Trail. 2000 kilomètres en 30 jours, le défi fou et solidaire du trailer breton Jérémy Desdouets

Le Morbihannais Jérémie Desdouets, coureur aguerri, se lancera le 15 mai prochain dans une incroyable aventure : établir le record de vitesse, à pied, sur le GR34, du Mont-Saint-Michel à Saint-Nazaire. Objectif : passer sous la barre des 30 jours, pour parcourir... près de 2000 kilomètres ! 

Jérémy Desdouets va tenter d'établir le record de vitesse sur le GR34
Jérémy Desdouets va tenter d'établir le record de vitesse sur le GR34 © Benoît Le Vaillant/France Télévision

C’est l’histoire d’un pari fou, une aventure sportive hors norme. Relier le Mont-Saint-Michel à Saint-Nazaire, par le sentier des douaniers… le plus vite possible. Sur une carte, ça n’a l’air de rien mais c’est presque 2000 kilomètres (1900 exactement) que va devoir avaler Jérémy Desdouets.

La carte officielle du GR34
La carte officielle du GR34 © Fédération française de randonnée

 

Une ode à la Bretagne

"Le but est d’établir un temps de référence, confie Jérémy, natif d’Hennebont dans le Morbihan. D’après moi, la Bretagne est une terre de trail. Il y a beaucoup de pratiquants et quelques stars comme Christophe Malardé ou David Pasquio. Je suis ravi de pouvoir mettre les projecteurs sur la région grâce à ce projet".

En trail, on appelle ce genre de record un FKT, pour Fastest Known Time (temps homologué le plus rapide). Chose qui n’a jamais été faite pour le GR34.
Jérémy s’élancera le 15 mai.

 


 

60 à 90 km et 10 à 12 heures de course par jour

Avec ces vues imprenables sur la mer, ce sentier - sans chauvinisme aucun - est l’un des plus beaux de France. Pensez donc, la côte d’Emeraude, la baie de Saint-Brieuc, la côte de Granit Rose, la baie de Morlaix, les Abers, la presqu’île de Crozon, la pointe du Raz, le Golfe du Morbihan, tous ces noms qui évoquent les vacances et l’évasion. On l’envierait presque, Jérémy. Pourtant, le Morbihannais ne devra pas traîner. L’objectif est de parcourir 60 à 90 km par jour - soit en moyenne l’équivalent de deux marathons ! -, et de boucler le défi en moins d’un mois.

"Je pense courir entre 10 à 12 heures par jour", détaille le trailer, apparemment conscient de la difficulté mais aussi confiant dans sa forme. Avec mon entraîneur Sébastien Pineau on se connaît très bien. Depuis le mois de décembre on se concentre sur cette préparation. On a fait de gros volumes, à vélo et à pied, jusqu’à 180 km en courant sur deux jours, tout en reconnaissant les sections du GR34 que je ne connaissais pas bien".
 


La force mentale ? « Penser aux sauveteurs en mer, et à mon bébé »

"Au niveau mental, c’est la fierté qui va me porter. Je ne suis pas breton pour rien", rigole Jérémy.

Car il va en falloir, du mental. Tout trailer connaît ça, quand les jambes commencent à lâcher, c’est dans la tête qu’on puise la force pour continuer à avancer. Pour cela, Jérémy aura deux astuces. « Je soutiens la SNSM, à travers ce parcours sur le GR34, ça va me donner un petit supplément d’âme. D’ailleurs, certains sauveteurs en mer devraient venir courir avec moi de temps à autres".

Il appelle les amoureux de la mer à soutenir les sauveteurs en mer par le biais d'une cagnotte.

"En plus  je viens d’être papa, reprend Jérémy. Le fait de retrouver ma petite Léonie, qui aura 6 mois au moment du record. ça va me motiver pour retrouver le van chaque soir."

 

Une aventure solitaire… en équipe

Car Jérémy embarque sa famille dans son aventure. Sa compagne Maëla et leur fille Léonie le suivront dans un van mis à disposition par un sponsor. Ce sera sa maison pendant un mois, là où il mangera et dormira. Côté nutrition, une société canadienne lui a préparé un programme adapté et envoyé des barres de nutritions. "Ils me fournissent des protéines à base de grillon !", et des shakers. "Les shakers, je vais les prendre avec du lait d’amande, un le matin, un le midi, un le soir".
Une équipe de kinés se relaieront également pendant toute la durée du parcours.
 

Une dizaine de paires de chaussures

Dans sa vie actuelle, Jérémy partage son temps entre l’entraînement midi et soir, le télétravail et une vie familiale bien-sûr métamorphosée par l’arrivée il y a cinq mois d’une petite Léonie. Et dans son appartement de Lorient, Jérémy partage donc sa vie entre, d’un côté les biberons et les couches, de l’autre les shorts, tee-shirts, coupe-vent et surtout les cartons de chaussures délivrées par un sponsor. "Je vais en utiliser une dizaine sur le record, en variant tous les jours, pour garder un peu d’amorti et de confort".

Jérémy Desdouets changera chaque jour de paire de chaussures
Jérémy Desdouets changera chaque jour de paire de chaussures © Benoît Le Vaillant/France Télévision


Ancien footballeur… au poste de gardien de but !

Du haut de ses 31 ans, Jérémy Desdouets a déjà roulé sa bosse un peu partout dans le monde. Il a d’abord fait le bonheur de l’équipe de football de l’US Montagnarde, à Inzinzac-Lochrist, célèbre pour ses exploits en Coupe de France. "J’étais gardien de but donc je courais moins que les autres, sourit-il. Mais je participais à toutes les séances physiques, j’ai toujours aimé l’endurance".

Pendant ses études à l’Edhec, il est président d’une association de Raid aventures. "J’ai tout de suite été intéressé par les Raid endurance dans des lieux assez préservés, assez sauvages. Je suis venu au trail comme ça ».
 

Un palmarès déjà étoffé

Le Breton compte déjà à son palmarès de nombreux podiums sur des épreuves aussi difficiles qu’emblématiques : 2e de l’Ultra-Marin (87km) dans le Golfe du Morbihan, 4e du challenge Ouest Trail Tour 2018, 31e de l’UTMB en 2014.

J’aime bien les trails longs qui font entre 40 et 60 kms, car on garde beaucoup de vitesse, notamment en Bretagne où souvent le parcours est varié, et on peut se retrouver avec des dénivelés qui sont quand même très marqués, parfois 2500 mètres. Ce sont des montées assez courtes, mais qui se répètent, c’est le profil de course qui me correspond. Je compare ça aux classiques ardennaises dans le vélo.

Jérémy Desdouets, trailer

 

La Diagonale des fous dans le viseur

Jérémy garde quand même dans le viseur le graal de l’ultra-trail français, l’UTMB à Chamonix et la Diagonale des Fous à la Réunion. Il y a déjà participé deux fois, mais sans pouvoir finir.

"Je suis encore jeune, je me laisse arriver sur ces courses mythiques quand je serai au top de mon potentiel et je crois que j’ai encore à progresser ».

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En attendant, rendez-vous le 15 mai prochain sur le compte Instagram @suuntofr pour suivre son aventure !

 

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