Le skipper Jérémie Beyou retrouve la mer et une "belle énergie"

Il n'avait plus navigué sur son bateau 'volant' (Charal) depuis six mois. Le skipper Jérémie Beyou, l'un des grands favoris du prochain Vendée Globe, a retrouvé la "super ambiance" du ponton, fait le plein d'une "belle énergie" pour enfin reprendre la mer. 

Jérémie Beyou, lors de la dixième édition du Défi Azimut à Lorient, en septembre 2019.
Jérémie Beyou, lors de la dixième édition du Défi Azimut à Lorient, en septembre 2019. © YVAN ZEDDA

"Ca fait vraiment du bien, c'est génial ! Tu retrouves tes marques, tout est comme quand je l'avais quitté". Jérémie Beyou est heureux. Alors qu'il espérait retourner naviguer mi-avril après un long chantier d'amélioration sur son bateau, il a dû ronger son frein en raison de l'épidémie de Covid-19. Depuis jeudi, sa vie de marin a repris son cours. 

"Ce qui est vraiment sympa, c'est que de nombreux bateaux ont été mis à l'eau toute la semaine, c'était à la chaîne et c'était assez impressionnant. Il y a une belle énergie en tout cas, il y a des bateaux qui naviguent, il y a des sourires derrière les masques. Tu cherches qui est qui sous les masques, c'est rigolo ! Il y a une super ambiance sur ce ponton", raconte Jérémie Beyou à l'AFP. 


Vendredi, le navigateur et son équipe - réduite à 4 personnes à bord en raison des mesures sanitaires - ont quitté leur port d'attache de Lorient (Morbihan). Une navigation de plus de six heures, sous un ciel gris offrant quelques éclaircies et avec du vent (15 noeuds soit 28 km/h), ce qui a permis de pousser le bateau. 
Le monocoque de 18 mètres de long - de la classe Imoca, les bateaux-stars de la mythique course autour du monde en solitaire et sans escale qu'est le Vendée Globe - étrennait sa nouvelle paire de foils, ces appendices latéraux qui permettent au voilier de s'élever au dessus de l'eau pour filer comme s'il volait. 
 
© Christophe Favreau/Défi Azimut

"On s'est amusé à accélérer un peu, c'est très concluant pour une première navigation. C'était chouette. En termes de vitesse, on a dû faire 26 noeuds (48 km/h environ) je pense. Et on revient avec zéro souci majeur", s'est réjoui Beyou, 3e du dernier Vendée Globe (2016/2017). 

"Ce sont des navigations où tu travailles beaucoup, mais tu te fais plaisir parce qu'il y a tout cet environnement, c'est vraiment chouette d'être là". 

Beyou était impatient de remettre les pieds sur son bateau nouvelle génération, mis à l'eau en août 2018 et avec lequel il espère décrocher la victoire lors de sa troisième participation au Vendée Globe, dont le départ devrait être donné le dimanche 8 novembre au large des Sables d'Olonne (Vendée). 
 
© VINCENT CURUTCHET / IMOCA

"Les réflexes en manoeuvre sont revenus très vite. Tu trouves toujours que les voiles sont trop lourdes ! J'ai soulevé des poids pendant le confinement mais ce n'est pas pareil quand je soulève une voile sur le bateau, il n'y a pas grand chose qui peut remplacer cette manoeuvre", explique-t-il. 

"Et t'as le dos ratatiné alors que t'as navigué que quatre heures !", souffle-t-il joyeusement. 

Le marin de 43 ans avait quitté son bateau début décembre, après avoir terminé troisième de la Transat Jacques-Vabre. "Dérouté" au début du confinement, il s'est senti ensuite "préoccupé" par un éventuel report ou annulation du Vendée Globe mais sans jamais être "inquiet". 

Désormais, il n'a plus qu'une obsession : se préparer, lui et sa machine, pour le Vendée Globe. 

"C'est des bateaux fantastiques, on est maintenant quasiment en vol tout le temps. On va quand même faire le tour de la planète en solitaire, dans des coins très isolés, dans des mers très démontées avec ces bateaux-là, donc on a vraiment un mixte performance/fiabilité qui doit être à son top". 
 
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