La ville de Liffré ne veut plus du projet de prison

Illustration / © AFP - S. de Sakutin
Illustration / © AFP - S. de Sakutin

La ville de Liffré va écrire ce vendredi à la préfecture d'Ille-et-Vilaine, pour lui notifier qu'elle n'est plus favorable au projet d'implantation d'une maison d'arrêt sur la commune. Pas suffisamment de prise en compte des riverains de la part de l'État, selon son maire, Guillaume Bégué.

Par Thierry Peigné


"Vu ma responsabilité d'élu républicain, je n'étais pas opposé à l'implantation d'une maison d'arrêt, mais là, les conditions d'acceptabilité sont nulles" nous expose posément mais fermement Guillaume Bégué, le maire PS de Liffré. "Demain, j'envoi un courrier à la préfecture pour leur signifier notre désacord sur l'implantation de la prison".
 

Un projet d'une maison d'arrêt de 450 places

La ville de Liffré, 6 700 habitants, au nord-est de Rennes, est la commune bretonne envisagée par le ministère de la justice pour accueillir sur 10 hectares une maison d'arrêt de 450 places, à l'horizon 2026. Si Vannes était dans un premier temps envisagée, le projet a été abandonné et c'est donc depuis plusieurs mois Liffré qui fait l’objet d’une étude de faisabilité de la part de l’État en vue d’y implanter l'établissement pénitentiaire.
 

"Pas d'accompagnement à la hauteur de l'État"

Mais après des mois de concertation avec le ministère et le service immobilier de l'administration pénitentiaire, la mairie n'est plus partante pour le projet. La raison : "il n'y a quasiment aucune mesure d'accompagnement de la part de l'État pour les riverains les plus impactés et même de façon plus générale pour la commune" explique Guillaume Bégué. "Il ne veulent pas entendre par exemple que des riverains situés à 500 mètres de la future prison se posent la question légitime de la dépréciation de leur maison" ajoute-t-il.

"Les services immobiliers pénitentiaires mettent en avant 250 emplois directs et des emplois indirects de ménage ou de blanchisserie par exemple mais ces 250 fonctionnaires de l'État ne seront pas des habitants de la commune vu leur métier et n'auront sans doute pas envie de résider dans la commune de l'établissement, pour 'changer d'air'. Ce ne sont pas des arguments suffisants." souligne l'élu. 

"J'étais partant il y a un an, malgré une pétition contre et la campagne de mon opposition municipale, mais là, ma majorité ne peut plus cautionner un projet qui ne tient pas compte de nos inquiétudes et n'apporte pas de réponse à la hauteur".

Le maire de Liffré tient à préciser que "la préfète a été compréhensive et nous a aidé pour avancer sur ce projet"
mais que les services de la Justice "n'ont pas été suffisamment à l'écoute de nos interrogations".
 

Quelle alternative pour l'État?

Il y a deux ans, la commune d’Orgères, au sud de Rennes, avait déjà refusé l'idée d'une telle implantation. Avec l'abandon de Liffré, le ministère de la justice se voit à priori sans candidate à l'accueil d'une structure pénitentiaire en Bretagne alors que la surpopulation carcérale atteint des sommets dans certains établissements.
 

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