A Vernou-sur-Brenne : le traiteur vous donne des bons d’achat en échange de vos légumes

C’est une idée qui a germé doucement dans la tête de Romain : et s’il offrait des bons d’achat en échange des légumes produits par ses voisins ? Pendant le confinement, il a remarqué que beaucoup d’entre eux avaient parfois énormément planté dans leurs potagers.
Romain Chaput, traiteur, dans son laboratoire de Vernou-sur-Brenne
Romain Chaput, traiteur, dans son laboratoire de Vernou-sur-Brenne © O' Tours de la Table

Comme beaucoup, pendant cette crise du covid-19, Romain, traiteur à Vernou-sur-Brenne en Indre-et-Loire, a pris un peu de temps pour réfléchir. Et c’est au cours d’une de ses sorties, réduites à une heure pendant le confinement, qu’il a remarqué que nombre de personnes s’adonnaient au plaisir du jardinage : "Autour de moi, j’ai vu beaucoup de gens qui grattaient dans leurs jardins. En voyant les quantités plantées, je me suis dit qu’ils n’allaient peut-être pas tout pouvoir manger."

Valoriser la production des particuliers

L’idée est simple : vous amenez vos fruits et légumes et Romain vous les échange contre des bons d’achat. "Peu importe si les légumes sont moches, si une courgette n’est pas droite. Moi, je veux des produits qui ne sont pas traités, avec du goût, du bon produit bio". Romain pense acheter vos fruits et légumes au cours du marché, car souvent "ils ne sont pas calibrés ni nettoyés", rajoutant, "Cela doit être du gagnant gagnant". Une façon de permettre à chacun de retrouver un peu de pouvoir d’achat mais aussi de remercier les locaux qui, dit-il, "ne m’ont pas lâché pendant le confinement, ce qui lui a permis de préserver un minimum d’activité et de tenir."

"Les gens vont ainsi retrouver leur production dans des gaspachos, des salades de fruits" - Romain Chaput, gérant et chef de cuisine au O' Tours de la Table

Trouver des idées nouvelles pour diversifier et sauver son entreprise

Voilà 22 ans que Romain est dans le métier. Il a commencé la cuisine à 15 ans et demi. Après plusieurs expériences dans des Relais-Châteaux puis un passage dans des grands groupes alimentant les restaurants collectifs, il a décidé, il y a tout juste un an, de créer sa propre entreprise. "Je fais du traiteur à emporter, type menu du jour. J’ai beaucoup d’actifs qui viennent chercher un plat ou des seniors qui n’ont pas envie de s’embêter." Pendant la crise, il a ressenti lui aussi ce "brutal coup de frein" : plus de commande pour les mariages, pour les anniversaires. Il s’est dit que pour survivre, il fallait trouver : "des idées innovantes qui permettraient de toucher une nouvelle clientèle".

Il s’est aussi rapproché il y a peu de temps d’une unité qui valorise les déchets de fruits et légumes, pour les transformer en énergie. Pendant cette parenthèse, imposée par le covid-19, c'est toute une réflexion que Romain a entamé autour de son métier et de la lutte contre le gaspillage alimentaire.

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