Décryptage. La banque alimentaire fait elle face à une crise des dons ?

Tout ce week-end, la banque alimentaire organise sa grande collecte annuelle. L’enjeu est de taille car l’association n’a plus que 3 mois de stocks, quand il en faudrait 6 pour pouvoir assurer sereinement la distribution de denrées des mois à venir. Comment expliquer cela ? Décryptage

Ce vendredi, au centre commercial Alma situé au sud de Rennes, les bénévoles de la banque alimentaire se sont installés face aux caisses de l’hypermarché. Quelques-uns d’entre eux distribuent aux clients des prospectus expliquant leurs besoins, pendant que d’autres réceptionnent les dons d’aliments.

Les équipes de l’association caritative vont rester là pendant 3 jours, et tous espèrent faire une bonne collecte. Celle-ci doit notamment leur permettre de reconstituer leurs stocks annuels en produits d’épicerie.

Des distributions "rationnées"

En 2023, la banque alimentaire a dû rationner ses distributions. "Nous n’avons pas pu répondre à toutes les demandes" explique Gilles Le Pottier, président de la banque alimentaire de Rennes. "Il nous a manqué des produits de première nécessité, notamment du lait " détaille-t-il.

À LIRE : La banque alimentaire appelle les producteurs de lait à faire don de leurs surplus

À ce jour, impossible de dire si, cette année, les dons des particuliers seront à la hauteur des attentes (750 tonnes de produits secs pour la Bretagne), mais en 2022, ils avaient régressé de 5%.

Le président de la banque alimentaire de Rennes veut rester optimiste mêmes s’il redoute que l’inflation pèse sur les volumes collectés.

Explosion de la demande dans les métropoles

L’inquiétude est légitime car le nombre de bénéficiaires ne cesse de croître. En particulier dans les métropoles rennaise et brestoise.

À Rennes, la demande elle a explosé en 5 ans : + 120% entre 2018 (année précovid) et 2023.

"Ce sont beaucoup les étudiants, de jeunes travailleurs qui sont venus gonfler les rangs des bénéficiaires. Mais les familles monoparentales, des mères seules avec enfants en majorité, constituent 70% des demandeurs " explique Gilles Le Pottier.

Et pour 2024, la tendance est encore à la hausse. Les associations estiment que les chiffres vont encore augmenter de 15% dans la capitale bretonne.

VIDEO. Dans cette banque alimentaire on est déjà en rupture de stock

Presque toutes les sources d'approvisionnement en baisse

La collecte auprès des particuliers représente 15% des approvisionnements de l’ONG.

Le reste provient de l’Etat, de l’Union Européenne, des magasins, des plateformes de la grande distribution et des industries agroalimentaires.

Les volumes de denrées achetées grâce aux subventions publiques ont diminué de 15% du fait de l’inflation. La collecte auprès des magasins, appelée " la ramasse " dans le jargon, a, quant à elle, baissé de 16%.

"Avec la raréfaction de certaines ressources et l’inflation, les magasins ont revu leur façon de fonctionner. Aussi il y a eu la loi antigaspi qui porte ses fruits et la conséquence est qu’on reçoit mois de produits" analyse Gilles Le Pottier.

Seule consolation, la forte augmentation des dons effectués par l’industrie agroalimentaire et les plateformes de distribution, qui ont augmenté de 33%. "Cela permet de compenser les baisses des autres sources d’approvisionnement" se console le président.

Cette filière fournit désormais 50% des denrées collectées par la banque alimentaire.

Ce week-end en Bretagne, la banque alimentaire est présente dans 715 magasins.

Chaque année, elle distribue 5 500 à 6 000 tonnes de produits dans notre région, soit l’équivalent de 10 millions de repas.

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