En cette année 2022, la crise de l'énergie a amené les Bretons à chercher des solutions pour faire des économies. Et ils ont eu des idées : que ce soit dans le domaine de l'éclairage public, des piscines, des stations d'épuration ou du transport maritime. Voici un petit tour d'horizon.

En cette année 2022 qui s'achève, l'énergie est devenue si précieuse que les idées sont nombreuses pour tenter d'endiguer l'explosion de la facture. 

"J'allume ma rue" à Saint-Brieuc

En matière d'éclairage public, par exemple, Saint-Brieuc expérimente depuis le mois d'octobre, pour une durée de six mois, un système d'allumage des lampadaires à la demande, dans une dizaine de rues du quartier Saint-Michel. Ce, grâce à l'application "J'allume ma rue". Mobile en main, Martin Hubert, responsable de l'éclairage public de la ville arpente une allée bordée d'arbres : "Vous allez voir, nous sommes géolocalisés et hop, ça va s'allumer". L'éclairage de la rue durera six minutes, pas une de plus.

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Trackers photovoltaïques à Laillé

Après l'éclairage public et le chauffage des bâtiments, les stations d'épuration sont un autre poste important de dépense énergétique pour les collectivités. Elles représentent en moyenne 30% des besoins en électricité des services municipaux. Alors Rennes Métropole a pris le taureau par les cornes, avec une expérimentation à la station d'épuration de Laillé où deux trackers photovoltaïques ont été installés.

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Capables de suivre le rayonnement du soleil de manière optimale, pour obtenir une production d'énergie renouvelable optimisée toute la journée. Et ils couvrent déjà 30% des besoins du site. Selon Louis Maurice, PDG de OKwind, "on arrivera à terme à assurer 60% d'autonomie énergétique par site, ça veut dire que par exemple Rennes Métropole ne paiera plus que 40% de cette qu'elle payait hier", conclut-il. 

Le parking chauffe la piscine !

La sobriété énergétique, le graal, l'enjeu majeur de notre quotidien. Et c'est vrai aussi en matière de chauffage des piscines, très coûteux. À Saint-Pol-de-Léon, dans le Finistère, la facture va peut-être un peu moins exploser qu'ailleurs, grâce à une lumineuse idée : chauffer l'eau de la piscine grâce au bitume du parking !

Lire : VIDEO. À Saint-Pol-de-Léon, on chauffe la piscine grâce au bitume du parking

Le principe est celui d'un plancher chauffant mais à l'envers. Ici, c'est le sol qui va chauffer les 3,5 kilomètres de tuyaux enfouis sous l'enrobé, couplés à une pompe à chaleur : "L'eau sort à 7 degrés de la pompe à chaleur puis elle circule dans le réseau de tubes sous la chaussée et elle ressort à 35 degrés par les très belles journées", explique Angeline Obe Muller, ingénieur développement chez Eurovia. Ce qui va permettre de faire une économie de l'ordre de 20%. 

Un data center plus vert à Lanester 

Et qui est très énergivore encore ? Les data center ! Et bien, dans le Morbihan, un data center plus vertueux a vu le jour cette année à Lanester Pour héberger les données des entreprises, la start-up Stratosfair a imaginé un nouveau concept : un espace restreint, des locaux à l'ombre, pas de climatisation, pas de raccordement au réseau d'eau potable et des panneaux solaires pour produire de l'énergie à moindre coût.

Réduire la vitesse d'un noeud en mer

Et parfois des idées toutes simples peuvent faire la différence. Par exemple, à Brest, la compagnie finistérienne Penn Ar Bed a fait de sacrées économies de carburant en réduisant simplement la vitesse de ses bateaux. "Rien qu'en diminuant la vitesse d'un noeud, on économise 5 mde gasoil chaque semaine sur l'ensemble de notre flotte", témoigne David Roulleaux, le directeur de la Penn Ar Bed. 

Avec du bon sens, les Bretons n'ont pas fini d'innover pour contrer la crise de l'énergie.