commune pour qu'elle prenne des mesures de sécurité.

Suite à cet incident, une réunion avait, le 8 octobre, rassemblé autour d'une table les associations de chasseurs et les maires des villes concernées. La sécurisation des battues avaient été abordée ainsi que "la possible évolution des pratiques de chasse comme deux demi-journée sans chasse le samedi et le dimanche après-midi pour répondre aux attentes de la société et d’une partie des chasseurs tout en permettant aux chasseurs du weekend de pratiquer"  comme l'indique le courrier.

Le fléau de la surpopulation des sangliers

C'est au cours de cette réunion que la surpopulation des sangliers est revenue sur la table. "De plus en plus abondante, année après année" elle deviendrait "un enjeu de sécurité publique et de perte de la biodiversité".

Est invoqué dans la lettre ouverte la multiplication des battues pour pouvoir réguler cette surpopulation de sangliers. Une hausse du nombre de battues qui pourrait être source d'accidents de chasse. Une problématique dont les chasseurs "sont conscients et s'en inquiètent".

Les sangliers, au-delà d'être de plus en plus nombreux, seraient de plus en gros, ce qui pourraient avoir des conséquences sur les dégâts provoqués aux cultures et sur la gravité des accidents routiers. De même, les chasseurs utiliseraient plus de chiens pour leurs battues. Les maires posent la question de savoir "Comment pouvoir maîtriser autant d’animaux ?"

Les maires s'interrogent aussi sur les contrôles effectués sur les pratiques d'agrainage [technique qui consiste à attirer le gibier en répandant du grain sur un terrain de chasse, NDLR] sur les terrains privés. Insuffisants selon eux.

Les permis de chasse et les armes en question

Dans cette lettre ouverte, la question du permis de chasse est soulevée. Pourquoi ce permis n’est-il pas différent selon l’arme utilisée? "Un tir de balle au fusil a une portée beaucoup moins longue (500 m) qu’un tir à la carabine (2 km)", rappellent les signataires du courrier. "De plus, les chasseurs peuvent tirer un animal situé beaucoup plus loin avec une carabine (100 m) qu’avec un fusil (30 m)" ajoutent-ils. 

Ils en appellent aussi à un renforcement du contrôle médical pour les chasseurs.

La nécessité d'une table ronde nationale

Les maires de Laillé, de Bruz, de Pont-Péan, d'Orgères et de Noyal-Chatillon-sur-Seiche demandent donc à la Ministre l'organisation d'une table ronde nationale "afin de définir la législation nécessaire pour assurer la sécurité publique en période de chasse. Ces décisions pourraient concerner les chasseurs (type d'arme, condition d'obtention du permis, contrôle médical, test de vue, sanction des infractions... ) et l'organisation des chasses (distanciation des habitations, des axes routiers, nombre minimal de chasseurs présents, déclaration préalable des battues en mairie, journées ou demi-journées sans chasse...)".

La question des accidents de chasse, de la surpopulation des sangliers et de la réglementation de cette activité de loisir risque de prendre de l'importance dans les mois à venir, surtout qu'en période pré-électorale pour la Présidentielle, les positions des candidats sur la question, vont être suivies de près. Le candidat Yannick Jadot, a déjà fait savoir qu'il était favorable à l'interdiction de la chasse pendant le week-end et les vacances scolaires.

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