Gildas Flahault : "peindre jusqu'à la dernière secousse"

Publié le Mis à jour le
Écrit par Emilie Colin

L'artiste Gildas Flahault est l'une des figures de la Semaine du Golfe, celui qui dessine l'événement. Pour cette 10ème édition, il a choisi le risque, le temps d'une performance en public. 


"Vous vous racontez toujours une histoire avant de commencer ?" demande une femme dans le public. Pinceau à la main, Gildas Flahault acquiesce "oui, comme les enfants."

Dans la cour de la galerie Cécile Loiret à Vannes, il se livre à une performance artistique. Son envie ? "Travailler sur du papier, en monochrome, sur le bleu et le jaune avec de l'aquarelle" explique Gildas Flahaut, "essayer de faire de la beauté, des choses assez furtives."

"J'aime bien créer en direct de temps en temps, j'ai remarqué que ça faisait plaisir aux gens."
affirme-t-il. Il ajoute: "J'ai aussi toujours l'espoir d'allumer une étincelle, dans les yeux d'un enfant, une étincelle qui ne s'éteindrait pas." 

Le papier blanc se laisse recouvrir. Le peintre s'essaie à plusieurs formats et esquisse des ombres, celles de "nomades improbables". Il parle peu, concentré. Il donne parfois des détails : "Ces gens-là sont particuliers, ils ont une boule au-dessus de la tête, c'est assez étonnant."
 

Ce moment de peinture en direct rime aussi avec prise de risque. "Ce qui est difficile dans ce genre d'exercice, c'est quand je me vautre, je ne peux pas revenir sur l'aquarelle."

Alors qu'il peint son deuxième format, il peste "voilà, c'est raté". Le public proteste, mais il insiste: "quand c'est pas bien, c'est pas bien, c'est pas grave." Il reprend une feuille. 


L'enfant du Golfe


Gildas Flahault c'est la signature des affiches de la Semaine du Golfe depuis 10 ans. "Beaucoup de gens pensent que ma vie se résume à des affiches mais je fais plein de choses."  Il organise sa première exposition à l'âge de 18 ans : "c'était à l'île aux Moines, je jouais sur le blanc des maisons morbihannaises, avec un ciel sombre qui fait péter les lumières et les couleurs, des personnages..."

Issu d'une fratrie de neuf enfants, il hérite du goût des bateaux grâce à son père, de l'art par sa mère. Sa première claque reste Lascaux. 

Je suis peintre, c'est mon métier. Je peindrai jusqu'à la dernière secousse

L'homme voyage beaucoup car dit-il "je crois que j'ai horreur du domicile". Il se dit solitaire mais admet que là où il prend le plus de plaisir c'est lorsqu'il colle à des histoires, travaille avec des gens, comme le temps d'une expédition polaire ou d'un voyage en Mongolie, dans "la grande nature".  

Quand il évoque la Semaine du Golfe il se dit "toujours émerveillé. Qui ne l'est pas ?" 

L'artiste ouvrira sa galerie en juin, à Port-Navalo, là où il longtemps vécu.