Pourquoi le maire de Carnac ne veut pas rouvrir les plages ?

Le maire de Carnac, dans le Morbihan, fait figure d’exception dans la région. Pour lui, pas question d’ouvrir les cinq plages de sa commune avant le 2 juin. Il craint, en effet, que cette ouverture précipitée puisse entraîner un reconfinement de la population. 

Il faudra attendre au moins le 2 juin pour pouvoir profiter des plages de Carnac.
Il faudra attendre au moins le 2 juin pour pouvoir profiter des plages de Carnac. © Thierry Creux/Maxppp

Il y a des gens qui meurent, des entreprises qui crèvent, des restaurateurs et hôteliers qui ne savent pas quand ils auront un salaire. Alors pour faire plaisir à quelques-uns, on va prendre un risque que j’estime complètement non nécessaire”, défend Olivier Lepick, le maire de Carnac. Non, c’est non : “C’est un risque qui n’en vaut pas la chandelle.” 

Serviette sur serviette à 50 centimètres les unes des autres, c’est le scénario que redoute le maire. Les beaux jours arrivent et Olivier Lepick préfère miser sur la prudence. 


Pas assez d’effectifs pour maintenir la sécurité 


Avec ses six kilomètres de plage et ses grands espaces naturels, Carnac attire et fait rêver. Les week-ends de la Pentecôte et de l’Ascension peuvent attirer en moyenne 25.000 vacanciers. Alors comment contrôler et appliquer les mesures de distanciation sociale dans cette situation ? Le maire s’interroge. “Aucune commune du littoral n’a les effectifs de police municipale pour s’assurer de la distanciation physique”, assure Olivier Lepick. 

Quand le préfet me demande de lui garantir les distanciations physiques, j’en suis incapable”. En effet, depuis le week-end dernier, l’accès au littoral est réglementé. Les maires de chaque commune doivent établir un cahier des charges strict et doivent être en mesure de faire respecter les mesures de distanciation sociale.  
 


La crainte d’un reconfinement


Olivier Lepick a choisi d’attendre le 2 juin pour l’ouverture des plages. Déconfiner trop tôt reviendrait, selon lui, à “ruiner les efforts colossaux dont on n'a pas encore mesurer les conséquences économiques mais qui risquent d'être énorme”. 

Cette décision bien tranchée et assurée, Olivier Lepick n’a pas peur de l’assumer. Il est convaincu de prendre les bonnes mesures. “Rouvrir trop tôt serait un risque majeur sur la possible saison touristique qui est devant nous et qui va être cruciale”.

Il vise un objectif précis : “Je veux que le 2 juin, on ouvre toutes les plages, bars, restaurants et qu’on reprenne une vie normale sans risque de reconfinement.
 
Carnac, tranquille...
Carnac, tranquille... © B. Van Wassenhove / France Télévisions
 

Exception pour les sportifs


Alors pas question de prendre le risque d’aller toucher l’eau et goûter aux joies du sable fin. La règle, c’est la règle. Si des marcheurs sont aperçus sur le site, “ils seront verbalisés. Il y a des règles, on les respecte”, met en garde l'élu.

Malgré cette interdiction, Olivier Lepick comprend la tentation des sportifs d’aller à l’eau. Preuve de souplesse, le maire envisage l’ouverture de deux accès à la mer pour les loisirs nautiques et les professionnels du secteur, dans les prochains jours. 


Carnac, un des premiers foyers épidémiques 


Si la décision de ne pas ouvrir les plages va à l’encontre des positions des autres élus bretons, le maire ne craint pas les réactions des habitants de sa commune. Carnac fait partie d’un des premiers clusters de France. Les habitants se souviennent du début de la crise… Et le maire aussi. 

Depuis le premier cas testé positif dans la station balnéaire, le 1er mars, la commune vit confinée.

Les Carnacois sont assez favorables à cette décision, ils comprennent la situation. Nous, on est confinés depuis beaucoup plus longtemps que tout le monde. Je pense que les Carnacois savent ce que c’est d’être confiné et éventuellement reconfiné. On peut bien attendre quinze jours de plus sans plage”, relativise Olivier Lepick.

En effet, dès le 2 mars, la Préfecture du Morbihan avait ordonné la fermeture des établissements scolaires du territoire, la fermeture du service périscolaire, mais aussi l’annulation de tout rassemblement public. 

Le maire assure toutefois que le fait d’avoir été un des premiers clusters n’a pas joué dans sa prise de décision. 


 
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