Reprise du sport en décembre pour les enfants : pas d’enthousiasme débordant dans les clubs amateurs

Emmanuel Macron a évoqué une reprise des activités sportives pour les jeunes dès décembre, en marge d'un soutien au monde sportif. Dans les clubs et associations sportives bretonnes, les réactions sont mitigées.

 

Une reprise du sport collectif amateur le 22 juin "avec des mesures de prévention adaptées" annonce le gouvernement
Une reprise du sport collectif amateur le 22 juin "avec des mesures de prévention adaptées" annonce le gouvernement © Belpress/MaxPPP

Y aura-t-il du sport à Noël ? Emmanuel Macron a détaillé les mesures d’aides au monde sportif. Une enveloppe de 400 millions d’euros, dont 100 millions d’euros au monde sportif amateur via la création d’un « Pass’Sport » qui doit faciliter le retour des Français dans les clubs.

Il a annoncé également le retour des jeunes dans les salles de sport amateur, ce qui peut être une bonne nouvelle pour les clubs bretons. Tour d’horizon des réactions dans des clubs amateurs.


Stéphane Barras, éducateur sportif au DOJO du pays de Lorient (56)


C’est une bonne chose, c’est bien que les enfants reprennent le sport. Je le vois autour de moi, les instituteurs sont débordés, les enfants tournent en rond et sont excités. Maintenant, on attend les décisions de la fédération mais aussi de la préfecture.

A la rentrée, on a enregistré une baisse de 15 à 20% de nos adhérents. Alors on espère reprendre dès début décembre avec le même protocole sanitaire : gel hydro-alcoolique pour les mains et les pieds, tatamis désinfectés, pas de vestiaire…

Ce n’est pas un secret, l’année 2020 a été catastrophique. Je comprends certains parents qui ont demandé un remboursement, mais on est restés assez ferme. On ne peut pas. Moi, je suis actuellement en chômage partiel.

Ce qu’on ne veut pas, c’est l’injustice, avec des sports qui reprennent et d’autres non. C’est vrai que nous sommes un sport d’intérieur mais nos salles sont ventilées, donc il n’y a pas de raison que le judo soit pénalisé plus qu’un autre sport.

Je préfère voir le verre à moitié plein, reprendre le judo en décembre, ce serait déjà une belle avancée.

 

Florent Loret, trésorier de Melesse Ping (35)


C’est bien quoiqu’il arrive que l’activité reprenne pour les enfants. C’est mieux pour la vie du club. Mais rien n’est sûr et je comprends très bien que ni le gouvernement, ni la ville ne s’avance trop sur le sujet pour l’instant.

Nous, on n’a quasiment pas eu de perte d’adhérents en septembre par rapport à la saison précédente. Pourtant l’an dernier, on n’avait pas remboursé les inscriptions. Cette année, on pense faire un geste, sûrement un remboursement au prorata.

Heureusement quand même qu’on a une subvention de la mairie.

On va sûrement continuer avec le même protocole, qui consiste à désinfecter les tables régulièrement et porter le masque jusqu’à la table.

 

Frédéric Wattebled, président du club de badminton « Les manchots de la rade »


C’est plutôt bien évidemment pour les enfants. Maintenant on a l’expérience du printemps dernier, avec un protocole rigoureux : nombre de personnes limité, vestiaire condamné, pas de double, chacun fournit son volant et ne touche pas celui des autres, etc… Au fur et à mesure, toutes ces règles s’étaient assouplies.

On n’a pas connu de baisse d’adhérents en septembre. On n’avait pas procédé à des remboursements au printemps mais on a offert un maillot aux nouveaux adhérents. Comme ailleurs, l'équilibre économique est précaire aux Manchots de la rade.

Est-ce qu’une pratique comme la nôtre encourage les contaminations ? Sûrement moins qu’à l’école, alors que l’école continue.

Pour la reprise, on attend des nouvelles, d’un côté les décisions gouvernementales, mais d’un autre côté aussi les décisions des autorités locales. On se pose la question d’organiser un stage pendant les vacances de Noël.

Ce qui est sûr c’est que les compétitions ne reprendront pas au moins avant janvier.


Valentin Brouk, entraîneur au Cesson volley Saint-Brieuc Côtes d’armor


C’est un effet d’annonce. En mai et juin dernier, on n’avait pas pu reprendre, donc pour l’instant on attend d’en savoir plus sur les protocoles à respecter, de la part de l’Etat et de la mairie. On a 212 licenciés, les deux tiers sont des jeunes.

Les enfants ont grand besoin de pratiquer, mais il ne faut pas que le protocole soit trop contraignant. Sinon, c’est compliqué de les intéresser au volley. Il ne faut pas seulement des exercices physiques avec un ballon contre le mur. Il faut du jeu, un aspect ludique, sinon une reprise trop précoce pourrait avoir un effet contre-productif.

 

20% de licenciés en moins à la rentrée de septembre

 
Le sport amateur qui se retrouve au bord du gouffre avec un recul global de 20 % des licenciés au niveau national à la rentrée 2021 - selon une vaste enquête menée par le CNOSF - peut entrevoir le bout du tunnel avant la fin de l’année.

Emmanuel Macron a confirmé sa volonté de voir les associations accueillir de nouveau les mineurs courant décembre en fonction de l’évolution sanitaire.
 

Le sport peut avoir un rôle d’amortisseur social.

Roxana Maracineanu, ministre déléguée aux Sports


Roxana Maracineanu, ministre déléguée aux Sports, s’en réjouit : "Cette réunion a donné à voir au président toute l’ampleur du monde sportif. Le sport, c’est l’endroit où on fait tomber le masque et où on se touche, mais on peut aussi le présenter comme une solution pour qu’au sortir de la crise, il puisse jouer son rôle d’amortisseur social".

 
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