Cargo russe immobilisé depuis six mois à Saint-Malo. Sera-t-il parti avant le départ de la Route du Rhum ?

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Écrit par Julie Jeunemaître avec Thierry Peigné

Il est amarré depuis le 2 mars. Un cargo russe est retenu à Saint-Malo en raison des sanctions contre la Russie après l'invasion de l'Ukraine. La Région demande à l'Etat de prendre en charge le navire. Surtout qu'il faut faire de la place pour la Route du Rhum.

Cela fait déjà plus de six mois que l'imposant Vladimir Latyshev occupe le quai du bassin Jacques-Cartier du port malouin.

Escorté par les douanes, ce cargo russe est arrivé à Saint-Malo le 1er mars pour y livrer de la magnésie. Il est depuis immobilisé, en application des sanctions européennes sur le gel des avoirs russes. Et cela commence à peser sur la vie du port.

Un cargo encombrant, à la veille de la Route du Rhum

Avec ses 140 mètres de long, le navire prend beaucoup de place. Et parfois, il est indispensable de le déplacer de quelques dizaines de mètres pour permettre le déchargement d'autres cargos. Une manœuvre effectuée par un remorqueur et qui a un coût nous a fait savoir le conseil régional, propriétaire du port malouin..

De plus, se profile pour octobre l'arrivée à Saint-Malo de tous les voiliers participants à La Route du Rhum, soit près de 140 bateaux à caser dans les bassins malouins durant deux semaines avant le grand départ du 6 novembre. Le moindre mètre de quai libéré sera donc indispensable. La Région Bretagne a donc écrit à la préfecture d'Ille-et-Vilaine pour demander sa prise en charge.

Elle souhaiterait qu'il soit déplacé dans un port d'État ou un port militaire à l'instar du Baltic Leader. Cet autre navire russe retenu pendant cinq mois à Boulogne-sur-Mer (Pas-de-Calais), ralentissant la cadence du port, a finalement pu être délocalisé à Dunkerque. 

Les marins espèrent le départ du cargo

Pour les six marins et le commandant du navire encore sur place, le temps commence aussi à être long. Une relève de neuf marins devrait arriver mi-septembre. "Ils ont toujours espoir que le navire reparte", rapporte Laure Talloneau, inspectrice de la Fédération internationale des transports (FIT).

Elle visite le cargo deux fois par mois et veille au respect des besoins minimum vitaux de l'équipage. "L'armateur continue de payer la nourriture, le gasoil, les salaires mais dans ce contexte, les virements russes mettent beaucoup de temps à arriver", explique l'inspectrice syndicale. 

Laure Tallonneau indique avoir également alerté la préfecture, sans réponse. "Ce n'est pas une situation  tenable. Les marins sont des victimes collatérales de ces sanctions", tonne-t-elle. Si le bateau venait à être déplacé, l'inspectrice craint que les marins ne soit encore plus isolés.

A Lorient, le cargo russe a pu repartir

Le 28 février, un autre cargo battant pavillon russe était également retenu au port de Lorient. Après un mois d'immobilisation, il avait finalement pu reprendre la mer. 

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