Rennes. Militants, partis politiques et syndicats de gauche veulent annuler son concert. Mais qui est le rappeur Millésime K ?

Il doit se produire ce soir près de Rennes dans un lieu encore tenu secret. Comme dans toutes les autres villes où ses concerts ont été programmés, collectifs, partis et syndicats de gauche dénoncent la venue de ce rappeur d'extrême-droite. Ils entendent faire annuler son concert ce soir.

"24H contre Macron, Darmanin et le fascisme" ! C'était le mot d'ordre de l'une des deux manifestations organisées aujourd'hui à Rennes contre la montée des idées de l'extrême-droite. La montée du fascisme est incarnée, selon eux, par le rappeur d'extrême-droite Millésime K. Il doit se produire ce samedi 27 mai dans un lieu encore tenu secret. 

Une pétition avait été lancée dès le 13 mai dernier appelant le Préfet d'Ille-et-Vilaine à interdire sa venue.  


"Ce rappeur d'extrême-droite tient des popos sexistes et xénophobes ! s'insurge Fabienne, déléguée départementale adjointe de solidaire 35. 

Maintenant on n'est pas là pour faire sa promotion, on fait une contre-manifestation aujourd'hui mais on espère seulement que ce concert n'ait pas lieu ou alors en toute discrétion.

Fabienne, déléguée départementale adjointe de solidaire 35

Vous ne le connaissez peut-être pas mais depuis quelques semaines, ce rappeur lyonnais proche de l'extrême-droite fait les gros titres de la presse locale et nationale. 

Partout où il passe, il suscite la même opposition. Depuis le début de sa tournée en mars dernier, le rappeur a vu ses concerts annulés à Lille, Grenoble, Dijon, Montpellier et même interdit à Nantes par la Préfecture de Loire atlantique le 13 mai dernier.

Sur les treize dates de sa tournée, quelques rares concerts ont pu être maintenus, près de Bordeaux le 22 avril dernier ou près de Lyon le 11 mars. 

A Rennes, la Préfecture n'a pas pris la décision d'interdire son concert.

Mais elle a pris un arrêté contre le port de mortiers d’artifice et de substances dangereuses au cours de cette journée de mobilisation.

Un rappeur proche de l'extrême droite

Si chaque concert du rappeur suscite des levées de boucliers, c'est parce que ses textes sont très souvent sexistes, racistes et homophobes.

Dans un communiqué en date du 26 avril, la section de Reims de la Ligue des Droits de l’Homme alerte le préfet, la présidente du Grand Reims et le maire de la ville, considérant que « les paroles des chansons, comme les interventions et interviews de cet artiste sont une atteinte aux valeurs de respect, de liberté, de solidarité, d’égalité ».

L'association rajoute : "Sur son canal Telegram aussi, il enchaîne positions racistes et menaces à l'encontre des personnes LGBTQIA+, comme lorsqu'il poste une photo d’Éric Zemmour armé d'un fusil avec la légende « sur les travlos ». 

Dans ses clips "Douce France", "Patriote", "Tricolore", Millésime K défend une vision de la France proche de la rhétorique utilisée par l'extrême droite. Selon lui, les retraités, les étudiants et les agriculteurs sont les victimes corollaires d’un système qui les appauvrit et provoque l’injustice. Millésime K met aussi en avant la notion de "racisme anti-blanc" portée par l'extrême droite. 

Le rappeur a sorti trois albums "Liberté", "Egalité", "Fraternité" . Sur les pochettes, Millésime K apparaît tour à tour déguisé en Napoléon, en chevalier de l’Ordre des Templiers ou en homme préhistorique. Dans ses clips, il se présente le plus souvent en costume-cravate, avec un drapeau bleu, blanc, rouge. 

Millésime K sur les réseaux sociaux

Le rappeur est très suivi sur les réseaux sociaux en particulier sur Tik Tok où il comptabilise plus de 700 000 abonnés. Il compte 62 000 abonnés sur Instagram. Sur la plateforme vidéo Youtube depuis 2010, ses 149 vidéos et clips musicaux totalisent près de 22 millions de vues

Une influence que dénonçait déjà la "Millésime K se sert des codes dit « jeunes » sur les réseaux sociaux pour toucher des personnes, des adolescent·e·s et les préparer à une guerre civile contre les personnes non blanches et les personnes LGBTQIA+. Nous ne pouvons pas laisser Millésime K diffuser des théories complotistes et racistes tel que le « grand remplacement ». Nous ne pouvons décidément pas laisser le fascisme entrer dans la tête des adolescent·e·s comme une chose acceptable et défendable" dénonce-t-elle. 

En toute discrétion

Millésime K laisse filtrer peu d'information sur lui. Tout juste sait-on qu'il a une vingtaine d'années, qu'il est de Lyon, se prénomme Anthony et aurait été arbitre de football. Il ne revendique aucune appartenance à un mouvement politique, et n'a, pour l'instant, jamais apporter son soutien à un homme ou une femme politique. Dans ses textes ("Vive la police") comme sur Instagram, le rappeur affiche son soutien aux forces de l'ordre. En décembre 2021, il a aussi posté une photo de lui avec des policiers de la BRI de Versailles masqués. Il appelle aussi régulièrement dans ses chansons à défendre "les Français" et demande à ceux qui n'aiment par la France de "dégager".

Le lieu du concert connu peu de temps à l'avance

Hormis la date et la ville, les indications pour ses concerts sont relativement discrètes. Les billets se prennent directement sur son site internet. Une fois le ticket acheté, il est précisé que « l’adresse exacte sera envoyée juste avant l’événement », pour « des raisons de confidentialité ». 

Plusieurs loueurs affirment aussi avoir été dupés par Millésime K qui les aurait approchés en affirmant qu’il s’agissait d’un concert "qui rassemble un public varié". C'est ainsi qu'il a réussi à se produire le 18 mars à Montpellier, malgré la mobilisation d'un collectif d'associations. "Il a réservé pour la soirée à partir de 18h30, en parlant d'un concert d'une petite heure, avec un public varié dont des personnes âgées", retrace le gérant. "Il m'a renvoyé le contrat, et son assurance, pour moi tout était bon", a témoigné le gérant de la salle "dégouté" auprès de France 3 Occitanie.

L'actualité "Politique" vous intéresse ? Continuez votre exploration et découvrez d'autres thématiques dans notre newsletter quotidienne.
Tous les jours, recevez l’actualité de votre région par newsletter.
choisir une région
Bretagne
France Télévisions utilise votre adresse e-mail pour vous envoyer la newsletter de votre région. Vous pouvez vous désabonner à tout moment via le lien en bas de ces newsletters. Notre politique de confidentialité