Forêt de Lanouée (Morbihan). Le chantier du parc éolien va reprendre

Après plusieurs années de bataille juridique, la société canadienne Boralex a obtenu le feu vert définitif de la justice, pour ériger 17 éoliennes dans la forêt de Lanouée (Morbihan). Les opposants au projet dénoncent une atteinte à la biodiversité.
Les socles des futures éoliennes sur le site de la forêt de Lanouée, un projet qui a mené à un bras de fer pendant 8 ans. La justice vient de donner le feu vert pour la reprise du chantier.
Les socles des futures éoliennes sur le site de la forêt de Lanouée, un projet qui a mené à un bras de fer pendant 8 ans. La justice vient de donner le feu vert pour la reprise du chantier. © S. Izad - France Télévisions

Les travaux devraient démarrer dans les prochains jours. 17 éoliennes vont être installées sur le site de la forêt de Lanouée, dans le Morbihan. Un projet qui date de 2013. Le service territorial de l’architecture et du patrimoine du Morbihan avait alors émis un avis défavorable, estimant que cette implantation détériorerait le paysage de cette forêt remarquable. Comme ce n’était qu’un avis, un chantier démarrera deux ans plus tard avant d’être interrompu en 2017. Finalement, en avril dernier, le Conseil d’Etat donne son feu vert au parc éolien. 

Dans le second massif forestier de Bretagne et d'ici à 2024, des éoliennes de 200 mètres de hauteur produiront donc 65 méga watts (soit 32 000 foyers). Selon l'entreprise canadienne Boralex en charge du projet, elles sont indispensables à la région. "La Bretagne importe plus de 85 % de ses besoins électriques et plus de la moitié de ces 85 % sont des importations fossiles. Il est donc important d'accélerer la mise en place de sources renouvelables et le parc que nous envisageons est une parfaite réponse à ces enjeux", explique Nicolas Wolff , directeur général Boralex Europe.  

Des éoliennes en forêt de Lanouée, un projet contesté alors que le chantier doit reprendre
Des éoliennes en forêt de Lanouée, un projet contesté alors que le chantier doit reprendre © S. Izad - France Télévisions

De quelle écologie parle-t-on ?

Les associations écologistes et les riverains contestent ce parc éolien qui selon eux constitue une menace pour l'environnement. La reprise du chantier apparaît comme "un crève-coeur".

Anne-Marie Robic, déléguée du Morbihan de la Société pour la protection des paysages et de l'esthétique de la France (SPPEF) va plus loin : "On fait le deuil de la forêt. Le préfet a accordé une dérogation à la protection de plus de 50 espèces. Couper des arbres au moment où on dit qu'il faut préserver la nature, ça n'a pas de sens." 

Certains envisagent désormais la création d'une ZAD (zone à défendre) et d'occuper le site. D'autres estiment même que les zones d'installation sont choisies sciemment par les entreprises dans des endroits où se trouvent des gens "démunis, qui ont des difficultés à se défendre au niveau juridique." 

Anne-Marie Cléro, agricultrice à la retraite, voit fleurir les éoliennes autour d'elle depuis 20 ans. Elle s'interroge. "Est-ce que les énergies renouvelables sont aussi vertes que l'on veut bien le dire ? De quelle écologie parle-t-on ? N'est-on pas dans une écologie financière finalement avec des investissements qui doivent être rentables."

Pour les opposants, il n'existe maintenant plus aucun recours juridique. "Nous resterons attentifs sur la tenue des travaux et de leurs conséquences. Ce qu'on veut c'est aussi surveiller que d'autres projets éoliens ne se mettent pas en place dans la forêt car il en était question", précise Anne-Marie Robic. 

L'éolien, sujet de tensions en mer et sur terre

La Bretagne compte déjà 145 parcs, plus de 2 000 machines, parfois très hautes dont les deux tiers se situent dans le Morbihan et les Côtes-d’Armor. Or, ce nombre le programme pluri-annuel de l’énergie prévoit de doubler la capacité de l’éolien terrestre en France d’ici 2028. 

Du côté des opposants, il y a les pêcheurs, les défenseurs de la biodiversité mais aussi les riverains qui dénoncent des verrues dans le paysage, entraînant une baisse de la valeur immobilière. D'autres se plaignent de maux de tête provoqués par les pales. Des éleveurs s'inquiètent des conséquences sur leur bétail, perturbé

Comment se positionnent les politiques 

Au niveau local, les maires sont partagés entre la résistance de leurs administrés et l’intéressement financier.  Cet été, le maire de Commana (Finistère) a été approché par deux entreprises spécialisées dans l’éolien. L’implantation de trois éoliennes rapporteraient à la commune 35 000€ chaque année pendant 25 ans. 

Au sein du gouvernement, les positions ne sont pas toujours claires. En mai dernier, la ministre de la transition écologique Barbara Pompili a demandé aux préfets une cartographie des zones susceptibles d’accueillir des  éoliennes

La semaine dernière, elle s'est finalement dit "très réservée" quant à ce genre d'installation sur un site près de la montagne Sainte-Victoire, dans le Var. Officiellement, la priorité va au développement de l’énergie solaire et de l’éolien maritime. 

 

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