Pour les jeunes volontaires de la Croix Rouge, "à Noël c'est maraude ou rien"

À Rennes, François et son équipe de bénévoles sont de plus en plus nombreux à vouloir aider les plus démunis, au quotidien. Ces jeunes volontaires seront aussi sur le pont à Noël, pour apporter un peu de magie aux plus démunis. 
Deux équipes de volontaires vont, chaque soir, à la rencontre des plus démunis, à Rennes.
Deux équipes de volontaires vont, chaque soir, à la rencontre des plus démunis, à Rennes. © L. Roudaut - France Télévisions
"Si je n’étais pas en maraude avec les plus démunis à Noël, je ne ferais que penser à eux.” François Tripoz est responsable à la Croix Rouge française de Rennes. Salarié dans le secteur du tourisme, ses activités professionnelles sont à l’arrêt, compte tenu de la crise sanitaire. Il a alors tout le temps de se consacrer aux personnes les plus précaires qui ont, avec l’arrivée de l’hiver, de plus en plus recours au Samu social. 
 

“À Noël, les bénéficiaires ont d’autant plus besoin de nous”


Voilà près d’un an que François s’est engagé bénévolement au sein de la Croix Rouge française. À l’approche des fêtes de Noël, les idées d’opérations fusent. Dernière en liste : un calendrier de l’Avent inversé. “Les gens vont glisser des choses utiles qui vont vraiment changer le quotidien des bénéficiaires, comme des piles ou des chaussettes, dans chaque case du calendrier, explique-t-il. L’idée est d’ensuite les distribuer lors de la maraude de Noël”. 

Les dons proviennent de particuliers, d’entreprises ou d’écoles de la région rennaise. “Nous avons aussi proposé aux parents d’élèves de glisser une carte de voeux aux bénéficiaires”. Cette année, François Tripoz souhaite mettre en place une maraude de Noël inter-associative avec les bénévoles des Restos du coeur, d’Utopia ou encore du Secours catholique. Plusieurs équipes se croisent quotidiennement sur le terrain, “alors nous voulons travailler tous ensemble pour les fêtes afin de mettre en commun les cadeaux".

Avec la Covid-19, les bénéficiaires sont privés de la magie habituelle de fin d’année.

François Tripoz, responsable du Samu social de la Croix Rouge française

 
Cette opération inter-associative se fera le 27 décembre. Selon lui, "à Noël, les bénéficiaires ont besoin d’eux”d’autant plus que cette année, avec la Covid-19, “ils sont privés de la magie habituelle de fin d’année, avec les marchés de Noël ou les feux d’artifices du réveillon de la Saint-Sylvestre"


“Le 25, je préfère être en maraude” 


Depuis un peu plus d’un an, François et deux autres novices, Anaïs et Anatole, enfilent chaque soir de l’année, sans exception, la parka orange fluo de la Croix Rouge. Entre 18 heures et 23 heures, ils servent la "soupe populaire", à l’arrière du camion du Samu social. Sur le planning de la Croix Rouge, le nombre de bénévoles inscrits le 25 décembre explose.
 
Jean-Pierre, à la rue depuis 30 ans et une nouvelle bénévole de la Croix Rouge française, lors d'une maraude pédestre à Rennes.
Jean-Pierre, à la rue depuis 30 ans et une nouvelle bénévole de la Croix Rouge française, lors d'une maraude pédestre à Rennes. © Laura Roudaut

"Noël rime souvent avec conflits dans ma famille… donc ça fait quelques années que je le passe seul", raconte Anatole. "Pour moi cette année, c’est maraude ou rien !". Chez Anaïs, “Noël, ça a toujours été très famille", alors elle participera à la maraude du nouvel an. "Ça fait sens pour moi. Je préfère partager avec des gens qui ont vraiment besoin." 

François, lui, doit exceptionnellement "laisser sa place” pour la maraude de Noël. De plus en plus de jeunes souhaitent "aider" selon lui. "Effet confinement" pour certains, "service civique" pour d’autres, tous ont l’envie d’apporter un peu de chaleur humaine aux personnes à la rue. 
 

1000  sans abris à Rennes


Deux équipes de cinq bénévoles sont mobilisées chaque soir, depuis trois semaines, contre une seule auparavant. Mais personne n’est de trop. Le nombre de pauvres ne cessent d’augmenter en France. Dans la capitale bretonne, près de mille personnes seraient sans domiciles fixes et de plus en plus de nouveaux profils apparaissent lors des maraudes, des étudiants précaires ou des intérimaires notamment. 
 
Dans la capitale bretonne, les personnes sans domicile fixe sont de plus en plus nombreuses.

Près de 80 personnes démunies ou isolées sont, chaque soir, au rendez-vous. À force, les bénévoles les connaissent bien. “L’idée est de discuter avec eux, de prendre de leurs nouvelles, illustre François, le café et la soupe, c’est plus un prextexte pour venir à leur rencontre”. “Je les vois tous les jours, je ne pourrais pas m’empêcher de penser à eux si je n’étais pas avec eux à Noël.. d’ailleurs je crois que je ne vais pas fêter le 31 avec mes potes cette année… Je vais plutôt faire la maraude nouvel an.”
 
 
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