Régionales en Bretagne. "Je compte bien arriver en tête au premier tour et ensuite rassembler", Loïg Chesnais-Girard

Loïg Chesnais-Girard, le président (PS) du Conseil régional affirme son autorité. Il a retiré la délégation de la vice-présidence à Thierry Burlot, désormais officiellement tête de liste des marcheurs et des centristes. La majorité régionale sortante vient d'exploser. ENTRETIEN. 

Loïg Chesnais-Girard , président du Conseil Régional de Bretagne (PS). Il sera candidat aux prochaines élections régionales.
Loïg Chesnais-Girard , président du Conseil Régional de Bretagne (PS). Il sera candidat aux prochaines élections régionales. © l'oeil de Paco

Vous avez soufflé cette semaine vos 44 bougies. Vous avez peut être reçu de nombreux cadeaux mais vous visiblement vous n'en faîtes plus. Vous venez de retirer les délégations de présidence à Thierry Burlot, désormais officiellement candidat des marcheurs et des centristes. A-t-il failli à sa mission ? Pourquoi cette décision ? 

C'est simple. Thierry Burlot a trahi la confiance que j'avais en lui. Certes, il a fait les missions que je lui avais confié, il a voté tous les textes que j'ai proposé.

Mais lorsque vous dîtes à votre Président dans les yeux, que vous hésitez, que vous réfléchissez encore, que vous êtes prêt encore à discuter et qu'à côté votre campagne est prête, c'est qu'à un moment donné il y a une forme de trahison. Donc, il faut clarifier les choses et j'ai clarifié les choses. 

 

Olivier Allain , vice-président chargé de l'agriculture et Anne Patault, vice-présidente chargée de l'innovation sociale soutiennent Thierry Burlot. Eux aussi vont perdre leurs délégations ? 

Non. Car, dès le début, eux ont dit qu'ils suivraient leur mouvement, la République en Marche. A partir du moment où ils respectent l'ensemble des missions qui leur sont confiées, qu'ils partagent une ligne politique qui est la mienne, je ne vais pas leur dire : "Dehors !". Je suis heureux de les avoir à mes côtés. 

 

L'émission complète avec Loïg Chesnais-Girard , président du Conseil Régional de Bretagne

Le divorce semble consommé avec Thierry Burlot qui souhaite lui aussi rassembler les progressistes. Tout cela remet-il en cause un front républicain, une alliance au soir du premier tour si le Rassemblement national fait une performance électorale ? 

Ne faisons pas de la politique fiction. Moi je me sens prêt à arriver en tête au premier tour, à être en capacité de rassembler et à montrer que le Rassemblement national n'est pas une solution. Mais ne fatiguons pas tout le monde avec nos hoistoires et nos querelles. 

 

Les salariés de la Fonderie de Bretagne à Caudan s'estiment trahis. Le groupe Renault cherche un repreneur pour se désengager. L'Etat lui a pourtant accordé un prêt garanti de 5 milliards. La Région, de son côté, a versé pour la pérennité du site près de 3 millions d'euros entre 2009 et 2014. A fonds perdus ? 

Nous demanderons à récupérer l'argent si cela se termine mal. Mais je suis aux côtés des syndicats et des salariés pour exprimer notre envie de voir venir Bruno Le Maire, le ministre de l'Economie, discuter sur ce dossier.

Le groupe Renault doit assumer ses responsabilités. Et ses responsabilités, c'est de faire en sorte que le site de Caudan ait un avenir industriel, peut être pas dans la fonte, mais il doit avoir un avenir industriel. Je le redis: sans usines, la Bretagne n'a pas d'avenir.

 


Inquiétude aussi pour le monde de l'enseignement du breton. Vous n'avez toujours pas signé la Convention pour le développement des langues régionales avec l'Etat. Les discussions restent bloquées ? 

Il y a aujourd'hui un travail sérieux que je qualifie d' intelligent et qui progresse. Nous signerons cet automne la convention qui fera suite à la loi Molac discutée à partir du 8 avril à l'Assemblée nationale. Cette loi va nous aider à avancer. Il y a beaucoup d'argent sur la table. 20 euros par habitant entre l'Etat et les collectivités.                                                          


Le 8 avril prochain ce sera aussi la dernière session de la mandature. Vous avez débloqué des aides supplémentaires pour la culture et la jeunesse. Les deux oubliés du Plan de relance selon vous ? 

Il ya beaucoup d'argent débloqué. Mais nous avons besoin d'agir massivement pour la culture, le sport et les jeunes. Il faut avoir le plus bel été possible pour notre jeunesse. Il faut y mettre des moyens, de l'énergie et de l'enthousiasme. Nous aurons le Tour de France et j'espère le retour des festivals, des jobs d'été pour nos jeunes et mais aussi des moments festifs. 

 

Justement, pensez-vous toujours que la Bretagne peut être dès à présent un laboratoire du déconfinement ?  Hors, dans notre région aussi la situation se tend. Le taux d'incidence a doublé en un mois et les patients arrivant dans les hôpitaux sont plus jeunes.

Il faut faire preuve de responsabilité. Il y a des cas où l'on peut " ouvrir les vannes " et des cas où on ne le peut pas. On peut tester des choses. On peut tester des petits formats, des petites manières d'organiser soit des séances de cinéma, soit des séances de spectacle vivant. Ça doit pouvoir se concevoir mais pas forcément partout en Bretagne. Et le corollaire,c'est d'être responsable et de reculer si cela dérape. Mais il faut tester des choses tout en continuant à vacciner. 


La chancelière allemande, Angela Merkel, une des femmes les plus puissantes du monde, vient de demander pardon aux allemands. Elle avait envisagé un durcissement des contraintes sanitaires pour le week-end de Pâques. Elle a reconnu une erreur et s'est excusée publiquement. Ça parait impossible en France, non ? 

Nous sommes des hommes et des femmes qui prenont des responsabilités au nom de nos concitoyens. Nous devons être transparents et assumer que l'on peut se planter. C'est la force d'un élu que de le dire et aussi de continuer d'avancer avec ceux et celles qui l'accompagne.

Loïg Chesnais-Girard sera l'invité de Dimanche en Politique sur France 3 Bretagne à 11H25.

 

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